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Fould-Dupont, les Fould, une dynastie dans les forges et aciéries lorraines


Les Aciéries de Pompey: les applications, les produits


voir aussi:l'acier dans les constructions Art Nouveau
          -  -  les fabrications des aciéries de Pompey

               et l'histoire de la construction de la Tour Eiffel, avec des images d'archives de Ludres et Pompey (Musée de l'Histoire du fer)

Les mines de fer en Meurthe- et- Moselle Sud et les usines (aciéries, hauts-fourneaux) dans le rapport de l'exposition internationale de l'Est de la France en 1909

(Ici Meurthe et Moselle Nord)

Les fers de la Tour Eiffel par Lucien Geindre ingénieur aux aciéries de Pompey

Mines lorraines, aciéries de Pompey, tour  Eiffel, le B A Ba



Une vue générale de l’usine des aciéries de Pompey et
 Plaque sur un pilier de la Tour Eiffel portant la mention suivante :
« Forges et usines de Pompey
 Fould-Dupont
 Fournisseur des fers de la tour »


    Auguste Dupont (1792-1869) et son fils Meyer Myrtil-Mayer Dupont (Metz 1816-1884) ainsi que son gendre Alphonse-Isaac Dreyfus (1802-1888) sont marchands de bois et de houille à Metz. Ils exploitent en 1836 des forges dans les Ardennes dont l’une au Bois de Chéhéry sera transférée à Ars- sur- Moselle en 1846. L’ « usine à fers » d’Ars avec sa forge, six haut-fourneaux, trente-deux fours à puddler, des trains de laminoirs atteint deux mille ouvriers en 1869; c’est, en Lorraine, la seconde en importance après celle d’Hayange.



Auguste Dupont et Isaac Dreyfus



 L’usine est cédée en 1871 suite à l’annexion (Traité de Francfort); les exploitants quittent Ars alors dans l’Empire allemand et s’implantent à Pompey où une concession de fer leur est accordée (1873) et où ils construisent deux hauts-fourneaux.

 Dreyfus se retire en 1874, une fille de Meyer- Myrtil Dupont, Fortunée- Léonie Ernestine Dupont épouse le parisien Alphonse Fould (né à Paris en 1850) et ce dernier devient en 1875, à côté de son beau-père, gérant en nom collectif de la société Fould-Dupont. Alphonse sera également Censeur de la Banque de France de Nancy de 1884 à sa mort. En 1882, la Société des Forges et Laminoirs Dupont et Fould est créée à Pompey.  En 1886, A. Fould devient le seul gérant de la société.


 En 1888, l’usine assure la livraison des 7000 tonnes de fer puddlé de la tour Eiffel. Puis, Alfonse Fould rachète toutes les parts de sa femme, Fortunée-Léonie Dupont.
 Une aciérie Martin puis une aciérie Thomas sont crées, l’acier remplace le fer puddlé et deux nouveaux hauts-fourneaux sont construits.
 En 1898, afin d’élargir la base financière, la société devient société anonyme « Société des Hauts-Fourneaux, Forges et Aciéries de Pompey » avec Alphonse Fould comme Président.
La société en 1889, usines, fabrications

 L’usine a trois mille ouvriers en 1910. 1900 mise en service du 3ème  hauts-fourneau. 1905, quatre hauts-fourneaux.

Description des origines faite en 1910:

 "La Société anonyme des hauts-fourneaux, forges et aciéries de Pompey possède trois établissements, dont le plus important, de beaucoup, est celui dont elle porte le nom.
L'usine de Pompey a été créée en 1871 par M. Dupont qui, à la suite de nos revers, s'était décidé à ne pas conserver ses établissements d'Ars-sur-Moselle. Elle avait alors pour objet principal la production des fers puddlés. En 1884, M. Fould-Dupont songea à substituer à cette fabrication celle du métal fondu; ne pouvant à cette époque recourir à l'emploi du convertisseur, il installa des fours Siemens-Martin, à sole basique, produisant de 12000 à 14000 tonnes par an. Dès que le procédé Thomas fut tombé dans le domaine public, il commença l'installation des trois convertisseurs de dix tonnes et d'un gros train pour la fabrication des billettes, rails, etc.

