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NANCYHistoire et urbanisation, les artistes et la Lorraine



La place Stanislas

1- PHOTOGRAPHIES DE NANCY


             2- NANCY, HISTOIRE ET URBANISATION

   3- LES ARTISTES ET LA LORRAINE

                            4- Personnages et lieux divers, spécialités culinaires

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1- Photographies de Nancy, hier et aujourd'hui

en Ville-Vieille

Fortifications , porte de la Craffe et porte de la Citadelle,  Nancy médiéval et son évolution

en Ville-Neuve

Palais du Gouvernement et la Place de la Carrière

Axe Stanislas: porte Stanislas, porte Sainte-Catherine, caserne Thiry

Axe Stanislas: Charles Bagard - jardin botanique - Jardin Dominique Alexandre Godron

Axe Stanislas: place Stanislas

Axe Stanislas: place d'Alliance

La Pépinière

Notre-Dame-de-Bonsecours

Place Thiers / place Simone Veil

du côté de la place Carnot,  du Cours Léopold  et de la porte Désilles
avec les monuments  de Sadi Carnot et  du général Drouot; faculté de droit, Palais de l'Université; statue de Jeanne d'Arc

Art Nouveau Ecole de Nancy

La maison Majorelle, art nouveau

La maison Bergeret, art nouveau

Véranda de la maison Schott


Du côté de l'avenue Anatole France, Charmettes, Santifontaine

  art nouveau, les anciens Magasins Réunis

CCI de Nancy; vitraux de Grüber

Aciers dans l'architecture Art Nouveau

Art Nouveau et Art Déco: la brasserie L'Excelsior

Rue Félix Faure: architecture, maisons de César Pain

La rue Pasteur et ses maisons 1900-1910, détails

Les maisons de Charles Masson

Le square Jules Dorget et la grille du parc de Saurupt

La pharmacie Jacques, art nouveau

Art Déco et modernisme / label architecture contemporaine remarquable en Meurthe-et-Moselle (liste)

Nouveau-Nancy, urbanisation /architecture des quartiers Ouest  et Sud de Nancy:

Nancy Thermal et exposition internationale de 1909

  Le parc Sainte-Marie, jardin remarquable

1- rue du Faubourg Saint-Jean; place de la Commanderie;
rue des Goncourt; 69 et 71 avenue Foch; rue du Téméraire;
rue des Bégonias; maison et ateliers Majorelle; maison Corbin;
parc de Saurupt;
rue Félix Faure; les Charmettes; la Chiennerie; le Placieux;
la Cité Senn; les Provinces; la tour Saint-Thiébaut;
le Centre des Congrès Prouvé; l'avenir

 2- le Faubourg Saint-Pierre, le Placieux, le Parc Sainte-Marie,
la Commanderie Saint-Jean, la Croix de Bourgogne, l'église Saint-Joseph,
la gare de Nancy, la rue Victor Hugo,  les cimetières de Nancy,
Saurupt et la Chiennerie, Zola/Sainte-Anne à Laxou


Nouveau-Nancy, urbanisation de Nancy autour de l'étang Saint-Jean

Nouveau-Nancy, les casernes rue du Sergent Blandan, institut Jean Lamour, campus ARTEM

Nouveau-Nancy, la basilique du Sacré-Coeur
et le  boulevard Charlemagne

Maison de Jean Prouvé et Jean Prouvé ferronnier

Rives de Meurthe

 Pont de Malzéville

La chartreuse de Bosserville


EcoQuartier "Grand Coeur"

cartes et plans de Nancy et  plan de 1866


L'animal dans la ville de Nancy


Vues aériennes anciennes


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2- Nancy, Histoire et  urbanisation



Nicolas Delobel Allégorie de la réunion de la Lorraine à la France sous le ministère du cardinal de Fleury
Au premier plan à gauche, la France et la Lorraine se donnent la main en signe d’union sous les yeux de la Paix qui tient en ses mains un rameau d’olivier et désigne le temple de la Concorde. Au centre, l’Équité, tenant un niveau et une balance, soutient le portrait du cardinal de Fleury, placé au centre de la composition et appuyé sur le livre des lois. Elle foule aux pieds une figure réunissant tous les vices tandis que la figure de l’Histoire transcrit sur le livre de la postérité : La Lorraine Réunie à la France 1737. Au- dessus de l’Équité, un génie allie les blasons de la France et de la Lorraine alors que dans la partie supérieure gauche, l’Abondance, déversant ses bienfaits, demande aux deux Parques de longs jours pour le cardinal. (cf)
Le traité de Vienne de 1738 signé le 18 novembre 1738 entre l'Autriche et la France met fin entre ces deux pays à la Guerre de Succession de Pologne. Il comporte plusieurs dispositions dynastiques qui modifient la carte politique de l'Europe et assurent un nouvel équilibre entre les deux puissances.
Des préliminaires de paix sont signés à Vienne dès novembre 1735, trois ans avant le traité final, entre la France de Louis XV et l'empereur Charles VI, chef de la maison de Habsbourg, archiduc d'Autriche, roi de Hongrie et de Bohême.
Ces articles préliminaires sont suivis d'une convention d'application, signée à Vienne le 28 août 1736, relative aux modalités de la cession de la Lorraine, acceptée par une déclaration de François III de Lorraine du 13 décembre 1736.


Le site de Nancy est occupé tardivement au milieu du 11ème siècle par Gérard 1er de Lorraine (Gérard d’Alsace) alors que de petits noyaux de peuplement existent déjà dans ce qui est la ville et l’agglomération actuelle (Vieil-Aître, Saint-Dizier, Boudonville,…). Le duché de Lorraine mentionné comme tel en 1067, est issu du partage de la Lotharingie en 959. L’installation de Gérard d’Alsace sur le site est un acte politique et militaire. Le site n’est pas sur des voies de communications principales romaines mais à l’abri des crues de la Meurthe près de l’artère mosellane et il permet de contrôler le domaine. Le lieu est défendu par un castrum placé sous la protection  du prieuré Notre-Dame vers 1090, prieuré situé extra-muros avec à-côté le cimetière du Terreau. Le site était protégé par la vallée inondable de la Meurthe à l'Est, et les marécages de l'Etang Saint-Jean au Sud- Ouest.
On suppose un castrum en pierres et bois entre les rues La Fayette, de la Source, du Cheval-Blanc, de la Monnaie,…peut-être du Maure-qui-Trompe, donc en somme centré sur la place du Colonel-Fabien actuelle, avec une résidence incluse dans le castrum.

Au 12ème siècle, sous Simon 1er, une église dédiée à Saint-Epvre est construite ainsi qu’un atelier de monnaies, attirant auprès du duc une population nouvelle. La Commanderie Saint-Jean s’établit vers 1140 avec terres et moulin. Une nouvelle enceinte apparait vers la fin 12ème ou début 13ème siècle avec tours, courtines, les portes Bezuel et Saint-Nicolas, des  fossés alimentés par l’eau des ruisseaux.

 Fin 13ème, les Filles Prêcheresses récupèrent l’ancienne résidence des ducs et un nouveau Palais est construit qui fixera la résidence ducale. La ville compte 1000 habitants. Le faubourg du Bourget se développe ainsi que la ville avec présence croissante de marchands et militaires.
 

L’attractivité croissante suscitée par la présence ducale et sa cour s’intensifie ainsi aux 14ème et 15ème siècles, conduisant à une extension de la ville.
Au 14ème siècle, des hôtels sont édifiés comme celui de Jean de Prény, la Grande- Maison, futur hôtel de la Monnaie. Rien de subsiste de nos jours. La collégiale Saint-Georges édifiée par Raoul date de 1339,  la chapelle Saint-Michel date de 1350, l’hôpital Saint-Julien de 1336. Les étuves de la rue du Ducs Raoul, la Maison du Change datent de cette époque. Le Palais ducal est aménagé avec jardins par le duc Thiébaut II. Le faubourg du Bourget et le prieuré Notre-Dame sont alors intégrés à la ville et l’enceinte les séparant de la ville disparait fin 14ème. La porte de la Craffe existe bien en 1374.

La dynastie angevine apparait en 1431 avec René 1er par son mariage avec Isabelle de Lorraine.
Face au contexte politique troublé de la fin du 15e siècle, et aux menaces des troupes de Charles le Téméraire, le système défensif est renforcé au Nord où sont mises en application les dernières innovations en matière de fortifications.

