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Origine du Rond-point Lepois à Nancy




   Rond-Point Lepois à Nancy

 Nous sommes en 1890 et Nancy, plus grande ville de l’Est, grandit encore. Ville frontière, refuge de Lorrains et Alsaciens, ville de garnison, ville de communication entre Nord et Midi et cœur de l’Europe, par fer, voies fluviales ou par terre, Nancy est devenue une très grande ville avec un commerce puissant, des enseignements diversifiés et des industries multiples dont la métallurgie.
 De nombreuses fortunes y sont établies, les besoins de confort et d’hygiène sont là et la spéculation immobilière se développe. L’industrie du bâtiment bat son plein, architectes, entrepreneurs et artistes s’expriment dans de nouveaux projets.

 A cette époque, M. Beaupré, archéologue, conseiller à la cour de Nancy, possède un très grand terrain entre les rues de Serre, de la Ravinelle, Lepois et le quai Claude Le Lorrain, de l’ordre de 4000 m2. A vendre depuis quelque 20 ans, il n’a jamais trouvé preneur car M. Beaupré avait tracé une impasse au milieu de ce terrain, sorte de cul-de-sac, configuration n’intéressant plus les constructeurs.
 Ce passage fut dénommé ruelle Beaupré puis passage Beaupré avant de devenir passage de Serre le 20 juin 1902 alors que le Rond-Point Beaupré devenait Rond-Point Lepois. Le passage de Serre est aujourd’hui le passage Sébastien Bottin.

En 1891, un architecte imagine un rond-point au milieu du terrain avec autour une douzaine de lots de 200 à 400 m2 avec un petit square circulaire au centre. Faute d’argent, l’auteur du projet qui avait sollicité l’architecte en resta là. L’architecte ayant eu cette idée de rond-point est Emile Jacquemin. Il ne sera pas retenu pour la réalisation ultérieure du projet.

 L’idée est reprise peu de temps après par des entrepreneurs séduits par l’idée de ce rond-point.
 Le diamètre du rond-point est ramené de 35m à 25m et l’octogone remplace le rond pour l’emplacement des hôtels.
 Alors que M. Beauprè double ses prix, le projet de dix hôtels particuliers par l’architecte Bourgon, dont deux réservés à M. Beauprè, est adopté. En 1893 six hôtels sont décidés pour M. Fournier, entrepreneur en maçonnerie, M. Cayotte, entrepreneur en plâtrerie, M. Blouet, entrepreneur en serrurerie, M. Balthazard entrepreneur en peinture et M. Beaupré. On parle de M. Jasson architecte de Nancy et M. Bourgon pour réaliser l’ensemble des projets.

 Les architectes dont les noms figurent sur les maisons sont Ferdinand Cézar (au 12, maison datée de 1894), Louis Lanternier (au 7, maison datée de 1895). Que signifie le B du 1 Rond-Point Lepois ? Peut-être Beaupré. Que signifie le L du 14 Rond-Point Lepois ? Peut-être Lévy, juge de paix y ayant habité ou un autre Lévy, Raphaël y ayant également habité. A préciser.

 On profitera de la ballade pour voir la maison plus ancienne faisant le coin de la rue Lepois (2) datée de 1881, architecte Genay et sculpteur Renaux.

(1) Sébastien Bottin est un administrateur et statisticien français, né le 17 décembre 1764 à Grimonviller, mort le 28 mars 1853 à Paris. Il a donné son nom à un annuaire du commerce et de l'industrie.
(2) rue ouverte en 1876 et portant le nom du célèbre médecin nancéien Charles Lepois né en 1563 et issu d’une famille de praticiens. Il a publié un cours de médecine en 1618. Un médaillon de Lepois est sculpté est au palais de l’académie.






Mais quelle entreprise a fabriqué ces beaux candélabres en fonte?

 Il s'agit de la Fonderie GHM (Générale Hydraulique et Mécanique) (*) à Sommevoire en Haute-Marne. Autrefois fonderie Durenne, là étaient coulées un grand nombre de statues expédiées dans de nombreux pays. Aujourd'hui en 2017, GHM fabrique essentiellement du mobilier urbain et reçoit des commandes pour des statues, des fontaines telles les fontaines Wallace à Paris et ailleurs. Dans cette usine, travaillent environ 400 employés.
 Mode de fabrication du lampadaire :
Voir ICI

 (*)
Antoine Durenne meurt en 1895, le site de Sommevoire est exploité par la société anonyme des établissements A. Durenne (avec l'usine de Wassy). En 1931, la société rachète l'usine du Val d'Osne. Après la fusion en 1971 avec la Société Générale de Centrifugation, l'entreprise prend le nom de Générale d'Hydraulique et de Mécanique (G.H.M.)



Quelques vues des maisons autour du rond-point Lepois


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