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Ferronneries de Jean Lamour du côté de la Place d’Alliance à Nancy



Chacun connait les belles ferronneries de 1755 de Jean Lamour sur la Place Stanislas avec grilles, lanternes, coqs, candélabres mais aussi celles des balcons du premier étage de l’hôtel- de- ville avec les armoiries de Stanislas et le cordon de Saint-Michel, les deux aigles et la couronne royale sur le grand balcon central. On retrouve aussi les œuvres de Jean Lamour à l’intérieur l’hôtel-de-ville et du musée des Beaux-Arts avec les magnifiques rampes d’escaliers.
Les grilles de la Carrière, les rampes des escaliers du Palais du Gouvernement et de l’ancienne d’habitation d’Emmanuel Héré sont également admirables.
On retrouve également dans la ville Neuve de nombreux exemples de grilles situées au-dessus de portes.

Sait-on enfin que rue Girardet au 2 bis on retrouve un magnifique exemple de rampe réalisée par Jean Lamour (repère H du plan).
Le terrain où se trouvent la Place d’Alliance et les bâtiments était domaine public et faisait partie du potager royal. Il fut cédé gratuitement par Stanislas à divers particuliers, à charge par eux d'y élever des demeures suivant un plan imposé.
Les terrains furent donnés en général à des architectes ou à des entrepreneurs qui y élevèrent des maisons dans l'intention de les vendre dès que possible ; ce fut pour eux une spéculation. Quelques-uns furent cédés à des maîtres d'hôtel ou à des valets de chambre de Stanislas. Les accepter, c'était faire sa cour à Stanislas. Ces présents étaient redoutés car cause d’importants frais de construction. Quelques noms de personnages ayant construit les bâtiments de la Place d’Alliance sont indiqués ci-après :

A : Emmanuel Héré, architecte du roi. Ce bâtiment devint plus tard l’hôtel du marquis d’Alsace, nom sous lequel ce bâtiment est connu. Il fut incendié le 17 octobre 1782.
a, b , c, B, C : Emmanuel Héré;
G : Joseph Mulot, architecte;
D (au Nord) : Adolphe-Nicolas Lorin, directeur des fermes; l’immeuble devint un temps la succursale de la banque de France;
E : Claude Mique, surnommé « la Douceur », architecte et entrepreneur;
F : Baligand, ingénieur;
G : Léopold Roxin, peintre du Roi (rue Girardet au 2);
I : Jean-Baptiste Suster, idem;
K: Mathias Salcenski premier valet de chambre, Boyard (L), maître d'hôtel, André Chencau (M), Alexandre d'Adhémar,comte de Marsanne (N)
O : sieur Hocquet
P : sieur Gentillâtre

En H : Denis Albert, valet de chambre de Stanislas construisit cet immeuble (au 2 bis de la rue Girardet), immeuble qui fut revendu avec l’immeuble du 2 (repère G) à Monseigneur Drouas (Claude Drouas de Boussey (1)), évêque de Toul. Ce dernier fut incité à l’acheter par Stanislas : « Nancy, lui disait-il, vous connaîtra mieux et vous estimera davantage; beaucoup d'affaires semblent y exiger votre présence et vous avez besoin de ménager mon parlement » Le prélat se laissa tenter ; il y fut installé en pompe par le roi et par l'Hôtel-de-Ville et il venait y passer de temps en temps deux ou trois semaines. La rue Girardet s’appela ainsi un temps la rue de l’Evêque.
A sa mort de l’évêque en 1773, son frère la vendit aux fermiers du Domaine en 1777, enfin le bâtiment fut revendu en 1788 à un particulier.

  1. : http://www.etudes-touloises.fr/archives/25/art2.pdf (
à MamLéa

 pour cette référence)
Distribution des terrains sur la place d’Alliance (appelée primitivement Place Saint-Stanislas)
et les belles rampes de Jean Lamour dans l’immeuble correspondant au repère H du plan. (rue Girardet, 2 bis)
’Hôtel Héré rue Girardet à Nancy.
Sur les origines de l'Hôtel Héré


Mascaron au-dessus de la porte d'entrée de l'Hôtel Héré


La place d'Alliance et les rues avoisinantes sont un lien souhaité par Stanislas entre la ville médiévale et la ville de Charles III. Stanislas ayant voulu étendre la ville vers l’est et réaliser un quartier résidentiel en respectant un bel ordonnancement homogène sur le plan architectural.

Nous sommes à l’emplacement du potager royal cédé gratuitement par Stanislas à diverses personnes, architectes, entrepreneurs, serviteurs de Stanislas, don confirmé d’ailleurs pas Louis XV, à charge pour elles de construire des demeures suivant un plan imposé. Les frais des façades ont été payés par Stanislas. Certains éprouvèrent des difficultés à payer ces constructions mais tous y voyait un moyen de s’enrichir à la revente du bien.

La carte pécédente indique le plan des concessions des terrains voulus par Stanislas

  On connait le grand hôtel construit place d’Alliance par Héré (8 place d’Alliance, repère A de la carte), vendu dès la réalisation faite à M. de Marainville avant de devenir propriété du comte d’Alsace d’où son nom hôtel d’Alsace. Cet hôtel et les deux maisons mitoyennes brulèrent le 17 octobre 1782. Jardin (c du plan) et écuries (a et b du plan) avaient été également attribués à Héré. En 1757, le jardin a été rétrocédé à Stanislas et en échange celui-ci assura les frais de construction du pavillon dit Pavillon Héré à l’extrémité de la place de la Carrière.
Le terrain (C) a également été attribué à Héré et l’hôtel construit servit un temps d’habitation à celui-ci avant qu’il ne s’installe sur la place de la Carrière. Le terrain B fut attribué à l’architecte Joseph Mutlot.

Les terrains G, H, I furent attribués respectivement à Léopold Roxin, peintre du roi, Denis Albert et Jean-Baptiste Süster, premiers valets de chambre de Stanislas qui construisirent des hôtels. Ils étaient construits en 1761. Monseigneur Drouas, évêque de Toul acheta les hôtels des 2 et 2 bis de la rue Girardet (lots G et H) d’où le nom attribué un moment à cette rue, rue de l’Evêque.

Le reste des terrains correspondant à notre rue Girardet fut vendu à des dates diverses, le lot K qui nous intéresse (6 rue Girardet) fut cédé à Mathias Salcenski, premier valet de chambre (concession du 7 mai 1753) et Lapierre, qui fut substitué à Salcenski, fit construire l’hôtel actuel par Emmanuel Héré, hôtel que nous connaissons sous le nom d’Hôtel Héré. On y trouve aujourd’hui l’évêché. On indique dans la littérature que cet hôtel du 6 rue Girardet fut « la vraie maison d’Héré » sans plus de précision de date.
6 rue Girardet, 8 place d’Alliance (hôtel de Marainville ou d’Alsace), maison voisine de l’Hôtel d’Alsace (lot C), Pavillon Héré place de la Carrière, autant de lieux où aurait habité E. Héré. Nous ne savons précisément à quelle date telle ou telle demeure a été utilisée par notre célèbre architecte.