La Bataille de Nancy (1477), remportée par le Duc de Lorraine René II (1473-1508) sur Charles le Téméraire, tend à faire de la ville la capitale administrative et commerciale d'un « état lorrain ». Elle marque la fin du Moyen- Age en Lorraine, et l'origine de l'essor démographique de Nancy
 En 1477, Nancy compte 5000 habitants. Le duché intègre le Barrois. Nancy alors sous la dépendance du Saint-Empire équilibre sa politique avec la France.

Au cours de la première moitié du 16e siècle, le renforcement des défenses urbaines se poursuit avec la création des premiers bastions.
 Sur le flanc Est, les limites urbaines sont repoussées d’une centaine de mètres, permettant l’aménagement de la première place ordonnancée de Nancy : la « Neuve rue » (actuelle place de la Carrière).

De la seconde moitié du 16e siècle aux premières années du 17e siècle, période de la Renaissance lorraine, Nancy connaît un renouvellement bâti et une extension urbaine sans précédent depuis la période médiévale. Le patrimoine domestique la Ville-Vieille est quasiment entièrement reconstruit. Le tissu urbain se densifie.


Les grandes étapes de l’urbanisation du Nancy historique correspondront, d'une part, au règne du Duc de Lorraine Charles III (1545-1608), fondateur en vingt ans, de la Ville-Neuve de Nancy, d'autre part, à ceux du Duc Léopold (1698-1729) et du Roi Stanislas (1737-1766), dont nul n'ignore les ensembles prestigieux, lesquels, associés à de remarquables tracés de voirie, ont pu guider jusqu'en 1914 l'extension de la ville, et dans une certaine mesure engendrer ensuite « le Nouveau-Nancy »
La pression démographique de la seconde moitié du 16ème siècle traduit la nouvelle conjoncture politique, religieuse, économique, dont Charles III essaie de maîtriser les effets qui sont : la tutelle française, sur les Trois-Evêchés, et même sur la Lorraine, la puissance de l'Eglise catholique, fondatrice en 1572 de l'Université de Pont-à-Mousson, la reprise du grand commerce du sel, de l'argent, de la verrerie... Charles III souhaiterait une société plus urbanisée, plus intellectuelle, à ce Duché en mutation, jusque-là rural et quasi-féodal, et, par conséquent, une nouvelle ville-capitale.

Charles III décide en 1588 d’aménager, au Sud du noyau urbain originel, un nouveau quartier, la Ville- Neuve, conçu selon un plan quadrillé et protégé par un système bastionné, distinct de celui de la Ville-Vieille, dotée de sa propre enceinte modernisée.
C'est un témoignage des mutations essentielles de la seconde moitié du 16ème siècle, renaissance et contre-réforme.
Structurée et fortifiée à l'italienne, cette deuxième ville de Nancy, plus importante que la première, abrite une société que dominent les bourgeois du grand commerce et les religieux des Ordres de la Contre-Réforme catholique.

Au 17ème siècle, la ville est occupée à deux reprises par les Français. Les fortifications sont détruites dans les années 1630 puis reconstruites dans les années 1670. Les limites de la ville restent inchangées et la dynamique urbaine enrayée par les difficultés économiques. Le tissu urbain et le patrimoine bâti n’évoluent guère. Affaiblie, la capitale du duché perd de son attractivité.

Sous le règne Du duc Léopold, 1698-1737, Nancy retrouve sa prospérité économique et renoue avec une ambitieuse politique d’aménagement urbain.
Le traité de Ryswick (1697) scelle le sort des bastions de la Ville-Neuve qui sont démolis.

Le Nancy du XVIIIe siècle du duc Léopold et du roi Stanislas signifie réunification des deux villes et embellissement.
Après les misères de la Guerre de Trente Ans et les diverses occupations de Nancy par les Français, la paix de Ryswick (1697), restituant le Duché au jeune Léopold, permet le relèvement.
C'est le renouveau de l'industrie urbaine et du grand négoce. Parmi les industries légères se distinguent celles de la bière, de la laine et surtout du livre, car la ville doit au libéralisme ducal, de devenir un marché de l'impression et de la vente des livres, de rang international. De même, pour le commerce d'entrepôt et le commerce interlope de Rotterdam ou Francfort vers le Royaume de France, la place de Nancy joue un rôle centralisateur en Lorraine au profit d'un grand patriciat bourgeois.
L'essor démographique reprend. Dans une atmosphère de paix et de prospérité, les familles nobles et bourgeoises, encouragées par le pouvoir, et animées d'émulation, se font élever dans les deux villes de beaux hôtels, pour lesquels Boffrand, disciple de Hardoin-Mansart, propose souvent les plans. Mais les nouveaux-venus de toutes classes sont amenés à construire hors- les-murs.
Dès le début du 18ème siècle, l'ensemble nancéien commence à se dessiner par la volonté de Léopold, formé au grand goût français. Il sollicite pour ses palais et sa primatiale les conseils
 d'Hardouin-Mansart, surintendant de Louis XIV, et fait de Boffrand le directeur des chantiers. Les opérations de rénovation urbaine sont facilitées par la suppression des fortifications de la Ville-Neuve, remplacées par un simple mur de ville.

Malgré la Citadelle de la Ville-Vieille, Nancy cesse d'être place de guerre. Déjà les embellissements du quartier ducal, et surtout l'ouverture d'une voie Ouest-Est sur l'esplanade entre les deux villes, annoncent les réalisations grandioses du Roi Stanislas. Simultanément, l'intensité du trafic amène la Ville-Neuve à découvrir son « point central » à l'intersection de la rue Saint-Dizier et de l'axe Ouest-Est reliant les Portes Saint-Jean et Saint-Georges.
Toutefois persiste l'esprit de la Contre-Réforme, par les multiples couvents et sanctuaires. La primatiale Notre-Dame s'érige en façade rue Saint-Georges, tandis que l'église Saint-Sébastien, déjà baroque de style (1720-1725), tient, au coeur du quartier Saint- Thiébaut, la place qu'elle occupe encore de nos jours.
En fait, la capitale lorraine reçoit aussi les influences des Philosophes et des Economistes. Tout ce fonds idéologique, varié, peut expliquer le double courant de fondations qui continuent de se réaliser jusqu'à la Révolution française.

Puis sous le règne de Stanislas on créé la place royale, point névralgique d’une composition urbaine comprenant la place de la Carrière refaçadée et la place d’Alliance ainsi que deux nouvelles voies renforçant l’axe Est-Ouest.

A l’Est, la porte Sainte-Catherine, pendant de la porte Saint-Stanislas, marque la nouvelle limite urbaine.

L'originalité du Roi Stanislas, installé en Lorraine à partir de 1737, est d'avoir pu être un chrétien- philosophe, réalisant en lui-même la synthèse des idées du siècle. Le Roi a su maintenir l'équilibre entre le parti dévot et le parti du mouvement favorable aux Philosophes.
C'est dans ce contexte, indispensable à rappeler, que naît la Place Royale dédiée à Louis XV (Place Stanislas), tout à la fois joyau nancéien et français, participant à l'embellissement de la ville, et au dessein de réunion de la Lorraine à la France.
Simultanément, en quelques années, de 1751 à 1755, le génie de Héré organise en ensemble monumental l'ancienne Carrière ducale, la Place Royale et la Place d'Alliance.

Au terme de ce bref aperçu sur les étapes anciennes de l'urbanisation de Nancy, deux faits essentiels se dégagent.
 Ainsi, la ville a eu le privilège de posséder de grands urbanistes en la personne de Charles III, Léopold et Stanislas, souverains disposant des pouvoirs pour réaliser rapidement leurs projets.

Dans la période allant de 1766 à 1852, le système de la grande croisée de Stanislas guide le tracé de plusieurs rues, tandis qu'un grandiose projet d'embellissement dû à Lecreulx est adopté en conseil d'Etat (1778), recevant jusqu'à la Révolution un début de réalisation. C'est l'éclatement de Nancy : en particulier, grâce au démantèlement de ses derniers bastions, le Vieux Nancy se dilate en tous sens, vers les promenades de l'Est (Pépinière), et de l'Ouest (Cours Léopold, Place Carnot, Place du Luxembourg), et surtout vers le Nord (faubourg de la rue de Metz). La Ville-Neuve développe ses propres faubourgs, le long des anciens chemins et des récentes percées (faubourgs Saint-Stanislas et Sainte-Catherine). En Ville-Neuve, les ventes révolutionnaires portent un coup souvent fatal aux nombreux établissements religieux. En Ville-Vieille, à l’exception de quelques opérations ponctuelles de voirie (rue Monseigneur Trouillet et d’Amerval), le cadre urbain ne fait l’objet d’aucune modification d’ampleur.

