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BASTIEN LEPAGE
Nicolas Albert Bettannier
Ignace-François Bonhommé

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          Jules Bastien, dit Jules Bastien-Lepage

 (Damvillers (Meuse) 1848 – Paris 1884)


Pour aller plus loin, le Musée Jules Bastien- Lepage de Montmédy
et aussi
et "le retour de Bastien-Lepage"

Le 20 octobre 1868, il est reçu premier au concours et entre à l'École des beaux-arts de Paris dans la section peinture. Il débute au Salon de 1870.
 Jules Bastien-Lepage n'a malheureusement pas pu donner toute la mesure de son talent car il meurt à l’âge de 36 ans après seulement une dizaine d’années de travail. Pourtant, il laisse une œuvre originale et innovante. Ses toiles figurent dans les plus grands musées du monde.

Ce qu'écrit la presse en 1937: "Jules Bastien-Lepage naquit en 1848 à Damvilliers en Meuse. Il appartenait, comme Courbet, à ce milieu mi-bourgeois, mi-paysan, qui n'a jamais cessé de rêver pour ses enfants de carrières libérales et administratives. Son père lui enseigna les rudiments du dessin et lui fit faire ses études classiques au collège de Verdun. Une fois bachelier, le jeune homme entra dans l'administration des postes, mais il n'y fit qu'une courte apparition. Sa vocation artistique reconnue par ses parents, il partit
en effet en 1867 pour Paris avec une pension du conseil général de la Meuse et entra à l'Ecole des beaux-arts dans l'atelier de Cabanel. Il échoua à deux reprises au Prix de Rome ; cependant, au Salon de 1874, le « Portrait du grand-père » attira sur lui l'attention de la critique et du grand public. Cette figure de vieillard — le propre grand-père de l'artiste — assis dans son fauteuil au fond d'un jardin, dans ses vêtements de tous les jours, conquit tous les suffrages pour sa vérité, sa bonhomie souriante. Après ce succès, Bastien-Lepage exposa en 1875. « La première communiante », habile symphonie en blanc où apparaissait déjà un - de ses nombreux types de petites paysannes. Il donna également quelques portraits, notamment ceux de son père et de sa mère, peints avec une naïveté, une tendresse qui rappelaient l'art des Primitifs.
Mais ce fut en 1878 que sa célèbre toile « Les foins » lui valut la gloire. Jamais la rusticité n'avait été dite aussi fortement que dans cette couvre représentant un couple de paysans au repos dans la somnolence d'une lourde après-midi d'été parmi les prés fauchés. Ces mêmes qualités de franchise se retrouvent dans sa toile « La récolte des pommes de terre » aux personnages répétant avec fidélité les gestes du labeur terrien et traduisant uniquement par toutes leurs attitudes, l'expression de leur physionomie, la fatigue d'une des plus pénibles occupations des champs. Certains ont reproché à Bastien-Lepage l'hébétude de ses figures ; or, celle-ci n'est précisément que le reflet véridique d'une peine physique et de son action abrutissante bien connue de ceux qui, tout un jour, se sont penchés sur les sillons ouverts.
Citons dans le genre rustique quelques autres toiles de Bastien-Lepage : « La moisson », « La forge », «  Le mendiant », « Le père Jacques « , « L'amour au village » où il a campé avec beaucoup de naturel et de précision documentaire les types villageois. Il ajouta à cette galerie rustique des figures de la rue populaire qu'il avait saisies lors d'un voyage à Londres.
Mais Bastien-Lepage, admirable réaliste, resté campagnard et décidé, dès le début de sa carrière, à être l'illustrateur de la vie des champs, se double d'un portraitiste de qualité, au métier élégant et expressif. Il a su, tout en faisant ressemblant, exprimer le biais secret des caractères. Ce fut d'ailleurs par ses portraits qu'il conquit la faveur du public parisien.
Dans ce genre, ses oeuvres les plus décisives furent les portraits de Theuriet, d'Alibert Wolff, de M. Andrieux, de Mme Waskiewicz et surtout celui de Sarah Bernhardt.
Bastien-Lepage aurait sans doute encore enrichi son art s'il n'avait
été enlevé à l'âge de trente-six ans par un cancer. Malgré une opération et une convalescence en Algérie, il mourut à son retour à Paris en 1884. En dépit de sa brève carrière il reste comme l'un de nos plus puissants réalistes, car il a su voir avec une acuité de vision, peu ordinaire les scènes frustes de la vie paysanne .et les a rapportées avec la sympathie, la fidélité d'un véritable artiste terrien."
(Le Peuple avril 1937)