Pour utiliser un pareil outillage, il fallait développer la production de la fonte et remanier diverses parties de l'usine. Les nécessités financières imposées par l'exécution de ce programme motivèrent la création de la Société anonyme actuelle au capital de 11 millions et l'émission d'obligations pour une somme de 6 millions.

Outre les usines d'Apremont dans les Ardennes et de Seraing en Belgique, la Société de Pompey possède 2991  hectares de concession de minerai de fer en Meurthe-et-Moselle, dont 1639 dans le bassin de Nancy et 1282 dans celui de Briey. A Pompey, elle dispose de quatre hauts-fourneaux pouvant produire 600 tonnes de fonte par jour, de trois convertisseurs Thomas de dix tonnes, d'un four Siemens-Martin, à sole basique, faisant des coulées de 12 à 14 tonnes, de 15 fours à puddler, desservis par ..deux pilons de 2500 kilos et 2 trains de puddlage, d'un atelier de grosse forge, d'un gros train laminant des billettes, rails et poutrelles, desservi par trois fours à réchauffer et pouvant produire 500 tonnes en 24 heures, de 4 trains à fers marchands et petites poutrelles, d'un train de laminoirs à tôles moyennes, d'une fonderie coulant des pièces de fonte de 15 tonnes, enfin, d'un atelier important de construction et d'ajustage.
Elle utilise les laitiers de hauts-fourneaux pour produire annuellement 30000 tonnes de ciment de laitier, plus 6 millions de briques de laitier, et broie, pour l'agriculture, les scories Thomas provenant de l'aciérie."



Hélène Helbronner

Mmo"mon père et mes frères ont mis leur talent au service de la Lorraine"




La porte monumentale de l'exposition internationale de l'Est de la France en 1909 à Nancy

 Hélène FOULD fille d’Alphonse Fould (1878-1927). Elle épousera Paul Helbronner, Hélène décède en 1927.

Mise en valeur de l’attitude du personnel de la Société par le Ministère de l'Armement en 1917 et 1918.​

 A la veille de la première guerre mondiale, A. Fould, ses trois fils, René-Auguste (Nancy 1875- Paris 1961), Charles (1876-1951, censeur puis conseiller de la Banque de France de Nancy) et Maurice (né en 1883), le gendre Paul Heilbronner marié à Hélène Fould fille d’Alphonse ainsi que le banquier Halfen sont les dirigeants de la société. L’usine fabrique, y compris pendant la guerre.



Alphonse Fould décède au château du Montet, à Villers-les- Nancy, le 8 octobre 1913 ; léguant l'usine de Pompey à ses fils.

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La mine de Ludres qui approvisionnaient l'usine de Pompey en minerai de fer:


 


La mine Dupont de Ludres ( voir les mines

La concession de cette mine a été octroyée par l'état en 1873 à la société Fould-Dupont et une centaine d'ouvriers de la société Fould-Dupont y travaillent. On dénombre alors dans le bassin de Nancy quelque quarante mines d'où l'on extrait le minerai de fer, la minette. Le minerai est extrait manuellement à l'aide de piques, de pointerolles et de marteaux. Le minerai est acheminé par chemin de fer jusqu'à l'usine de Pompey, la ligne appartient à la société Fould-Dupont. Le terrain de 35 ha de Pompey où l'usine a été construite avait été choisi  pour que l'alimentation en coke et minerai soit aisé tout autant que la livraison des produits finis ( chemin de fer, Moselle, canal de la Marne au Rhin). 



Plusieurs galeries de mines permettaient d'extraire le minerai de la mine de Ludres.