A la veille de la Révolution, Nancy tombe au rang de capitale provinciale et devient progressivement ville de rentiers et de pensionnés nostalgiques du passé.

Ce qu'on a coutume de nommer « le Nouveau-Nancy » correspond à la troisième ville, à l'Ouest des précédentes, née de la révolution urbaine du 19ème siècle, entre le Second Empire à la guerre de 1914; de l'urbanisme dirigé du Baron Buquet, sous le Second-Empire, allait naître un réseau viaire fidèle à l'esprit des 17ème et 18ème siècles, support structuré d'authentiques quartiers.
Tour à tour s'individualisent les quartiers Saint-Léon, Saint- Joseph et celui du Sacré-Cœur; centrés sur leur église paroissiale et leurs écoles privées et publiques, axés sur quelques rues commerçantes, fiers d'un parc / square.

Origines et essor du « Nouveau Nancy »:

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, l'essor de Nancy, se fait grâce à la prospérité générale de la région mais aussi grâce à la mise en place autour de Nancy d'un système de voies de grande circulation (canal de la Marne au Rhin en 1853 dans le quartier Meurthe-canal, chemin de fer de ceinture en 1878);  la gare de Nancy date de 1852 (ligne Paris-Strasbourg). Les conséquences  sont le développement d'activités industrielles et commerciales (Alstom, verrerie Daum, arrivée de Vilgrain (Grands Moulins), abattoirs (1912)...)

 La force du lotharingisme avec Guerrier de Dumast (courant exaltant le passé unique de l'ancien Duché de Lorraine), tend à refaire de Nancy une capitale intellectuelle, artistique, militaire,fonctions perdues en 1766. Le Lotharingisme s'exprime après 1850 mais prend naissance vingt ans plus tôt; il faut le replacer dans le climat de renouveau catholique qui se développe à Nancy, sous la Monarchie de Juillet, et s'épanouit sous la seconde République.


La croissance de Nancy ne cessera plus jusqu'en 1914; car il est évident que le Traité de Francfort (1871), privant la France de Strasbourg, Metz, Mulhouse..., fait de Nancy la métropole-frontière du Nord-Est français, où se concentrent populations et capitaux alsaciens et mosellans. Entre 1871 et 1914, Nancy est une place commerciale relativement modeste, par contre, Nancy est « devenue vers 1900 la métropole financière et bancaire de la Lorraine, sinon même de la région Est.

La forte expansion démographique de Nancy, s'accompagne d'une intense urbanisation. Aux quartiers industriels de l'Est de la ville, situés entre canal et Meurthe, mais contraints par les inondations et le manque d'espace, de rejoindre vers l'amont Jarville, et vers l'aval Maxéville et Champigneulles, répond le vaste ensemble résidentiel de l'Ouest édifié au-delà de la voie ferrée, en direction des villages viticoles de front de côte, Laxou, Villers, Vandœuvre, mais encore dans les limites de la ville. Voilà le « Nouveau-Nancy » proprement dit.

Les problèmes d'urbanisation du début du XXe siècle à Nancy
proviennent de l'extension de la ville qui atteint les limites communales alors que les quartiers récents égalent en surface les quartiers historiques. Ils appellent donc un certain nombre de solutions de technique urbaine, comparables à celles que Charles III ou Stanislas surent découvrir en leur temps, pour répondre aux besoins des populations et des fonctions accrues de leur capitale. Mais, à la différence des Princes qui concentraient en eux tous les pouvoirs et pratiquaient un urbanisme dirigé, les maires de Nancy d'avant 1914 doivent compter avec la jurisprudence qui protège la propriété privée, et avec l'absence d'une vraie législation de l'urbanisme.

Pendant la guerre de 1914, la ville située à quelque 35 km de la frontière sera peu concernée par les combats qui s'achèvent par la Bataille du Grand-Couronné. 
Nancy reprend rapidement son dynamisme à la fin de la guerre de 1914.

L'initiative du célèbre plan de 1913 est due au Maire de Nancy, qui, le 7 mai 1907, dans une lettre à M. Bourgon, vice-président de la Société des Architectes de l'Est, demandait que cette société établisse un plan idéal de Nancy.
 
Ce Plan idéal de 1913, œuvre de la Société des Architectes de l'Est de la France, allait inspirer l'urbanisme nancéien des décennies futures.
L'extension de la ville était bien détaillée dans les quatre orientations Ouest, Sud, Est, Nord

La ville nouvelle assurerait des services de haut niveau, avec des hôpitaux de portée régionale, et elle répondrait aux besoins résidentiels de toutes classes puisque les Cités-jardins, en particulier, résoudraient la question du logement ouvrier.

Sur le plan artistique, l’art déco se développe et concerne de nombreux immeubles d’habitation ou de commerce (Magasins Réunis par exemple), le nouveau théâtre se construit, Nancy bénéficie pleinement de la croissance des années 1920 jusqu'à l'avènement de la grande dépression.

Nancy fut préservée des destructions de la seconde guerre mondiale, la ville n'ayant subi aucun bombardement. L'urbanisme d'après-guerre chercha pourtant à moderniser la ville.

Années 1950 et 1960
La modernisation d'après- guerre préconise la construction de vastes ensembles urbains afin d'améliorer la salubrité des logements anciens. Ce sera dans les années 50 le Haut-du Lièvre, Vandoeuvre, le Parc de Boufflers, la Tour de l’Etoile, des zones commerciales,…

Une nouvelle municipalité arrive en 1970 et sous prétexte de rendre certains quartiers plus salubres, des projets de « réhabilitation » ou « rénovation » avec béton, centre commerciaux et
« grande hauteur » sont dévoilés. La Ville –vieille est heureusement épargnée grâce au concours de différents intervenants. Le quartier Saint-Sébastien (18ème siècle) subira un autre sort hélas. Le quartier de la gare (19ème siècle et art nouveau) subira une destruction limitée (îlot / hôtel Thiers) grâce à la mobilisation des nancéiens et de l’ilot Thiers naitra la tour Thiers.

Grâce aux oppositions de la population aux projets et mode de gestion de la mairie, un secteur sauvegardé sera alors promulgué dès 1976 incluant la Ville-vieille, la Ville-neuve ainsi que les ensembles monumentaux édifiés au 18ème sous Stanislas.
 

On ne peut passer sous silence la destruction de villas art nouveau / école de Nancy  comme à Saurupt, la villa Fournier –Defaut; la mobilisation qui suivra permettra d’inscrire au titre des monuments historiques de nombreux édifices Art nouveau.

Dès 1959 était créé le district de l’agglomération nancéienne avec douze communes.
 Le viaduc Louis-Marin (appelé aussi VEBE pour « Voie Express Banlieue Est ») est construit en 1976 ; Le trolleybus date de 1983 et les aménagements de la Meurthe de 1986.

Le district devient Communauté urbaine en 1996 regroupant 20 communes. Les aménagements de la Meurthe sont poursuivis, l’arrivée du tramway, la piétonisation de la place Stanislas (2005), l’arrivée du TGV (2007) sont alors les principaux investissements. Le Sillon Lorrain est créé en 2012 qui regroupe, les agglomérations de Nancy, Metz, Thionville.

La communauté urbaine satisfaisant aux conditions de l'article L. 5217-1 II du code général des collectivités territoriales pour constituer volontairement une métropole(*) , celle-ci est transformée en métropole au 1er juillet 2016 par un décret du 20 avril 2016, après avis favorable de la totalité des conseils municipaux des communes intéressées.
(*) Le Grand Nancy était, en 2009, le centre d'une zone d'emploi de 514 418 habitants alors que le minimum requis est de 400 000 habitants et exerçant déjà les compétences obligatoires des métropoles.
Le Grand Nancy rejoint ainsi Brest Métropole ou Montpellier Méditerranée Métropole comme métropoles résultant d'une transformation volontaire d'une intercommunalité préexistante.