Monument à Jules Bastien- Lepage (Damvillers)
Sculpteur Rodin, fondeur Thiébaut

Bronze de 250kg 1889 : inauguré le 29 septembre en présence de Gustave Larroumet, directeur des Beaux-Arts. Erigé par un comité présidé par Charles Bailly. Tous les deux ans la Société historique et culturelle du Damvillois organise le prix Jules Bastien-Lepage, ouvert aux artistes peintres locaux et régionaux.





Ce tableau, inachevé, est considéré comme une étude pour l'autoportrait conservé au Musée du Louvre à Paris (voir l'illustration au commentaire ci-dessous). Le portrait du Louvre n'est pas daté, mais on pense qu'il a été peint vers 1880. Celui-ci lui serait donc légèrement antérieur. Notre tableau étant peint sur un panneau anglais, on peut penser que Bastien-Lepage l'a exécuté lors de son premier voyage à Londres en 1879, alors qu'il séjourne là- bas pour peindre le Portrait du Prince de Galles (conservé à Buckingham Palace).

 Le poète et romancier André Theuriet a donné du peintre cette description tout à fait conforme à notre tableau: "je vis un garçon très jeune, très blond, modestement vêtu, petit, leste et bien musclé. Sa figure un peu blafarde au front carré et volontaire, au nez court écrasé du bout, aux lèvres spirituelles à peine estompées d'une pâle moustache blonde, était éclairée par deux yeux bleus dont le regard clair, droit et perçant, disait la loyauté et l'indomptable énergie. Il y avait à la fois du gamin et de l'homme dans cette physionomie mobile, aux traits heurtés, où une certaine crânerie audacieuse alternait avec les lueurs de sensibilité et les éclairs de gaieté espiègle" (cf catalogue de l'exposition Jules Bastien Lepage, Verdun, musée de la Princerie et Montmédy, musée citadelle, sous le n°28)





Autoportrait




Portrait d'Emile Bastien Lepage, son frère, et portrait d'un homme (peut-être un autoportrait)



Le petit cireur de chaussures


Nous présentons ci-dessous diverses œuvres de ce grand artiste qu’est Bastien Lepage, en particulier des peintures de genre réalisées lors de ses séjours en Angleterre vers 1880 (le petit cireur de bottes à Londres 1882, la pochade du peintre en pâtissier, portrait d’un jeune garçon en costume de marin 1881, le petit Lord en 1880. Contrairement à ces oeuvres dans lesquelles le sujet adoptait une pose frontale, regard fixé vers le peintre, le petit ramoneur de Damvillers (village de l’artiste) adopte une pose naturelle. Mains noircies magnifiquement rendues, chats, genouillères en cuir,…donne de l’authenticité à la scène. Récemment vendu 212000 dollars. Un très bel exemple de naturalisme, mouvement artistique apparu vers 1870 en France et qui se poursuivra jusqu’en 1890.




La marchande de fleurs

 Le modèle a été trouvé près de Charing Cross. C’est une grande fille gracieuse, avec des épaules inclinées, enveloppé dans un châle mince et taché par les intempéries, les cheveux sur le front, avec un nœud à l’arrière. Alors que la demoiselle se trouve en avant-plan, comme si elle était prête à parler à un client qui s'approche, Bastien-Lepage ajoute des personnages bien habillés derrière, souhaitant mettre en évidence deux castes sociales.



