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Claude Michel, surnommé Clodion

Clodion, sa vie, ses œuvres




Claude Michel dit Clodion :
 - dessin au crayon par Madame Adam
 - buste en terre cuite par Vital-Dubray

 Maison du 4 rue Saint-Jean au début du 20ème siècle avec les décors de Clodion​


Né à Nancy en 1738, baptisé dans l’église Saint-Roch (au Point Central actuel), petit-fils de Jacob-Sigisbert Adam (*), Claude Michel, surnommé Clodion, se forme à Paris vers 1755 auprès de son oncle Lambert-Sigisbert Adam, puis, après la mort de ce dernier, auprès de Pigalle, pendant quelques mois.
 (*) sa fille Anne avait épousé Thomas Michel, marchand traiteur puis premier sculpteur du roi de Prusse

 Il obtient le premier prix de sculpture à l'Académie en 1759 et est admis a l'école des « élèves protégés », sous la conduite de Carie Vanloo, ceci jusqu’en 1762 date à laquelle on le retrouve en Italie comme. pensionnaire à l'Académie de France à Rome dirigée par Natoire, ceci jusqu’en 1767.

 En 1771, alors qu’il réside toujours à Rome, on lui fait une proposition à Nancy où il est question d’élever une statue de Stanislas récemment décédé, à la place de la fontaine du Pont-Mouja. Cette proposition n’aboutit pas et Catherine II le demande en vain mais en fait il est attiré par Paris où ses sculptures en terre cuite, de petit format, sont très demandées.

 Artiste à la mode, il réalise alors à Paris de 1771 à 1782 de remarquables statues. Il rentre à l’Académie avec son « Jupiter lançant la foudre ». Effrayé par la Révolution, on le retrouve à Nancy où il travaille au décor de maisons pour les particuliers : au 22 rue Saint-Dizier à l’emplacement de la sacristie de l’ancienne église Saint-Roch, au 2 rue Saint-Jean (ancienne banque). Dessus de portes d’hôtels particuliers, statuettes d’enfants en biscuit, modèles pour la manufacture de Niederviller: la Bacchante, le Baiser donné, Baiser rendu, le Bacchant portant un enfant font l’admiration du « Fragonard de la terre cuite ».

On le retrouve à Paris en 1798 où il sculpte entre autre « l’Entrée des Français à Munich » de l’Arc de Triomphe du Carrousel, les bas- reliefs de la colonne de la Grande Armée. Il meurt dans son atelier de la Sorbonne en 1814.

 Nancy n’a aucun monument à la gloire de Clodion, pas plus que d’Adam. Seule l’ancienne rue des Artisans a pris son nom.

Quelques œuvres :

 - Oeuvres en marbre pour l'impératrice Catherine II et le duc de La Rochefoucauld ;
- 1759 ; « Absalon fait tuer son frère Ammon dans un festin », prix de Rome
- 1767 : « la Madeleine pénitente » pour Natoire ;
- 1773 « Jupiter prêt à lancer la foudre » pour une netrée à l’Académie ;
- 1775-1777 : »Sainte Cécile - La mort de sainte Cécile » Statue et bas-relief en marbre. Cathédrale. Musée du Louvre (Esquisse en terre cuite) ;
- décor en pierre de l'hôtel du financier Bouret de Vézelay et celui de la façade du couvent des Capucins (collaboration avec l'architecte Brongniart, entre 1775 et 1882) ;
- décor de la salle de bains de l'hôtel de Besenval ;
- 1788 : pour la salle à manger du comte de Botterel-Quintin, superbes groupes en plâtre de « Jeunes femmes portant des coupes chargées de fruits » ;
- 1783 : marbre de Montesquieu (à la demande le Louis XVI), Musée du Louvre ;
 Bas-reliefs en terre cuite du 22 rue Saint-Dizier et autres maisons particulières ;
 Bas-reliefs en marbre de l'Arc de Triomphe du Carrousel : » l'entrée de l'armée française dans Munich »
-1801 : « le déluge »
-1810 : « Homère mordu par les chiens », un style plus classique ;

Une galerie de ses œuvres :
http://www.wikiphidias.fr/index.php?id=371&option=com_content#Galerie

Deux immeubles présentaient à Nancy des sculptures de Claudion en façade : le 22 de la rue Saint-Dizier où les œuvres subsistent mais dans un piteux état (mais qui s’en préoccupe ?) et le 4 rue Saint-Jean où l’immeuble a été totalement démoli pour être remplacé par un magasin de piètre architecture (aujourd’hui Armand Thierry).