Bibliographie:
Urbanisation de Nancy entre 1971 et 1914 C. Collot
L'immeuble et la construction dans l'Est
Wikipédia

Christian Pfister, histoire de Nancy
Formation d'une région urbaine R.M  Dion




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3- Les artistes et la Lorraine



Coupe "Rose de France" ou "Coupe Simon" au MBA de Nancy - Emile Gallé 1901

Recherche à partir de l'initiale du nom de l'artiste:

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Georges de La Tour Claude Deruet Jean Girardet  Israël Silvestre Jean Baptiste Jacques Augustin Jules Bastien Lepage Emile Friant Emile Gallé Jacques Callot Léon et Jules Voirin Alfred Renaudin Jacques Grüber  Paul-Louis Cyfflé Henri-Paul Royer Edmond Marie Petitjean  Adrienne Jouclard  Emile Gallé et Gustave-Roger Sandoz Louis Majorelle+ Camille Gauthier Louis Majorelle + Victor Prouvé Henri Bergé + Daum Jean Lamour  Claude Gellée Daum et Edgar-William Brandt Pol Wachs Jean Dries Amalric Walter   Paul Martignon Robert Cadoré Georges Trubert Victor Prouvé Léon Tonnelier Daum Gaston Ventrillon Ernest Ventrillon Georges Ventrillon Paul Michels Camille Hilaire Jacques Bellange Thierry Bellangé Jean-Jacques Grandville  J(e)an Crocq César Bagard Nicolas Bellot Aimé-Nicolas Morot Charles Henri Toussaint Robert Rutz Mathias Schiff Georges Condé dit Geo Condé Ferdinand Malespine Charles Wittmann Ernest Wittmann  Michel-Auguste Colle Emile Malespine Albert Larteau  Léon Barotte  Gustave Deflin Claude Lorrain, dit Claude Dumont Etienne Cournault Hippolyte Lalaisse Louis Hestaux Louis-Théodore Devilly Antoine-René Giguet   Léopold Poiré Charles-Marie Peccatte Guinzbourg Paul Colin Pierre-Roger Claudin Auguste Migette Victor Guillaume Jean Lurçat Camille Martin fonds Julien Gerardin Jean Scherbeck tapisseries de la Cour de Lorraine Gentil et Bourdet Véronique Ziminski Jacques Majorelle Raymond Urbain Jean-Paul Aubé Valentin Duval Jean Errard Gilles Fabre, Albert Léopold Pierson Paul Rémy  Henri Husson Jean Lurçat Charles III par F.Clouet Jean-Baptiste Leprince  Jacques Weismann Albert Horel Pierre Schaeffer François Senémont Ignace-François Bonhommé François Alexandre Pernot Nicolas Albert Bettannier Charles Mitté Claude Bassot Alphonse Monchablon Léon Barillot Maurice Utrillo Jean-Jacques François Le Barbier  Charles de Meixmoron de Dombasle  Jean Serrière Jean Clouet  Ge Pellini Charles André Harpin   Dominique Collin Victor  Masson Claude Goutin Emile Chepfer Henri-Joseph Marchal, Louis Bertin et les frères Mougin  Francis Grüber Lucien Grandgérard Claude Jacquart (ou Claude Jacquard) Joseph Ducreux Paul Nicolas Auguste Houillon et cristallerie de Nancy André Delatte Antoine Vierling Aristide Colotte Charles Sellier Christophe Fratin Charles Pensée Jean Le Clerc Jean Nocret Dominique Pergaut Charles Mellin Jean-Baptiste Isabey François de Nomé Alfred-Nicolas Normand Henri Le Secq  Roger Marage Claude Gellée dit Le Lorrain  Claude Weisbuch Graveurs en Lorraine Léopold Poiré Alfred Daubrée Nicolas Beatrizet Pierre Woeiriot de Bouzey la Lorraine et la gravure les Briot Léon Husson Jean-Baptiste Claudot Jean Prouvé ferronnier  Maison Jean Prouvé Jean Rouppert Michel Jamar André Jacquemin Claude Michel, surnommé Clodion Sébastien Le Clerc (Leclerc) Charles Dauphin Ernest Bussière Louis Hestaux claude Charles Jan Monchablon Jules Cayette Rémon Constant frères Muller René Wiener Charles Schneider / Verre Français Léon Chapelle Jeanne Lourier Dreyfus Jean-Joseph Thorelle Auguste Desch Marcel Corrette Paul-Eugène Goepfert Edouard Moyse Roger Marage Adolphe Lalyre ou Lalire Georges Lallemant Claude-Jules Renauld Raymond Simonin Charles Masson Henri Léopold Lévy Claude-Emile Thiéry Jean Antoine Laurent Alexis-Nicolas Pérignon Joseph Emile Gridel Georges Folmer Nicole Gauthier Charles- François Nivard Pierre Dié Mallet


L’art en Lorraine, promenade au gré des lectures

Les 15ème et 16ème  siècles portèrent au plus haut point la civilisation lorraine : Jeanne d'Arc, paysanne de Domrémy, délivre la France, et René II, duc de Lorraine, réduit à néant Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.
Entre ces deux grandes étapes de la conscience lorraine, le roi René prend le gouvernement du pays, gouvernement éphémère dont le principal résultat fut d'infuser le sang d'Anjou dans les veines des Vaudémont et de doter la Lorraine de René II.

C’est sous les règnes du duc René II (1473-1508) et de son fils le duc Antoine (1509-1544) que des chefs- d’œuvres de style flamboyant apparurent en Lorraine. Des monuments à l’architecture remarquable œuvre de nombreux architectes et ingénieurs même si certains noms apparaissent plus visibles, on citera :

- la cathédrale de Metz du 14ème siècle (1365-1384) par l’architecte et maître d’oeuvre Pierre Perrat (vers 1340-1400)

Sous l’autel gît Maître Pierre Perrat
Epitaphe de Pierre Perrat, architecte de la cathédrale :

Le maçon, Maître de l'ouvrage de l'église
De céans et Maître de l'ouvrage de la Cité
de Metz et de l'église de Toul et de Verdun
Qui mourût le vingt-cinquième jour du mois de juillet de l'an
De grâce de Notre Seigneur 1400.

- la cathédrale Saint-Etienne de Toul (1460-1547) par Tristan d’Hattonchatel,  Girard Jacquemin de Lenoncourt ;
- la basilique Notre-Dame de Verdun par Pierre Perrat encore, avec d’autres architectes (14ème-16ème siècle) ;
- la basilique Saint-Nicolas à Saint-Nicolas de Port construite entre 1481 et 1545 avec notamment le maître d’ouvrage Simon Moycet ;
- l’église Saint-Martin à Pont à Mousson (13ème-15ème siècle) avec également Pierre Perrat ;
-  la chapelle funéraire de la basilique Notre-Dame d'Avioth, basilique édifiée au 14ème siècle ; à  la fin du 15ème siècle, une vaste chapelle flamboyante, la Recevresse, est adjointe dans le prolongement du transept sud et d’ailleurs nettement modifiée et décorée à nouveau à la Renaissance.

Dans la sculpture, à la fin de la période gothique et sous la Renaissance, on va retrouver vers 1461-1466 l’artiste italien Francesco Laurana, sculpteur, architecte et médailliste et l’autre artiste italien Pietro da Milano médailliste du roi René d’Anjou. Francesco Laurana  est appelé en France, à la cour de René, duc d'Anjou, comte de Provence et roi de Naples, qui le commissionne pour une série de médaillons. Il œuvre non seulement pour le roi René d’Anjou mais aussi pour les princes et les grands officiers qui l'entourent. Il introduit le « travail à l'antique », c'est-à-dire le style de la Renaissance italienne

A l’époque de René II son petit- fils, Jan Crocq, imagier et sculpteur sur bois et sur pierre, vient des Flandres pour travailler pour le château et la collégiale de Bar le duc (1488). La Renaissance lorraine et non plus italianisante est favorisée par ce duc qui fera élever l’église des Cordeliers, église consacrée en 1487. René II fait ensuite réaliser par Jan Crocq le tombeau des ducs de Bourgogne pour la collégiale Saint- Georges (avant 1506), tombeau qui rejoindra les gisants des ducs Jean 1er, Charles II, Jean II, et Nicolas 1er. La Vierge de Pitié par Jan Crocq se trouve actuellement en l'église de Pont-Saint-Vincent, église réalisée en 1496. D’autres œuvres de cet artiste sont visibles à Nancy au Musée Lorrain, à Saint-Mihiel et Bar-Le-Duc. Il était l'un des premiers représentants de l'art de la Renaissance en Lorraine et précurseur de Ligier Richier.

