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Autour du premier café de Nancy


architecte (1728-1794)
En 1713, il est nommé premier géographe et ingénieur.

Autour du premier café de Nancy sous forme d'énigme

L'énigme:
En ce lieu de Nancy Liberté et Justice pour anecdotes mais aussi une place de premier dans l’histoire de la ville.




 Place Stanislas : les basses faces et son café au coin de la rue Héré.

- Les basses faces en décembre 2013 et le tableau dit « de Pange » représentant la Place Stanislas vers 1760.
- Visage de la statue de la Liberté d’Auguste Bartholdi offerte par la France aux Etats-Unis et placée ensuite sur Bedloe’s Island à l'entrée du port de New York (1886) ;
- La méridienne au coin de la rue Héré et de la place Stanislas.

Basses faces
En face de l’hôtel de ville, les deux pavillons appelés basses faces (1) ou trottoirs (2)

(1) Ces pavillons ont été construits par Claude Mique et Claude-Thomas Gentillâtre ; pour des raisons militaires, ils sont moins hauts que les autres pavillons. Les arcades sont ornées de refends et stylobate, de balustrades avec groupes d’enfants, de pots à feux, …Stanislas aurait dépensé quelque 140000 livres pour leur construction.
(2) devant les pavillons furent construits par arrêté de 1760 des zones en pierre permettant la promenade ; la pierre fut remplacée par l’asphalte en 1840.

Par lettre patente datée de 1753, Stanislas accorde la concession de ces bâtiments à la fois aux anciens propriétaires des terrains correspondants et aussi à des relations, soit quelque 26 personnes, moyennant un loyer annuel de 40 à 90 livres qui sera payé jusqu’à la Révolution, époque à laquelle les occupants purent alors acheter leurs habitations. On imagine l’étroitesse des logements au départ, le partage des portes et fenêtres, compte-tenu de ce nombre élevé d’habitants sur une aussi petite surface.
On citera en particulier un concessionnaire, Pierre Masson, premier cafetier de Nancy, qui obtient une concession à son nom et à ceux de Choumy et Breton. Il leur est attribué les lots faisant angle sur la Place et retour sur la rue du Passage     (rue Héré), côté fontaine de Neptune.

C’est donc dans ce lieu qu’on trouve le premier café (établissement) de Nancy.

Le café (boisson) venu du Moyen-Orient apparait en Europe au début 17ème siècle (Venise) et ensuite en Autriche et en France vers la moitié du 17ème. Marseille, Paris puis Lyon, Dijon, Rouen,… créent des établissements où l’on consomme cette boisson. Comme repère de date, le Procope, célèbre et luxueux café parisien qui sera fréquenté par les intellectuels, écrivains et révolutionnaires, date de 1677.

Comme lieux de rencontre, de restauration, et de socialisation, on trouvait à Nancy, outre les tavernes ou restaurants, des établissements de jeux, des « billards » (Place Carrière, Place de l’Esplanade). Le premier café apparait en 1755 à l’angle de la Place Royale (Place Stanislas) et de la Rue du Passage (rue Héré). D'autres références donnent la date de 1734. Le gérant M. Masson vendait café et journaux. Après Masson et sa veuve, on retrouve en 1765 un certain Jean François Gérard de Grandville peut-être l’oncle du caricaturiste puis cinq ou six autres personnages (Henri, la veuve Meinier, Derancourt, Richaume) jusqu’aux célèbres Baudot (jusqu’en 1893) et l’alsacien Julien Walter. Dans le temps, l’établissement change de nom, et aussi de périmètre, d’abord café Royal, puis café du Peuple, puis café Impérial, puis encore café Royal, puis café Stanislas en 1831….jusqu’au Jean Lamour de nos jours.




 Vers 1900, le très renommé restaurant Walter et le café Stanislas



Nous ne pouvons oublier de citer deux autres établissements présents à Nancy avant la Révolution juste après l’implantation du Café Royal : l’un le café de Strasbourg, 53 rue des Dominicains transféré ensuite au 55 (Maison Adam), l’autre rue du Pont- Mouja.
Rapidement, d’autres établissements sont créés (au Théâtre de la Comédie où à l’entrée de la nouvelle Pépinière (café de la Terrasse),…. Les cafés proprement dits restèrent peu nombreux dans les faubourgs de Nancy ; le café breuvage se prenait dans les auberges. Aux Trois-Maisons, les cafés cités dans la littérature sont crées à partir de 1830 : café de Metz, rue de Metz vers Saint-Fiacre, un autre rue de Metz toujours près de la rue de Boudonville, un autre le café de la Croix, un autre angle de la rue du Ruisseau et de la rue du Faubourg des Trois-Maisons, le café du Jet d’eau, le café de l’Agriculture, le café  du Centre.
Au contraire, en Ville Neuve et en Ville Vieille, les cafés se développent beaucoup entre 1766 et la Révolution. En parallèle, le nombre de billards progresse également. Les cafés étaient très surveillés sur le plan du jeu comme l’indique une ordonnance de 1769 qui interdit tout jeu de cartes, dés, trictrac, roulette…sous peine d’amende et suppression d’enseigne.