Sur la Maison dite de Clodion
 En 1873, on a découvert l’atelier de Clodion dans une dépendance du 22 rue Saint-Dizier, en particulier le four que Clodion utilisait pour ses terres cuites ainsi que des moulages en terre et en plâtre, des épreuves, des ébauches, des œuvres jusqu’alors inconnues. On a également trouvé dans une cave une inscription de 1793 en latin au nom de Léopold Fabert.
 Cette « Maison de Clodion » ou « Maison Demenge-Crémel » était fin 18ème la maison du ferrailleur Fabert, parent de Clodion, qui lui offrit l’asile lors de la Révolution. Les bas-reliefs ou trophées réalisés par Clodion sont en rapport avec la fabrication ou le travail du fer et le commerce. En 1912, on indique que les somptueux locaux du « Bon Marché » de Monsieur Demenge-Crémel seront libres. L’intérieur De la Maison Demenge-Cremel fut hélas complètement démolie pour y faire un cinéma.

Sur le saccage de la maison dite de Clodion du 22 rue Saint-Dizier
 La maison fut bâtie selon Prosper Morey par l’architecte Nicolas Grillot pour le compte de Fabert, artiste ferronnier nancéien et oncle de Clodion.
 La maison appartient encore en 1927 à M. Demenge-Cremel, négociant, qui habite Paris depuis 1917. Ella a été louée à cette date au directeur de l’hôtel Majestic puis à la société Est-Cinéma qui acquit le droit de transformer l’intérieur.
 L’architecte parisien et son assistant architecte nancéien démolirent très rapidement l’ensemble des boiseries et glaces et tout l’ensemble artistique intérieur très luxueux. Ne restaient que les murs mitoyens, tout ceci en contradiction avec le contrat de transformation signé avec Est-Cinéma. Il y avait en particulier une belle rampe d’escalier dont la qualité artistique était reconnue par Morey.
 M. Demenge eut droit à un dédommagement en actions, sans valeur hélas à cause d’une faillite de la société. Les entrepreneurs reprirent le fonds et le bail mais avec l’imposition, heureusement, de garder la façade avec les œuvres de Clodion.
 On se retrouvait ainsi dans le deuxième quart du 20ème siècle avec un intérieur totalement détruit occupé par un cinéma et une façade aux bas-reliefs, Amours riants et légers et génies du Commerce et du Feu, masqués par des affiches et panneaux lumineux.

Sur l’immeuble du 4 rue Saint-Jean
 En 1927, une forte campagne de presse avait permis d’obtenir le classement de l’Hôtel Ferrari, de l’Hôtel des Loups ainsi que des façades des maisons de Clodion de la rue Saint-Dizier et de la rue Saint-Jean. Cette dernière construite sur l’emplacement de l’ancienne église Saint-Roch était occupée par la Banque d’Alsace-Lorraine.
 Nous savons qu’au numéro 2 de la rue Saint-Jean, Lanternier avait construit un immeuble pour le compte de cette même banque ; l’immeuble « espèce de gratte-ciel de faux art moderne » étant mal considéré par les Nancéiens, tout fut fait pour ne pas démolir l’immeuble du 4 et doubler en quelque sorte le même type d’architecture. Le classement du 4 fut décidé le jour prévu pour les premiers coups de pioche puis l’année suivante en 1928 l’immeuble fut déclassé; les sculptures de façade de Claudion sont-elles au musée lorrain ? C’était prévu mais à vérifier.

Pour en savoir plus, l’ouvrage de référence, les Adam et Clodion










Façade actuelle du 22 rue Saint-Dizier : Amours et génies du Commerce et du Feu

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