Autres cartes anciennes  de la mine de Ludres

La mine Fould-Dupont à Ludres
(voir aussi  les mines lorraines  fin 19ème)

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Classement des réalisations de Gustave Eiffel




Portrait peint de Gustave Eiffel par Aimé Morot 1905



  Utilisation des aciers de Pompey dans les constructions métallliques réalisées par Gustave  G.Eiffel





LLa construction de la gare de Pest (aujourd'hui gare de l'Ouest de Budapest) date de 1877 et a été traitée par la Société autrichienne des Chemins de Fer de l’état avec la société Eiffel comme entrepreneur général pour la somme de 2,822MF. Cette gare aux beaux décors architecturaux couvre une surface de 13000 m2. Auguste de Serres directeur de la société a été le directeur des travaux. Elle est particulièrement intéressante en ce qu'elle présente l'un des premiers types de l'association du métal et de la maçonnerie, et que les
éléments de décoration sont principalement formés par les parties métalliques de l'ouvrage, rendues apparentes.
Ce type original de construction, mélange de fers et de maçonnerie a été repris en 1878 par G. Eiffet pour le Pavillon de Paris à l’expo de Paris en 1878. Ici, le principe de Camille Polonceau allège  la structure de l’ensemble avec des assemblages en V inversés standardisés et en augmente ainsi la résistance ......légèreté de la charpente.

Photo:
gare de Pest - photo vers 1900 (produits Pompey)

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Autres collaborations Pompey-Gustave Eiffel


Petit rappel sur la construction des ponts à la fin du 19ème siècle:

Les Romains sont-les premiers qui aient exécuté des ponts monumentaux en maçonnerie,
L'emploi du béton de ciment permettait certainement d'obtenir des résultats meilleurs, et en 1890, à Paris, devant la Société des Ingénieurs civils, M. Ed. Coignet discutait la possibilité de construire avec cette matière des arches de 160 mètres de portée.

Après la maçonnerie, la fonte est venue apporter son contingent à l'art de la construction des ponts, et en allégeant les travées, elle a permis de reprendre les grandes portées que la pierre interdisait. C'est.ainsi qu'en 1786 on a pu construire l'arche de 73 mètres de Sunderland.

Malheureusement, la fonte a des inconv'énienfts'graves qui n'ont pas permis d'aller plusloin; elle se casse facilement. Elle a dû s'incliner devant les ponts suspendus, en chaînes d'abord, puis en câbles de fer et de fils d'acier, qui se sont très rapidement substitués à elle et dont la carrière a été des plus brillantes. On a débuté par des ponts suspendus de 80 à 90 mètres ; celui de Twed, construit en 1820 par Brown, franchissait 118 mètres, et en 1S32, un Français, Charlay, construisai le célèbre pont suspendu de Fribourg, en Suisse, dont la portée est de 246 mètres entre les crêtes des ravins, et qui fait l'admiration des voyageurs. Un grand pas enavant venait d'être accompli.

Enfin, en 1870-73, les deux frères Roeblmg construisirent le célèbre pont suspendu de Brooklyn à New-York, dont la travée centrale ne mesure pas moins de 486 mètres de portée, avec 4 câbles de suspension de 0.40m  de diamètre. Puis les ingénieurs Fowler et Baker ont construit cet admirable pont du Forth, dont les deux travées, de 515 mètres chacune, frappent d'admiration les esprits les plus sceptiques et les plus indifférents.

À côté du système de construction par ponts suspendus, la tôle de fer et d'acier, qui se prête parfaitement aux flexions et n'est pas obligée, comme la fonte, de s'enfermer dans la forme en arc, est venue permettre de lancer également des ponts rigides de grande portée.

Les poutres droites, pleines ou évidées, permettent d'atteindre des portées moyennes de 130 à 150 mètres ; la forme en arc de cercle, élégante et commode, a donné les poutres de 160 m. du viaduc de Porto, et de 172 mètres du viaduc de Garabit, oeuvres remarquables de l'ingénieur français Eiffel. Aujourd'hui, les ponts métalliques die 100 à 200 mètres de portée sont de fabrication courante. ( 1894)

la réalisation du pont Maria Pia sur le Douro à Porto

Cette belle réalisation métallique a été faites à partir de produits Pompey....et ce avant la construction de la Tour Eiffel puisqu'elle date de 1877. Ce qu"on en dit au moment de la réalisation, ses carctéristiques: " Ce pont, exécuté à Porto pour le passage de la ligne de la Compagnie royale des chemins de fer portugais (Norte e Leste), a été l'objet, en 1875, d'un concours entre les principales maisons de construction de France et de l'étranger. Le projet présenté par MM. Eiffel et Cie, de Paris, fut préféré.