 Le nom du sculpteur Mansuy Gauvain est rattaché à la Vierge de la Miséricorde de l’église de Bonsecours (1505) ; l’artiste réalisera aussi la Porterie du Palais Ducal en 1512. Par Mansuy Gauvain toujours, on  peut citer le tombeau de René II qui date de 1515 environ. Le tombeau de Hughes des Hazard, évêque de Toul de 1506-1517, à Blénod- les-Toul est l’oeuvre conjointe de Jean Pèlerin dit Le Viator (vers 1445 - avant 1524), de Mansuy Gauvin et d'un artiste italien inconnu.

Les œuvres d’inspiration religieuse du grand sculpteur du début de la Renaissance Ligier Richier (vers 1500-1567) sont tout à fait remarquables, on citera bien sûr la Mise au Tombeau de l’église Saint-Etienne de Saint-Mihiel, le Gisant de Philippe de Gueldre, veuve de René II dans l’église des Cordeliers, le Transi de René de Chalon en l’église Saint-Etienne de Bar- le- duc, des calvaires et Vierges, …

Plus généralement, dans le domaine de la sculpture, de nombreuses façades, portes, puits remarquables de cette époque, sont encore visibles dans les villes ou villages lorrains, par exemple à Nancy, Saint-Mihiel ou Bar-le-Duc…

Sous les règnes successifs des ducs Antoine, Charles III et Henri II, de 1508 à 1624, l'étude des comptes et de l'histoire de la Maison de Lorraine révèle un nombre d'artistes et d'ouvriers d'art à peu près égal à celui de la Maison de Bourgogne des 16ème et 17ème siècles. Henri Lepage dans son ouvrage sur le Palais Ducal de Nancy, recense ainsi de nombreux artistes.

Les alliances de la Maison de Lorraine avec les principales familles de l'Europe, en particulier celles de l'Italie, ainsi que les persécutions des protestants par la Sainte-Ligue, mouvement politique et religieux crée en 1571, favorisent l'exode des maîtres lorrains. Sont victimes de la Ligue, les sculpteurs Richier par exemple que nous trouvons tour à tour à Genève et dans le Dauphiné; le graveur ciseleur sculpteur orfèvre d’étain François Briot (vers 1550-1605) ou encore Nicolas Briot graveur de monnaies qui, de Damblain dans les Vosges se réfugient à Montbéliard, d'où ils vont en France et en Angleterre. Combien d’artistes lorrains orfèvres, fourbisseurs d’armes, horlogers, forgerons et menuisiers d'art, fondeurs de cloches et de canons ont été chassés de Lorraine à cause de leurs convictions religieuses ! D'autres quittent le pays pour les Cours où règnent les influences politiques de la Lorraine. Certains restent ancrés à leur Lorraine, comme le peintre Claude Bassot (fin 16ème-début 17ème siècle) dont les oeuvres à caradtère religieux sont disséminées dans le Sud de la région.

La France attire par exemple le nancéien Claude Deruet (1588-1660), peintre du roi Louis XIII, les graveurs Israël Silvestre (1621-1691) et le messin Sébastien Leclerc (vers 1637-1714), pour ne citer que les principaux Lorrains francisés. L'Italie possède de véritables colonies de Lorrains peintres, graveurs ou décorateurs de sa Rome et de sa Florence. Paysages et chefs- d'oeuvre de l'Antiquité ou de la Renaissance revivent dans l'oeuvre des Nicolas Beatrizet (graveur lunévillois  né en 1510 ou 1515 et mort en 1565 ou 1577 à Rome), Nicolo della Casa (graveur au burin 15..-15..), Jacques Callot (Nancy 1592- Nancy 1635) et Israël Silvestre.

S'agit-il d'édifier de 1609 à 1612 à Nancy sous Henri II la chapelle ducale souhaitée par Charles III, chapelle où devaient reposer les cendres des princes de Lorraine, on fait appel aux architectes ou ingénieurs Jean-Baptiste Stabili, ingénieur napolitain connu aussi pour ses fortifications, Jean Richier, Toussaint Marchal et Pierre Michel. Ils doivent faire une imitation de la chapelle des Médicis de Florence mais le superbe octogone à lanternon ciselé par Siméon Drouin en 1632, ne sera jamais mené à son terme et ne donne qu'un reflet approximatif des fastes du projet initial voulu par Charles III.

La Lorraine fait-elle le projet de la statue du glorieux duc Charles III, les sculpteurs fondeurs de l'arsenal des ducs, David Chaligny (Nancy 1580- Nancy 1631) et Antoine Chaligny (Nancy 1612- Paris 1651), reçoivent l'ordre d'imiter vers 1621 la statue  de Cosme de Médicis, érigée par Jean de Bologne dans cette même ville (voir le modèle réduit ICI)

Des peintres de toutes les nations qui essayaient d'idéaliser la Rome du 17ème siècle, quel est celui qui aurait pu mieux faire que le petit paysan du village de Chamagne Claude Gellée, dit le Lorrain (1600-Italie 1682) ?

Malgré tant d'exodes, l'activité artistique rayonne dans tous les domaines, autour des ducs ; l'art se transmet de père en fils : les Richier, les Drouin (voie ICI les décorations de la porte de la Citadelle à Nancy), les Bagard, les Chuppin (fresque du réfectoire des Cordeliers, voûte de la Salle Neuve du Palais ducal), les Henriet, les Chaligny, les Crocq, les Foulon (sculpteurs), etc.
Quelle École s'honore de portraitistes plus véridiques que les peintres Hugues de la Faye, Médard Chuppin ou Jean de Wayembourg (peintre de la Vierge au Rosaire 1597, pour les Minimes _Musée Lorrain_), que les graveurs Pierre Woeiriot, Jean Appier, Alexandre Vallée ou Jacques Callot ?

La Renaissance lorraine rêvée par le duc René II, fut ainsi réalisée sous ses successeurs par nombre d’artistes et d’artisans. Le vitrail lorrain du 16ème siècle égale ses peintures : Valentin Bouch et Charles Chuppin y sont les émules des maîtres verriers de la Champagne et de l'Ile-de-France. Ciseleurs d'épées, orfèvres et bijoutiers reçoivent leurs modèles de Pierre Woeiriot. Tout sculpteur se double d'un menuisier, d'un fondeur, d'un forgeron d'art : les Bagard, les Chaligny.
Ayant embelli Nancy, le duc la fait défendre par les meilleurs fortificateurs italiens : Balthazard de Padoue, Ambroise Precipiano, Antoine de Bergame, Orphée de Galean, Jérôme Citoni, Jean-Baptiste Stabili, qui forment Jean Errard, de Bar-le-Duc, Nicolas Marchal, de Saint-Mihiel, et Jean L'Hôte, de Pont-à-Mousson.

 Une habile organisation corporative dote alors la Lorraine de potiers de cuivre, de tapissiers venus de Bruxelles à Nancy, de fabricants de soieries et de velours attirés de Milan, de Gênes et de Reims, de verriers originaires de Venise, de luthiers italiens qui firent école toujours florissante en Lorraine, et de carriers dont la tradition se conserve encore dans l'imagerie d'Épinal.

Jacques Callot mourut à Nancy le 24 mars 1635, sous le règne du duc Charles IV, la Lorraine étant à la veille des plus grands malheurs. On dit que les derniers jours de l'artiste furent pleins du souvenir de cette Italie où Claude Gellée poursuivait en paix son rêve de berger extatique. Ciel, lumière, terre et flots méditerranéens, berceau de notre civilisation, c'est vous que le grand artiste faisait briller, tel un mirage, derrière l'arbre centenaire de sa Foire de Gondreville, près de Toul. Il brille toujours, ce mirage, aux yeux des combattants ! On dit encore que la planche fut gravée vers 1627, alors que débutait, par des fêtes, le règne tragique du duc Charles IV, et l'on ajoute que la suite de gravures : Les Misères et les Malheurs de la Guerre, publiée à Paris en 1633, a été exécutée entre 1631 et 1632, c'est-à-dire avant le siège de Nancy par l'armée du roi Louis XIII. Callot n'a pas vu ces soldats pillant les maisons, incendiant les monastères et enlevant les religieuses, tuant sur les grands chemins. Les « Malheurs de la Lorraine » sont postérieurs à ces planches.

Le rétablissement de la Lorraine fut l'oeuvre du duc Léopold (1698-1729) et du roi Stanislas Leszczynski qui, de 1737 à 1766, succéda au duc François III (1729-1737), devenu grand-duc de Toscane et époux de l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche.

