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Sur la place Thiers à Nancy et sa statue




     Les deux belles gravures ci-dessous datent de 1879, année de l’inauguration de la statue
d’Adolphe Thiers à Nancy.

Celle du bas représente le bas-relief situé sur le piédestal de la statue de Thiers anciennement situé place Thiers à Nancy, place crée en 1859. Piédestal de l'architecte Bréassen en pierre du Jura.
Celle du haut représente la place Thiers en 1879 (Journal « L’Illustration »)
Bas-relief et statue ont été réalisés par Ernest Guilbert sculpteur (1848 - après 1913)
L’allégorie représente « L’Histoire écrivant la date de la libération du territoire »

Adolphe Thiers premier président de la troisième république est surtout connu par la répression qu’il exerça sur le peuple de Paris lors de l’insurrection de 1871.

La statue, haute de 3.40m, était posée sur un très imposant piédestal.
Payée par une souscription régionale (54, 55, 88, Ardennes), la statue de bronze, fondue par Dagrin et Casse Rue Debelleyme, Paris (fonderie Rolland), est inaugurée en très grande pompe par la veuve Thiers le 3 Août 1879, elle honorait le « Libérateur du territoire ».

Les mentions suivantes seraient apposées sur le piédestal :
- « C'est le président de la République, élu par l'Assemblée nationale, le 17 février 1871, chef du pouvoir exécutif que la ville de Nancy a voulu honorer »
et
- « République française »
« Les départements de Meurthe-et-Moselle, Meuse, Vosges et Ardennes ont érigé par souscription une statue à M. A. Thiers, le libérateur du territoire et le premier président de la République, sur la place Thiers, le 3 août 1879 à Nancy. MM. Jules Grévy, président de la République, Jules Ferry, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, Delmas, préfet de Meurthe et Moselle, Bernard, sénateur-maire de Nancy, ….adjoints. » (cf bulletin municipal)

Sur la place à l’époque :
Un entrepôt de déménagement et des écuries occupaient à l’époque de l’inauguration de la statue l’emplacement de l’immeuble de l’ex Est Républicain. Un café et son jardin, le Café du Débarcadère occupaient l’emplacement des Magasins Réunis / Le Printemps. On trouvait également une autre brasserie.

La statue fut « déboulonnée » lors de la restructuration de la place au début des années 1970. L’allégorie ornant sa base fut déposée au Musée Lorrain.

Un double de la statue fut érigé à Bône (Annaba) en Algérie où elle fut présente jusqu’en 1962, avant de rejoindre sans son piédestal Marseille puis Paris et enfin Saint-Savin (Vienne) sans plaire à qui que ce soit. Pour l'histoire de cette statue considérée à l'époque comme un Manneken-pis, on se reportera à cette page.
Conclusion, personne ne semble vouloir des statues d’Adolphe Thiers.

Il a été décidé en 2017 de modifier le nom de cette place et de lui attribuer le nom de Simone Veil.







Place Thiers en 1887 par Léon Voirin



La place Thiers en 1906 à l'occasion des fêtes organisées pour le roi du Cambodge      S.M Sisowath les 6-7-8 juillet.
Ici, la gare de Nancy. le 6 Juillet. le roi et sa suite arrivent de Paris par le train ....une foule immense l'ovationne. C* PHOTO H. BELLIENI. Imprimeries Réunies.

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Voir aussi quelques vues de la place en 2017, nouvelle configuration, bancs en acier inoxydable,...

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Le 17 Juillet 2018, inauguration de la place Simone Veil à la date anniversaire de la rafle du Vel'd'hiv. La dénomination "place Thiers" n'existe  plus à Nancy. Le nom de Simone Veil a été choisi, conformément « au nom des valeurs progressistes et humanistes de Nancy et au nom de son indéfectible attachement à l’Europe », comme l’indique la ville dans un communiqué.

La municipalité a également rappelé les origines lorraines de la famille de Simone Veil, native de Nice (Alpes-Maritimes) mais dont les origines remontent à Bionville-sur-Nied (Moselle).

 La ville de Nancy a rappelé les différents combats menés par « celle qui incarne la femme et la France de notre époque » :

"Évoquer le nom de Simone Veil, c’est évoquer la Shoah et le camp d’Auschwitz dont elle est rescapée, la dignité des femmes et la légalisation de l’avortement dont elle est l’héroïne, l’amitié des peuples dont elle fut militante toute sa vie, l’Europe dont elle fut députée et son parlement dont elle fut la première présidente. »

La nouvelle place Simone-Veil se trouve à quelques centaines de mètres de la place des Justes… dont le nom avait été dévoilé par l’ancienne ministre en septembre 2002.







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