Le Douro présentait, au point de passage qui a été choisi, des difficultés considérables pour l'établissement d'une pile en rivière, profondeur d'eau de 15 à 20 mètres, sol affouillable formé par une couche de gravier d'une épaisseur que la sonde n'a pu reconnaître, grande rapidité des courants, crues pouvant s'élever à 10 mètres, etc., toutes circonstances qui ont conduit à franchir le fleuve par une travée centrale de 160 mètres d'ouverture, la plus grande qui ait encore été réalisée pour des ponts autres que des ponts suspendus. La partie métallique de l'ouvrage a une longueur de 352m875 et se compose:
1° D'un grand arc métallique de 160 mètres de corde et de 42m60 de flèche moyenne, soutenant à 25m25 des culées, deux palées métalliques;
 2° D'un tablier central de 51m88 de longueur, solidaire avec l'arc;
3° D'un tablier latent du côté de Lisbonne de 169m87 de longueur, divisé en deux travées de 28m25, et en trois travées de 37m375 qui reposent sur trois piles métalliques;
 4° D'un tablier latéral du côté de Porto de 132m80 de longueur.

Les travaux sur place, commencés en janvier 1876, furent terminés avec le plus grand succès le 31 octobre 1877. Illustration ci-dessous: dessin de 1882.



Le pont métallique Maria Pia franchissant le Douro à Porto (dessin de 1882)

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Le viaduc de Garabit




La nouvelle ligne de chemin de fer entre Marvejols (Lozère) et Neussargues (Cantal) doit passer au-dessus de la rivière Truyère. Un viaduc est donc nécessaire.

Fort de son succès suite à la construction du viaduc de Porto (Portugal), Eiffel est directement sollicité pour réaliser cet ouvrage.

Une décision ministérielle du 14 juin 1879 lui confie l'exécution du marché de gré à gré, y compris les maçonneries.

La fourniture des fers est assurée par les Forges de Pompey.

Le viaduc, en arc à deux articulations en forme de parabole, franchit la vallée à 122 mètres d'altitude.

Les travaux débutent en 1881, le montage est achevé en novembre 1884.

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Pompey et la Tour Eiffel

Histoire de la construction de la Tour Eiffel, avec des images d'archives de Ludres et Pompey (Musée de l'Histoire du fer)


La tour Eiffel fût  étudiée et conçue par l'ingénieur Nougnier, qui était alors le collaborateur de Gustave Eiffel. Nougnier eût le mérite et le second la gloire.

La partie architecturale fut l'oeuvre.de M. Sauvestre. On a fort discuté l'utilité et l'élégance dé cette oeuvre véritablement remarquable. N'y eût-il du reste à retenir que le succès de cette audacieuse entreprise que cela serait déjà suffisant, Il convient de rappeler ici que le métal dont est composée la tour vient de notre région lorraine. La fourniture en fut faite par les aciéries de Pompey.

 Les poutrelles et cornières de la Tour Eiffel ont été fabriqués à partir de fers laminés venant des forges de Pompey. Quelque 7000 tonnes de fer puddlé ont été nécessaires.
 Une plaque rivée en fonte à la base d’un pied porte la mention ;
 Forges et usines de Pompey - Fould-Dupont - fournisseur des fers de la tour.
 Le métal riche en inclusions possède les caractéristiques mécaniques suivantes : résistance : 35 kg / mm2 et allongement 8 %.

Ce qu'on lit à l'époque:

"...En sommes nous vraiment tombés à ce degré de barbarie que les hommes d'élite qui dirigent une entreprise, où notre honneur national et la vieille réputation de la France sont engagés, confondent la grandeur matérielle d'un monument avec sa grandeur artistique ?
 Faut-il qu'ils se laissent séduire par l'audace d'un forgeron qui est venu confier son rêve babylonien monstrueux de marchand de ferraille, manifestement désireux de placer d'un seul coup le plus de marchandise possible ?"