 Né dans le siècle de Louis XIV, le duc Léopold ne résista pas à l'influence de Versailles. Il rêva d'abord de Nancy capitale, transformée par l'architecte Jules-Hardouin Mansard qui lui fit les plans d'un nouveau palais remplaçant celui des vieux ducs de Lorraine, d'une nouvelle église primatiale et d'une nouvelle résidence à La Malgrange. De ces plans, le duc ne réalisa qu'une partie : la Primatiale. En outre, l'architecte- décorateur bolognais Bibiena, lui construisit un Opéra. Désireux de s'installer ensuite à Lunéville, Léopold y fit venir l'architecte Germain Boffrand, dont la plupart des édifices de la Lorraine du début du 18ème siècle portent l'empreinte. Boffrand construisit le château ducal et la salle de spectacles de Lunéville, le château de La Malgrange (en partie avant démolition par Stanislas), le Louvre de Léopold et un grand nombre de monuments et d'hôtels de Nancy.

 Autour du duc, de Boffrand et de ses autres architectes, — Nicolas Jennesson, auteur de l'église Saint-Sébastien de Nancy ; Giovanni Betto et Jean-François Richer qui terminèrent la primatiale sur les plans de Jules-Hardouin Mansard modifiés par Boffrand — on trouve un grand nombre d'artistes et de décorateurs. Les principaux faisaient partie de l'Académie des Beaux-Arts fondée par Léopold en 1702 : les peintres Claude Charles, dont les tableaux ornaient l'église des Cordeliers, de Nancy, Joseph Gilles, dit Provençal, décorateur de la voûte de l'église de Bonsecours et, avec le précédent, auteur des plafonds de l'Opéra de Léopold à Nancy ; Claude Jacquard, qui décora la coupole de la Primatiale de Nancy, des sculpteurs, le médailleur Ferdinand de Saint-Urbain, des orfèvres, des tapissiers, le jardinier Yves des Hours qui dessina le parc du château de Lunéville et le peupla de divinités antiques, oeuvres du sculpteur Nicolas Renard, le peintre en décors Jacomo Barilli (voir le Palais Royal par Lepage), etc.

 De la Cour du duc, le mouvement architectural se répandit bientôt dans toute la Lorraine, transformant les grandes abbayes : Beaupré, Etival, Remiremont, Moyenmoutier, Senones, Saint-Avold et autres, les palais épiscopaux de Toul et Verdun, nombre de châteaux et de constructions municipales, tels le château d'Haroué, oeuvre de Boffrand, l'Hôtel de Ville et l'Hôpital de Bruyères, édifiés par le duc François III.

Au style Léopold, tout imprégné du style Régence, succéda, en Lorraine, le style Stanislas à comparer au  style Louis XV. Architecture, peinture, sculpture, arts décoratifs, rien n'arrêta la fantaisie de ce duc. Il semble qu'il ait travaillé pour le plaisir d'éblouir nos yeux par la transformation des matières les plus rebelles à l'art de la rocaille. L'optimisme inaltérable du roi Stanislas fut l'âme de ce style. Ayant formé le projet de rendre la ville de Nancy l'une des plus belles de l'Europe, Stanislas commença par mettre en valeur de nouveaux architectes et de nouveaux artistes en tous genres.

Donc, en 1636, aux dires de Richelieu, la Lorraine était réduite à rien, « les Lorrains morts pour la plupart », et, en 1737, un peuple d'artistes et d'ouvriers d'art se levait aux ordres de Stanislas:  l'architecte Emmanuel Héré, ses collaborateurs Richard Mique et Claude Mique, les sculpteurs Barthélémy Guibal et Paul-Louis Cyfflé, le forgeron d'art Jean Lamour (voir ferronneries du côté de la Place d'Alliance), le peintre Jean Girardet, pour ne citer que les chefs d'ateliers où les contremaîtres et les ouvriers furent légion.
 Philosophe, artiste, technicien et comptable, Stanislas eut beaucoup d’ambition pour créer cette ville du 18ème que nous admirons aujourd’hui autour de la place Stanislas, la Carrière et la Place d’Alliance. Son chef- d'oeuvre fut la Place Royale de Nancy (place Stanislas aujourd’hui), restée aujourd'hui sans égale, mais comment ne pas citer également d'autres réalisations qui célèbrent encore, par leur présence ou leur souvenir, l'admirable éclectisme du roi Stanislas et la souplesse du génie artistique lorrain. A Lunéville, à Chanteheux, à Commercy, à Einville autant qu'à Nancy, partout où l'utilité publique et la fantaisie royale conduisaient Stanislas, palais, châteaux, églises, théâtres, parcs, jardins sortaient aussitôt de terre. Quel style fut jamais plus pur que celui de sa Place royale de Nancy ? Quelle nécropole fut jamais plus aimable que son église de Bonsecours où il repose, dans un tombeau de Louis-Claude Vassé, en face du monument berninesque (du nom de l’artiste Le Bernin du 17ème siècle) sculpté par Nicolas-Sébastien Adam à la mémoire de la reine Catherine Opalinska, son épouse? Que d'inventions et de fantaisies dans ses jardins et ses parcs pleins de pavillons chinois, d'automates, de pièces et de châteaux d'eau, de statues et d'oeuvres d'art. Heureuse la Lorraine de Stanislas ! Délivrée de l'accident de guerre, stimulée dans ses goûts artistiques, elle devenait insensiblement une des conquêtes pacifiques de la France.

Sur les conséquences sur la vie artistique du  rattachement des duchés de Lorraine et de Bar à la France

Autres noms d'artistes dont le nom a franchi les frontières de la Lorraine:
le sculpteur Claude Michel, dit Clodion;

Jean-Baptiste Claudot est très connu comme peintre des paysages et décorateur de la seconde moitié du 18ème siècle. Il fut formé par Jean Girardet, premier peintre du roi Stanislas;

Autre artiste lorrain important, artiste qui ferme le 18ème siècle et ouvre le 19ème siècle, Jean-Baptiste Isabey. Il mit en miniature l'histoire de son temps.
Ses compositions au crayon ou à l'estompe restent dans le goût sentimental du temps : Le Départ pour l'armée, le Retour, la Barque, où il se représente conduisant sa femme et ses trois enfants, Bonaparte dans les jardins de la Malmaison. Sa maison natale à Nancy est ICI.

Claude Gellée dit Le Lorrain fut un maître de sérénité. Qu'il peigne le Mont- Blanc ou Adam chassé du Paradis, le Lac Nemi ou les Ruines de Pompéï, il donne carrière à son rêve de perfection. Or, souvent son rêve se réalise. Paix souveraine ! Rien de négligé, rien d'incomplet, rien d'inquiétant. Les titres eux-mêmes expriment une candeur irrésistible : Beau jour d'hiver, Beau soir d'été, Belle matinée d'automne. Quant à lui, il trouvait tout beau dans la nature, quelle que fût l'heure, quel que fût le lieu, quel que fût le passant, et il réussissait à exécuter en toute tranquillité ce qu'il concevait en toute harmonie.

Grandville, mort comme Callot à 43 ans, appliqua sa pénétrante et laborieuse observation non seulement aux hommes, mais aux animaux et aux végétaux. Il alla, crayon en main, du ver de terre à l'étoile. « Je n'imagine rien, disait le caricaturiste, j'associe ». Exact et scrupuleux, soucieux du trait dominateur, de l'expression absolue, il a fixé sur le papier la pure réalité. Ayant à représenter une grenouille dans un dessin, il se faisait apporter plusieurs douzaines de grenouilles vivantes et, de chacune d'elles, tirait une étude. Il aimait à répéter : « Un poète peut vivre dans les nuages, jamais un dessinateur».

A cette époque, le Vosgien Henri Valentin (1820-1855) produisait ses dessins d'actualité et scènes pittoresques pour le célèbre magazine "L'Illustration" et le "Magasin Pittoresque". Valentin gravait ses dessins sur bois, comme un peu plus tard, l'excellent illustrateur Paul-Emile Colin (1867-1949). Parmi les graveurs contemporains, le nom d'André Jacquemin (1904-1992) est le plus célèbre. Cet artiste a produit plus de 3 000 cuivres gravés et a illustré 32 ouvrages. Gravures sur cuivre ou sur bois, Michel Jamar produit une oeuvre abondante et pleine de fantaisie. Roger Marage est considéré comme le meilleur artiste graveur actuel. Mais il ne faut pas négliger les autres grands talents de notre époque : Jacques Hallez, Claude Weisbuch, Roland Grünberg...