Au moment de la récolte





Etude pour l'amour au village



Fleur du chemin ou la petite bergère



Etude pour Jehanne d’Arc
 Dessin au fusain




Jeanne d'Arc

C’est en 1880, époque pendant laquelle il est, avec Courtois et Dagnan-Bouveret, dans le cénacle de jeunes artistes fréquentés par Maurice Fenaille, que sa Jeanne d’Arc entendant les Voix est présentée au Salon et violemment critiquée.



La Toussaint




Les foins (Musée d'Orsay)



Voilier par mauvais temps



1882 le petit cireur de bottes à Londres




Le petit Lord 1880




Jeune garçon en costume de marin 1881

Alors que Bastien-Lepage a acquis une renommée internationale pour ses peintures d'enfants paysans, ses portraits d'enfants sont beaucoup plus rares. Ces représentations se sont retrouvées dans des collections privées où elles sont restées à travers plusieurs générations comme ici le  « Portrait d'un jeune garçon ». Ce tableau montre un garçon en costume de marin - une forme courante de vêtement en cette période. Ce peut être  cependant, un cadet de la marine puisque son uniforme est plus élaboré.






Portrait de Sarah Bernhardt




Le pâtissier



Chemin boisé
 Lavis de Brun et rehauts de gouache blanche




Femme à la coiffe lisant, vers 1880
 Aquarelle, rehauts de craie blanche, sur traits de crayon noir, sur papier beige




1881 Portrait de Madame Waskiewicz



Homme déversant une brouette
 Signé et daté en bas à gauche Emile Bastien Lepage /1891.



Jeune femme à sa toilette




La place de Damvillers au crépuscule, 1884.
 Fusain, estompe et rehauts de craie blanche, signé en bas à gauche, situé et daté «Damvillers 1884».
(Drouot)



Ophélie (MBA de Nancy) 1881

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Nicolas Albert Bettannier (Metz 1851- Paris 1932)


Nicolas Albert Bettannier (Metz 1851- Paris 1932) opte pour la nationalité française en 1872. Ses œuvres rappellent l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine par l’Allemagne par le traité de Francfort du 10 mai 1871. « La Tache noire »réalisé en 1887 est au Deutsches Historisches Museum de Berlin. Citons également « le désespoir » 1893 au Musée de l’Ermitage de Saint-Petersburg, « la Conquête de la Lorraine » 1910, et « l’Oiseau de France 1912.
Ici « La tache noire » où l'instituteur montre avec sa règle les provinces perdues, un élève en uniforme de bataillon scolaire, une formation mise en place en 1881 et 1882 dans les écoles de garçons par Paul Bert, ministre de l’Instruction publique, et qui permet aux élèves de s’exercer à la marche, au tir et au maniement des armes. Les exercices militaires sont remplacés par des travaux d'aiguille dans les écoles de filles.

Voir le contexte historique et la description du tableau ICI



La tache noire 1887




La conquête de la Lorraine
 Salon de Paris de 1910




L'oiseau de France 1912



Les mots doux





Le désespoir 1893
Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg
Famille lorraine et désespoir du fils de porter l'uniforme allemand suite à l'annexion d'une partie de la Lorraine par l'Empire allemand en 1871 (traité de Francfort 10 Mai 1871)


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Ignace-François Bonhommé (Paris 1809-Paris 1881)


Au-sud de Ligny-en-Barrois, le petit village d’Abainville (Meuse) qui intéressa Ignace-François Bonhommé (Paris 1809-Paris 1881). Ce dernier appelé parfois « le Forgeron »), peintre, aquarelliste et lithographe français, fut le premier interprète graphique de la métamorphose industrielle en France. Ses maîtres furent Guillaume Guillon Lethière, Paul Delaroche, Horace Vernet. En 1837, il commence une série de dessins et de toiles sur les forges d'Abainville. En 1854, il met en scène les forges et ouvriers du Creusot. Ici les forges d’Abainville, vue des bâtiments de la forge. Plus de détails sur le contexte historique et l’œuvre située au Musée de l’Histoire du Fer de Jarville 

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Autre recherche à partir de l'initiale du nom de l'artiste:

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