 C'est ainsi qu'est jugé par un journal de 1886 le projet d'une grande tour métallique présenté par Gustave Eiffel*, à la demande du gouvernement, pour la futur Exposition universelle de 1889.





Deux étapes de la construction de la tour Eiffell
18 juillet 1987 commencement du montage métallique de la pile numéro 4

20 mars 1888 : mon­tage des poutres ho­ri­zon­tales sur l'échafaudage du mi­lieu.



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Portes monumentales construites par les salariés de Pompey avec des produits  de l'usine:

1- La porte monumentale de l’exposition internationale de 1909 à Nancy





La porte monumentale de l’exposition internationale de 1909 à Nancy. La porte a été fabriquée et offerte par la S.A. des Hauts Fourneaux, Forges et Aciéries de Pompey

« Les Aciéries -de Pompey avaient tenu à symboliser, dès l'entrée de l'Exposition, sous forme d'une porte monumentale, la puissance et la hardiesse de la métallurgie lorraine.
En 1878, ces usines avaient construit, pour l'Exposition universelle, un portique fort simple composé d'un large plat et d'une tôle. En 1889, elles fournissent tous les fers de la Tour Eiffel et ornent d'un portique majestueux l'entrée de la classe de la métallurgie. En 1900, elles se signalent par la construction ingénieuse d'un paraboloïde hyperbolique. L'Exposition de Nancy fut pour elles l'occasion d'un nouveau succès.

Aussi bien, la porte monumentale de 1909 à Nancy permet-elle de mesurer les progrès réalisés dans le travail du fer, au cours des dernières années.

Elle comprend deux pylônes, de 23m50 de hauteur, reliés par un grand arc ogival d'une portée de 12m50. Les pylônes reposent sur des socles formés de blocs de minerai de fer. Ces blocs ont été extraits des mines de Ludres et de Faulx, exploitées par la Société de Pompey.
A la partie supérieure de l'arc, sur un écusson en tôle, sont figurées les armes de la ville de Nancy. Les deux arcs de l'ogive se composent de caissons en tôle et de cornières au-dessus desquelles court un feston formé par deux rails de 42 mètres de longueur et du profil de 30 kilos au mètre, qui est le profil des  rails du réseau de l'Est. En dessous, deux grandes tôles, de 90 centimètres de large sur 24 mètres de long et 10 millimètres d'épaisseur, ondulent avec grâce. Les pylônes se composent de cornières entretoisées par des plats et supportent à leur partie supérieure quatre lampes à arc. Les grands pylônes sont entourés de quatre pylônes plus petits ; ceux-ci sont faits de fers à « T » et à " U " travaillés et assemblés, et reposent à la partie inférieure sur des supports en fonte. »

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2- Le portail de la galerie permettant d’accéder à la galerie des Machines à l’exposition internationale de Paris en 1889


Les structures métalliques construites à partir de produits Pompey autour de 1900 sont fort nombreuses souvent méconnues. Hors la Tour Eiffel dont les 7000 tonnes de fers ont été intégralement laminés sur les trains des laminoirs de Pompey, on citera la porte monumentale bien connue de l’exposition internationale de l’Est de la France à Nancy en 1909, le portail de la galerie permettant d’accéder à la galerie des Machines à l’exposition internationale de Paris en 1889, les charpentes metalliques des bâtiments de cette exposition (Pompey principal fournisseur, le viaduc de Garabit, la gare de Pest en Hongrie, le pont de collonges, le pont du Douro, le pont de Saumur et de nombreux bâtiments à Nancy et ailleurs La porte monumentale de l’expo de Paris est rarement citée, voilà l’occasion de la faire. Un texte de la revue des Mines de l’époque décrit cette porte en termes élogieux. La légende de la photo (photo trouvée après maintes recherches) est la suivante :
« Galerie de 30 mètres - Porte de la métallurgie - Architecte: M. Schmidt
Les industries métallurgiques sont réparties dans deux galeries qui se font face. L’une des portes est entièrement formée de pièces de fer brut ou d’éléments de machines. L’effet produit est très original. Les métaux sont tantôt noirs et mats, tantôt brillants et polis."
Le texte décrivant ce «Grand portail den fer de la classe 41 » dont les produits Pompey utilisés est ICI



Le portail de la galerie permettant d’accéder à la galerie des Machines à l’exposition internationale de Paris en 1889; réalisation de Pompey.
la société FOULD-DUPONT remporte un grand prix pour ce portail en fer menant à la galerie des machines, œuvre réalisée pour l’exposition en quatre mois, du 3 janvier au 1er avril. Cet ensemble représente un poids de 73 tonnes et de 79500 heures de travail.