Un des meilleurs peintres du 19ème siècle fut le Nancéien Charles Sellier (1830-1882). Charles Sellier avait obtenu le prix de Rome, à la suite du concours de 1857. En ce temps-là, le séjour des pensionnaires à l'Académie était de cinq années Sellier y entrait donc en janvier 1858, et en sortait dans le courant de décembre 1862.  Il connut de grands succès mais ces admirations furent sans lendemain. C'est de Rome qu'il envoie la Madeleine abattue, le Lévite d'Ephraïm, la Mort de Léandre. Le portrait de sa mère nous est conservé dans le tableau à l’atmosphère ténébreuse « l'intérieur de cuisine », tableau situé au MBA de Nancy, Dans « le Salon de conversation de la villa Médicis » le peintre a groupé dans une scène pittoresque, ses camarades d'École, à l'heure de la récréation et des causeries intimes, un soir d'hiver, alors que les quinquets sont allumés : Burne l’architecte, Huot le graveur, Thiolle le sculpteur, Henner et sa pipe, Manéglier le sculpteur, Delaunay, Ullmann, Falguière le sculpteur, Carpeaux le sculpteur, Michel le peintre, Guiraud, Coquard l’architecte, Paladilhe le musicien,... Il avait eu le prix de Rome avec la Résurrection de Lazare, figure éclairée par le rayonnement qui émane de Jésus, le prix Moreau avec l'Enfant prodigue, visage aux longs cheveux, tout meurtri de regrets. Claude Gelée avait été le peintre du soleil; Sellier fut le peintre du clair-obscur. Entre le clair-obscur de Léonard et celui de Rembrandt, se place celui de Sellier.

La poésie, c'est ce qu'il y a d'intime en tout. Jules Bastien-Lepage, disparu fort jeune, la fait sortir de ce village aux toits roses nichés dans les feuillages verts, de ces meules d'or illustrant la plaine immense autour de laquelle se nouent d'harmonieuses collines, de ce sous-bois où se mêle l'haleine de la nature amoureuse, de ce chemin des prés où se balancent les herbes folles, de ce petit pont de bois campé sur un cher petit ruisseau. Sa première toile, le Portrait du grand-père, eut un grand succès à l'Exposition de 1874. Il donna ensuite l'Octobre, les Blés mûrs, Jeanne d'Arc, le Mendiant, le Père Jacques, l'Amour au Village, les Foins, la Forge, la Source qui fut crevée par un obus dans l'atelier du peintre en 1870, les portraits du poète et romancier André Theuriet, du compositeur et chef d’orchestre Albert Wolff, de Juliette  Drouet l'amie de Victor Hugo (Hauteville House), le Petit Ramoneur, sa dernière peinture.

Mort plus jeune encore, à 24 ans, Mathias Schiff laisse le souvenir d'un sculpteur nerveux et puissant. Sa statue de René II place Saint-Epvre à Nancy est un chef- d'oeuvre de vaillance jolie.

Aimé-Nicolas Morot, de très bonne heure, se montra extrêmement habile. Sa « Charge des Cuirassiers de Reischoffen » à Rezonville le 16 août 1870, forme une page militaire d'un réalisme qui s'élève à une superbe intensité d'effet. Son portrait d'Hébert (1904) reste un chef-d'oeuvre d'harmonie et de pénétration. Voici une des premières oeuvres de Morot, la Médée. Ce corps affaissé, ces larges yeux à l'égarement féroce, ces lèvres épouvantablement décolorées, l'angoisse qui pénètre la sinistre jalouse sont, en vérité, d'un grand peintre.

Avec une justesse et une puissance singulières, le paysagiste Charles De Meixmoron de Dombasle a rendu les colorations les plus lumineuses de la nature. Il en a fait de véritables poèmes, magnifiques et troublants. Voici un Soir à Dienay (Côte d’Or), de la sérénité et de grande douceur; un Café à Aix-les-Bains (salon de 1904), la Place Stanislas et la place Saint-Jean de Nancy, d'une grâce vibrante et gaie. On peut dire que de Meinmoron a renouvelé l'art du paysagiste, par le contraste des taches lumineuses avec les ombres.

Paul Emile Colin a apporté à la gravure sur bois une note personnelle.

L'oeuvre entière d’Emile Friant constitue un des exemplaires les plus achevés du génie lorrain. Arrivé de si bonne heure à un si fructueux succès, le maître de Dieuze, qui a sa place marquée à l'Académie des Beaux-Arts, aurait pu s'arrêter et se répéter, imitant ainsi plus d'un de ses immortels devanciers. Il a préféré chercher toujours, et donner aux artistes le spectacle d'un effort toujours renouvelé. Son oeuvre est une incomparable collection de portraits et une mine où le temps présent se documente. Dans l'âme de Friant, nous sentons la grande pitié, qui est par excellence chose divine. Voici la Messe du Condamné. Nous ne distinguons pas même les traits du misérable. Ainsi a fait Hugo dans son Dernier jour d'un condamné. Dos tourné à l'autel, un prêtre s'incline. Éclairés par une aurore de deuil, serrés contre la muraille, des assistants se tiennent immobiles. Le centre du tableau est vide. Tous les regards convergent vers l'homme qui va mourir. Ce qu'on regarde surtout en lui, ce sont ses énormes et hideuses mains au long pouce qu'il croise sur ses genoux. En face des mains maudites s'élève la main du prêtre, la main qui bénit. Rien de plus simple et de plus grand. Rappelons quelques-uns des tableaux les plus célèbres de Friant : « les Nancéiens qui portent des fleurs au cimetière, un jour de Toussaint » ; « l'Enfant que la mère tend par la fenêtre de l'atelier, au menuisier travaillant »; « l'Aviateur mourant, à qui l'Ange de la patrie jette une couronne »…

Nous citerons encore Edmond Marie Petitjean, qui interprète les villages lorrains avec un poétique éclat, Alfred Renaudin, qui rend les chaudes nuances et les lignes frémissantes de nos paysages, Ernest Wittmann, son fils, Charles Wittmann, qui a entrepris de représenter son époque sur le vif : « Boulevard extérieur sous la pluie », « Lever du soleil aux Halles », « Courses », Feyen, Rovel, Grosjean, Michel Auguste Colle, Picard, Waidmann, Decisy, Robert Champigny, Roussel, Desch, Fosse, Fuchs.

 Au noble et spirituel sculpteur Jean-Paul Aubé, nous devons « le Figaro journaliste »(1873), la Galatéa en 1876 (Opéra de Montpellier), Dante, le buste de Prosper Mérimée, le Monument de Gambetta; Bussière a fait éclater sa naïve et touchante sincérité dans le monument du grand agriculteur Mathieu de Dombasle, et dans le monument du vieux conteur phalsbourgeois, Emile Erckmann. La sculpture lorraine est aussi représentée dignement par Cari, Jacquot, Somme, Muller, etc. Ponscarme renouvela l'art de la médaille en y introduisant, avec un sens tout lorrain de la décoration, les procédés du bas-relief.

L'Exposition universelle de 1851 fit ressortir avec beaucoup d'éclat la supériorité de l’art décoratif français. Après la guerre de 1870, le Nancéien Emile Gallé donna à l'art lorrain le signal et l'exemple d'un invincible essor. Il demanda aux artistes de renoncer à la tranquille et fructueuse reproduction des modèles dus aux siècles précédents. Verriers et vitraillistes (ex Grüber et ICI), faïenciers, émailleurs, ébénistes, huchiers, orfèvres, marqueteurs, peaussiers, sculpteurs (Alfred Finot,...), architectes avec l'exemple des Magasins Réunis Art Nouveau par Lucien Weissenburger (Lucien Weissenburger, Emile André, Georges Biet,...) furent successivement conviés à rompre avec les avantages que leur procurait l'imitation des styles et à s'inspirer uniquement d'un principe créateur : l'observation directe de l'être vivant.
 Le meilleur musée de l'ouvrier d'art, ce n'est plus la salle poussiéreuse où s'entassent des modèles de plâtre. C'est la nature où la faune et la flore se développent en liberté. Le bon modeleur prendra le chardon, notre acanthe lorraine, le chou, le persil, le pissenlit que nos imagiers du 14ème siècle ont tant admirés, mais jamais il ne se souciera des imitations antérieures.
 Pour les membrures et assemblages de bois, que d'indications irrésistibles l'ébéniste trouvera dans la végétation des ligneux, dans leur mode de croissance par jets annelés et cannelés ou par étages architecturaux! Rien qu'en adaptant à son art la gaufrure d'une feuille morte ou la parure d'un insecte amoureux, le joaillier créera un chef-d'oeuvre original. Ce qui ressuscitera toujours l'art, c'est la vie elle-même.
On résista d'abord à Galle, puis on lui céda, puis on le suivit, puis on se précipita pêle-mêle sur ses pas. Son inspiration se retrouve dans toute la France aussi bien qu'en Lorraine.