Voisinant libraires et imprimeurs établis dans ces Basses Faces, nous devons citer l’emplacement du 24 ou 26 de la rue Héré, lieu où se trouvait le restaurant du célèbre Christophe Alnot, né à Nancy en 1778, cuisinier du roi de Prusse et chez qui chaque visiteur séjournant à Nancy se devait d’aller. Il était le fils d’Augustin Alnot, chef de la corporation des cuisiniers en 1789 (3) et chef de cuisine de Stanislas. Il est également connu comme peintre, restaurateur de tableaux et surtout comme conservateur du Musée de Nancy de 1840 à 1848, succédant à Dominique Claudot. En l'an IV, il demeurait chez son père, dans la rue du Passage (rue Héré).
Au début 19ème siècle, d’autres noms de cafés furent célèbres comme le café Clérin, le café Baudot, le « Petit Dunkerque » et ses huîtres, le café de la Terrasse,…

(3) La Révolution joue un rôle déterminant dans l'expansion de la cuisine française, dans la mesure où elle abolit les corporations. Ainsi, à partir de 1789, tout chef peut désormais produire et vendre ce qu'il désire comme préparation alimentaire. Jusque là, les marchés étaient organisés en corporations dirigés par l’administration et la Royauté afin d’empêcher les artisans d’une corporation de s’approprier ce qui appartenait à une autre corporation. Dans certains cas cependant la frontière était équivoque et posait problème comme dans le cas des rôtisseurs et charcutiers ou certains produits pouvaient concerner d’autres corporations.

Liberté

Personne ne connait le nom de la personne qui se cache derrière le visage de la statue de la « Liberté éclairant le monde ». Parmi les trois ou quatre hypothèses, l’une est que ce visage serait celui de la femme de Frédéric-Auguste Bartholdi, Jeanne-Emilie Baheux, croisée à l’occasion du mariage d’un ami du sculpteur à la sortie du café Walter. Bartholdi sortant du café a un coup de foudre pour cette modiste de la rue d’Amerval. Ils se retrouvent quelques années après aux Etats-Unis où la jeune femme s’est installée et ils ne se quittent plus.
Et si cette hypothèse liée au café de l’énigme n’est pas la bonne, on peut choisir l’autre hypothèse, le visage de Sarah, New-Yorkaise qui fut la seconde femme d’Adolphe Salmon, ami de Bartholdi, émigré lorrain originaire de Donnelay village au Sud de Dieuze. « Grave, grande, moderne, lumineuse… et américaine ! Voilà comment Bartholdi voyait Sarah.



Pub 1924


  Justice

C'est à l'angle de ce Café qu'est placé un cadran solaire réalisé par l'Abbé de Barenger, Professeur de Théologie en l'Université ; ce cadran permettait à chacun de régler sa montre.
Au haut de ce cadran on trouvait cette inscription:

Tempora partitur, Lodaix felicia reddil:
« Il divise le temps et le roi nous rend le bonheur »


et au signe de la Balance, cette autre inscription:
Sol libram Unquit, libram sol asserit Urbis.

Pour signifier qu'au mois d'octobre où le soleil a quitté le signe de la Balance, le Roi, comme le soleil de la France, en assurant son Parlement à la ville de Nancy, par son Edit de 1771, lui rend la Balance de Thémis, "renforce la balance de la ville". Nancy est confirmée dans sa cour judiciaire.
L'édit du 10 octobre 1771 en effet supprime le parlement de Metz crée en 1633 par Louis XIII et intègre son ressort à la cour souveraine de Nancy créée en 1768. Le personnel de la Cour de Nancy était doublé ce qui remplit de joie les Nancéiens.
Le parlement sera rétabli à Metz en 1775 avec ses précédentes juridictions alors que la Cour Souveraine est transformée en parlement. En 1789, tous les parlements de France sont supprimés.
En 1840, à la place de ce cadran dessiné sur le mur, un ingénieur de Lunéville, nommé Jandel place une méridienne dessinée sur une planche de bois.