3- la Galerie des Machines à l'expo universelle de Paris 1889



 Une très belle structure métallique réalisée à partir de fers Pompey en partie ( à préciser), la Galerie des Machines à l'expo universelle de Paris 1889 / Monument phare, comme la Tour Eiffel, de l’exposition universelle de 1889, la Galerie des Machines était un gigantesque bâtiment de 115 mètres de larges sur 420 mètres de long, composé d’une seule nef de verre et de métal.
Elle sera détruite hélas en 1909 pour libérer le Champ de Mars.

C'est en 1889 l'application la plus énorme qui se soit faite de fermes tout en fer, montées sur articulations. L'ensemble fut monté par les deux sociétés Cail et  Fives-Lille. On évalue à 12000 tonnes le poids total de cette charpente métallique.

Après avoir elle aussi rendu de multiples services dans des circonstances les plus variées, cette galerie a été supprimée après vingt ans d'existence. Elle avait coûté près  de 8 millions. Elle est vendue pour démolition le 6 février 1909. L'adjudicataire la paiera 652.5oo F !

Les principes de construction pour les expositions à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle ( expositions de Paris, exposition de Nancy de 1909, ...):

La construction d'une exposition n'emploie que des fermes légères, soit en bois, soit en métal. Les revêtements sont en briques ou en planches et les toitures largement vitrées.

La partie décorative extérieure s'obtient grâce à l'emploi généreux du plâtre, du staff et du badigeon. On obtient ainsi, sans trop de frais, des façades monumentales, qui supportent facilement leurs quelques mois d'existence.

Les  tentures et les produits exposés garnissent l'intérieur.

L'expérience a posé, en matière de constructions pour expositions, certaines règles qu'il n'est pas sans intérêt de résumer ici. Elles ont été consignées dans un curieux document établi par l'ingénieur de la ville de Glascow, qui était chargé de vendre les bâtiments ayant servi à l'Exposition de cette  ville en 1901.

Estimant que des bâtiments d'exposition doivent  revenir au meilleur marché possible, tout en pouvant être enlevés avec la plus grande facilité, et aux conditions les plus avantageuses, il déduit, les diverses règles suivantes :

Les bois doivent être des mesures et échantillons courants du commerce.

La brique doit être maçonnée en mortier de chaux plutôt qu'en mortier de ciment.

La brique doit aussi être préférée au béton pour les fondations.

Lrs toitures de forme circulaire sont à éviter.

Les charpentes métalliques doivent être de dimensions usuelles.

Ces règles étant observées, les bâtiments d'expositions seront aisément et rapidement démolis, et aussi d'une utilisation facile.

Si nous regardons ce qui s'est fait à l'Exposition de Nancy de 1909, nous, constatons que ces principes ont guidé les architectes et l'entrepreneur général. On ne saurait trop les en féliciter



 le plan de l'exposition de 1889 à Paris est ICI

Pour en savoir plus sur les portes monumentales de la galerie permettant d'accéder à la grandiose galerie des Machines, les photos sont ici ( dont celle réalisée par les ouvriers de Pompey) Toutes les portes expo 1889 PARIS

Les merveilles de l'exposition de 1889

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French gunners manning a St. Etienne Mle 1907 machine gun in an anti-aircraft role to protect the munition factory at Pompey, 22 April 1917. (IWM)

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 Puis la concurrence se développant après guerre, la société s’oriente vers d’autres fabrications : ferro-manganèse, fontes spéciales, essieux de wagons, profilés spéciaux et aussi aciers de qualité avec la reprise de l’usine de Dieulouard en 1927. Un centre de recherches est créé en 1932 qui déposera de très nombreux brevets. En rachetant l’usine de Lorette, la société développe les transformés à froid à Pompey. Enfin un four électrique est installé en 1939.
René-Auguste Fould sera président et administrateur délégué de la société ; en 1941, il est écarté de la direction ainsi que sa famille mais récupère sa place à la Libération. Il aura ensuite les plus hautes fonctions dans le domaine de la construction navale et des organismes patronaux.