L'école de Nancy, Alliance provinciale des industries d'art (en général appelée seulement école de Nancy) sera le fer de lance de l'Art nouveau en France, dont l'inspiration essentielle est à chercher dans les formes végétales.

L'Ecole de Nancy compte des artistes de haute valeur. Il nous faut citer les noms des grands verriers Daum, de l’ébéniste Louis Majorelle, de l’ébéniste Eugène Vallin, de Louis Hesteaux, de Charles  Fridrich, de Jacques Grüber, de Morot le ferronnier, des céramistes Mougin, de Camille Martin, de Victor Prouvé, Ernest Bussière, Amalric Walter et tant d’autres, sans oublier l'apport du mécénat d'Eugène Corbin.

Le peintre Victor Prouvé, qui remplaça Emile Galle comme président de cette École de Nancy, s'est fait brodeur, relieur, émailleur, ciseleur sur cuir, ciseleur sur métaux. Son style a la bravoure, le coup d'aile et le coup de griffe des maîtres. Quelques-uns de ses tableaux le peignent tout entier. Voici les Joies de la Vie. Dans une prairie, sous de grands arbres, une famille savoure le repas du soir. Couché sur le sol, le mari étreint ses enfants qui jouent. Les grands-parents regardent le plus petit faire ses premiers pas, en face de la mère prête à le recueillir. Autour de cette scène de robuste humanité, chante la vie universelle. Ce sont des jeunes filles qui s'avancent, en lançant vers le ciel l'éclat de leur gaieté rythmée par des chansons. C'est une énorme voiture de gerbes qu'un attelage rentre au hameau. Tout ce tableau est baigné d'une atmosphère où les rayons du soleil couchant frémissent dans la chaude buée de la terre. Voici l'Ile heureuse, la Renaissance humaine, la Vision d'automne, le Séjour de Paix et de joie (1898), vaste frise qui décore la salle des fêtes de la mairie du 11ème arrondissement, la Réunion de la Lorraine à la France, plafond de la salle de réception à la préfecture de Nancy. La maîtrise de Prouvé s'affirme hardie, nette et chaleureuse, dans son Portrait de Gallé.

Prouvé et Friant sont restés en Lorraine, sous le feu de l'ennemi. Friant, aéronaute consommé  met son génie d'inventeur au service de l'armée. Quant à Prouvé, conseiller municipal de Nancy, il compose sur les villes et les villages martyrs une série de tragiques dessins qui resteront un des plus accablants réquisitoires contre la barbarie allemande.

Sur l'Esplanade de Metz, nous saluons le petit cheval de bronze de Christophe Fratin, exquise silhouette frémissante. Debout sur ses jambes fines, il aspire l'air embaumé de nos tilleuls avec une sorte d'impatience gourmande. Joyau d'un art aussi discret qu'accompli, c'est la vivante et triomphante critique de la grosse bête de bronze que, à l'autre bout de l'Esplanade, chevauchait un temps le vieux Guillaume. En 1889 en effet, le cheval de Fratin  fut déplacé, pour être remplacé par la statue de Guillaume 1er, transporté alors au Jardin Boufflers; mais comme ce jardin convenait aux Allemands pour y ériger une statue au prince Frédéric-Charles, notre coursier errant vint occuper, le 3 mai 1897, son emplacement actuel. A côté du petit cheval est la tendre naïade, « la Source » de Charles Pêtre : la nymphe verse continuellement l'eau de son amphore, précieuse image de cette terre aux ressources inépuisables. De Pêtre également, sur l'Esplanade, la statue du Maréchal Ney, que le sculpteur exécuta en 1854, à l'âge de vingt-six ans et qui fut inaugurée le 15 août 1860, à la place même où elle se trouve.  A Nancy, Pêtre réalise les bustes en bronze des graveurs Israël Silvestre et Ferdinand de Saint-Urbain de part et d'autre de la statue de Jacques Callot due à Eugène Laurent, sur la place Vaudémont.

Citons dans les domaines religieux ou militaire, les statuaires Victor Huel, père et fils.

Au tout début du 20ème siècle, une rue à l'architecture particulère à Nancy, avec des maisons Art Nouveau et des maisons d'inspiration normande par César Pain, la rue Félix Faure.

Pour ce qui concerne les périodes suivantes Art Déco puis modernisme à Nancy, on citera l'exécution par l'architecte Pierre Le Bourgeois de la pharmacie Godfrin au Point Central.
Les grands artistes des arts décoratifs tels que Grüber, Majorelle, Daum, aussi bien que les architectes nancéiens passent aux lignes géométriques. C'est, à titre d'exemple, l'époque des nouveaux Magasins Réunis (1926-1928 par Pierre Le Bourgeois), du siège des fonderies de Pont-à-Mousson (1926-1928 par Pierre Bourgon), de l’église Sainte Thérèse de Villers- les- Nancy
par Jules Criqui (1930-1934) Le ferronnier Jean Prouvé, l'ébéniste Majorelle  (bibliothèque de la Place Carnot) et bien d'autres artistes donnent leur vision de ces nouvelles tendances artistiques. De nouvelles rues sont créées à nancy et dans les proches banlieues et de nouveaux architectes savent alors satisfaire des clientèles plus ou moins aisées attirées par le style Art Déco. Citons les artistes suivants, l'affichiste nancéien Paul Colin, le sculpteur Emile Bachelet, l'architecte Fernand Mascret, l'architecte Charles Masson, les vitrallistes André Lemoine, Georges Janin et Georges Bassinot, l'architecte Raphaël Oudeville, Auguste Vallin le sculpteur, Georges Vallin l'architecte,....et Jean Prouvé architecte ayant débuté comme ferronnier, artiste connu mondialement.
Le Vosgien Jean Lurçat sera le peintre puis il exécutera des tapisseries au point de canevas et sera un maître cartonnier en tapisserie aux oeuvres remarquables. Il supervise en 1939  à Aubusson  la tapisserie  monumentale "les Quatre saisons".
La bibliothèque Stanislas de Nancy conserve une collection remarquable de livres illustrés et d’œuvres gravées permettant de retracer toute l’histoire de la gravure, en particulier l’histoire de la gravure en Lorraine. Terre de graveurs, la Lorraine a vu naître de grands talents tels Jacques de Bellange, Jacques CallotVictor Prouvé ou encore Etienne Cournault et bien d'autres jusqu'à Jacques Hallez, Roland Grunberg, Claude Weisbuch, Sébastien Leclerc..


  ICI, une liste d’artistes   permettra au lecteur d'admirer les œuvres  issues du talent d’autres artistes lorrains.
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Jean-Baptiste Claudot, peintre

Claude Charles, peintre

Claude Michel surnommé Clodion

Richard Mique, architecte

Maison natale d'Isabey, peintre

Didier Bugnon, géographe et ingénieur

Raphaël Oudeville, Hôtel Foch et ex-Cité Senn

Etienne Drioton, égyptologue

Henri et Louis Guingot

Léopold Poiré, dessinateur, peintre et graveur

Maison Henri Belliéni

Les frères Paul et Prosper Henry, astronomes

Victor Huel, une noble figure de l'art lorrain

Philippine de Sivry plus connue sous le nom de Madame de Vannoz

Louis Lanternier, architecte

Félix Crousse, horticulteur

Emile Just Bachelet

Mère Alix Le Clerc

Ferdinand Genay, architecte

Aciéries de Pompey, les Fould


La croix Gagnée

Autour du premier café de Nancy

L'église Saint-Roch au Point Central

du côté de la rue Mably

Origine du Rond-Point Lepois

Sur l'origine du Mont-de-Piété de Nancy

Léopold Poiré et Henri Belliéni

Carrosses et chaises à porteur sous Stanislas

L'inox à Nancy

L'animal dans la ville


Caserne du Han et rue Saint-Nicolas sous Léopold

Les pavés de Nancy

Les tramways à Nancy au début du 20ème siècle

L'allumeur de réverbères à Nancy Les premiers pas de l'électricité à Nancy


Art culinaire, spécialités lorraines

spécialités culinaires lorraines

sur l'art culinaire en Lorraine

sur l'histoire de la cuisine




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