 Après la seconde guerre mondiale, une nouvelle orientation est donnée avec la décision en 1948 de s’orienter vers la production d’aciers spéciaux de construction. En 1953, la société devient « Société des aciéries de Pompey ». Effort de recherches, méthodes de fabrication, rigueur des contrôles, implantation d’un second four électrique, moyens de traitements thermiques, atelier de parachèvement, train à fil en 1955, la nouvelle orientation est donnée. Pompey assure la première élaboration LD mondiale sur fontes phosphoreuse avec le procédé LDP (Linz-Donawitz et P comme Pompey). 1958, soufflage de la première charge au convertisseur Thomas IV, transformé en installation pilote permettant l'insufflation simultanée d'oxygène et de chaux en poudre au moyen d'une lance LD.  Nouvelle aciérie à l’oxygène en 1962, remplacement des aciéries Thomas et Martin (de Pompey et Dieulouard) et du premier four électrique en 1964 par un nouveau four électrique assurent alors les capacités requises. En 1968 la Société Nouvelle des Aciéries de Pompey est créée avec de nouveaux actionnaires. Une journée du centenaire est organisée en 1974 où l’objectif d’une usine de 600000 tonnes de capacité est annoncé, objectif qui ne sera pas atteint hélas puisque l’usine cessera sa production en 1986. L’usine sera démontée en 1989.

 Emplois perdus, carrières stoppées ou réorientées vers d’autres sites sidérurgiques ou non, des épreuves personnelles mais cela est une autre histoire…..

Après un rappel des grandes dates des Aciéries de Pompey et de divers dirigeants de la dynastie Fould , je rendrai un hommage simple mais fort à l'ouvrier sidérurgiste en reprenant le poème d'Adrien Printz sidérurgiste et écrivain de la vallée de la Fensch, poème intitulé "un ouvrier":

Un ouvrier passait par là
 Où passait une poche de fonte
 En contrebas, il y tomba
 Et fondit entier dans la tombe
 On prit de la fonte pour faire
 Le poids de l'homme dans la bière.​

 L'introduction de Pierre Dumayet,dans le livre "la treuille" (**) nous apprend que vers 1960 à Pompey, il était entré dans la maison d'une veuve. Sur la cheminée, il y avait un cube d'acier. Le mari de cette femme était tombé dans un haut-fourneau. Dans ce cube d'acier, il y avait un morceau de la vie de l'homme. Le cercueil contenait l'équivalent du poids du mort en fonte.

 (**) La treuille, l'état des lieux / l'ergonaute/ CE Pompey/ La Différence 1986



Hauts-fourneaux de Pompey en 1973




1987 Démolition du haut-fourneau 1 - Photo Alain Mariotte



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Rappel des activités de Pompey, aciérie intégrée allant de la fonte aux produits finis laminés :
 Ferro-manganèse, aciers courants pour usages particuliers (disques, profilés spéciaux, large-plats), aciers fins et spéciaux de construction, pour outillage, pour roulement) ; lingots de forge, demi-produits, barres, profils spéciaux, tôles, plats, large- plats, feuillards, fils machine ; aciers écoutés, étirés, rectifiés ; moulage en fonte, laitiers.

Les principaux secteurs de clientèle :
 Industrie automobile et poids lourds, forge estampage, industrie du pneumatique (fil pour carcasse de pneumatique), industrie mécanique, machinisme agricole, industrie du levage, de la manutention, industries du ressort, du roulement, décolletage, industrie du boulon,…

Les moyens de recherche ont permis le développement de nombreux produits nouveaux dans le domaine des aciers spéciaux. Par exemple : aciers résistant à la corrosion (marque APS), aciers résistant à l’abrasion (Abradur), aciers résistant au fluage (PF), aciers à haute limite élastique soudable (Eiffel), aciers de construction mécanique à usinabilité améliorée (Pégase, AGPV, Usimax), aciers triplex, aciers de haute qualité pour roulement, aciers pour fil pour pneumatique,…



L'usine de Pompey depuis Frouard, 1909 (fonds Julien Gérardin)



Pompey par Paul Michels 1905 Ayant droit photo Michel Grandjean

Usine sidérurgique de Pompey (?) (Meurthe-et-Moselle). Ce cliché fait partie de la collection des autochromes de Paul Michels (1866-1944), photographe amateur et membre actif de la Société lorraine de photographie entre 1900 et 1912. Dans le " Bulletin de la Société lorraine de photographie " (n°2, février 1912), il est fait mention pour la première fois de projections de plaques autochromes de Paul Michels lors de la séance du 12 janvier 1912. Le brevet d'invention de ce nouveau procédé photographique est déposé par Auguste et Louis Lumière le 17 décembre 1903 tandis que sa présentation à l'Académie des sciences de Paris date du 30 mai 1904. La production des plaques autochromes au sein des usines Lumière de Lyon et leur commercialisation commencèrent en juin 1907. C'est en 1904, que l'on projeta pour la première fois à Nancy, lors de la session de l'Union nationale des sociétés photographiques de France, sous la direction de la Société lorraine de photographie, les résultats obtenus par les frères Lumière concernant le procédé autochrome. Quelques années plus tard, le 25 juin 1907, Henri Bellieni (1857-1908), membre éminent de la Société lorraine de photographie, donnait une conférence sur les plaques autochromes Lumière à Nancy pour les membres de la Société lorraine de photographie. C'est sans doute à partir de 1907, que plusieurs membres de cette Société s'initièrent à cette nouvelle technique. Les plaques autochromes de Paul Michels sont probablement plus tardives d'après les comptes rendus du Bulletin de la Société lorraine de photographie qui n'en font part qu'en 1912. (texte et photo Lorraine Est)



La fonderie de Pompey par Victor Guillaume

 Victor Guillaume; membre du groupe « jeune école lorraine », Victor Guillaume (1880-1942) commence comme sculpteur chez Eugène Vallin, puis sculpteur sur façade (voir l’Excelsior) puis peintre évoluant vers une conception particulière du cubisme. « Cubisme raffiné, d'ordre, de mesure et d'harmonie » ( Mémoires de l'Académie de Stanislas 1972-73). Il participe à la création du « Comité Nancy-Paris », comité créé pour favoriser l’échange des courants artistiques entre Paris et Nancy



Usine de Pompey en 1966 par Lucien Geindre


On pourra lire de Lucien Geindre "la renaissance de l'industrie métallurgique au 19ème siècle



Les usines vers 1900




Représentation par Gérald Garitan des Forges de Pompey au début du 20ème siècle, sur la base d'un dessin de René Wiener .... et de cartes postales du début 20ème siècle



Les aciéries de Pompey par Michel Colle 1909 (Musée lorrain Nancy)



Les usines de Pompey depuis les hauteurs de Frouard, début 20ème siècle




Vallée de Pompey

Charles-Marie Peccatte (1870-1962)



Usine sidérurgique par Victor Guillaiume



Usine sidérurgique par Victor Guillaume



Non loin de Pompey, les anciens hauts-fourneaux de Maxéville, huile sur toile par Michel Colle (Musée de l'histoire du fer Jarville-Nancy). Ce peintre a profité du mécénat d'Eugène Corbin



Yannick Rachet; aciéries de Pompey, années 1970



Yannick Rachet; aciéries de Pompey années 1970



Victor Guillaume, la coulée



Victor Guillaume, lingotières





Les acieries de Pompey de nuit

https://www.facebook.com/photo?fbid=1194789584212490&set=gm.1383509921858811

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On pourra lire (hauts-fournaux et aciéries de Pompey, témoignages émouvants, photos)

et
 Pour l'aspect technique, un siècle d'oxygène en sidérurgie



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