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La Croix Gagnée


architecte (1728-1794)
En 1713, il est nommé premier géographe et ingénieur.

La Croix-Gagnée

Il n’y a plus de vignes à ma connaissance parmi les maisons de campagne de ce coin de Nancy où l’on trouve cet édifice du petit patrimoine avec fût de colonne, chapiteau portant un aigle (voir photo), un bandeau avec la mention S. Johannes et un petit calvaire.

On remarque le Christ exprimant tristesse et pitié, la Vierge à gauche, Saint-Jean debout à droite, Sainte-Madeleine à genoux, tous plongés dans la douleur. Sur le côté, on trouve une femme, Sainte- Barbe, portant une palme d’une main ; c’est la patronne des artilleurs, profession exercée par Didier Fossier (voir ci-après). De l’autre côté, Saint Jacques le Majeur avec le bourdon du pèlerin et un livre. L’aigle symbolise l’évangéliste Jean ; on retrouve l’ange (Saint-Mathieu) le lion de Saint-Marc, le bœuf de Saint-Luc dans le demi-cercle de pierre au-dessus de la croix, tout cela peu visible.
La charpente de bois protégeant l’ensemble date d’une autre époque.




D’où vient cette dénomination Croix- Gagnée ?
 Les vers suivants en écriture gothique se trouvaient reproduits au milieu du 19ème siècle, date d’une restauration,  sur une plaque au niveau de la colonne :


Passans, voyez ce sainct signe admirable
 Où Christ souffrit passion merveillable,
 Cruelle mort, cloué par piedz et mains,
 Pour rachapler et saulver les humains ;
 Et pour donner à dévotion lustre
 En ce dict lieu, très puissant, très illustre,
 Très révérend Père en Dieu Cardinal
 De Honufrien, nommé en général
 Très vertueux Cardinal de Lorraine,
 A relaxé cent jours d'endurée peine
 En purgatoire, à ceulx qui passeront
 Par cy-devant, et humblement diront
 Le Pate Noste et l’ Ave Maria.
 Se sont cent jours de pardon qu'il y a.
 Signé DIDIÉ LE GAMNIÉ.

C'est lors d'une restauration en 1842 (par M. MOTAIT) qu'une plaque en tôle à été posée avec la traduction du texte qui était auparavant écrit en gothique

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  DIDIÉ LE GAMNIÉ est connu.
 Il fabriquait des armes, des gaines pour sabres et poignards ; profession gantier ou gainier, c’était Didier le Gainier. Gaimnié est une transformation erronée de Gainnié, le premier n étant là pour donner un son guttural à la première syllabe (c’était Didier le Gaigné ou Gaignier). C’est lui qui a fait élever ce petit monument.

 On indique parfois que cette construction célèbre la victoire du duc Antoine sur les Rustauds, avec la signification Croix Gagnée. Le lien avec cette victoire n’est aucunement établi ; pourquoi pas ?


Qui était ce Didier Fossier, Didier le Gaignier, constructeur de la croix ?

  Il a été au service de René II et du Duc Antoine. Il a accompagné René II, à la fois lors de ses déplacements en Italie et pendant la guerre contre Charles le Téméraire ce qui l’a conduit à appartenir à la corporation des maréchaux de Nancy. Il fabrique maints objets en cuir et obtient vers 1510 contre services futurs au Duc un terrain près de la fontaine de Boudonville ; il y construit un moulin avec meule pour repasser toutes sorte de fers.

  S’étant enrichi, il construit vers 1525 une croix qui sera un lieu de pèlerinage des Nancéiens probablement sans rapport avec la bataille contre les Rustauds. On indique que le premier cardinal de Lorraine, le cardinal de Honufrien, Jean fils de René II, s’intéressa à cette croix afin de contrer le protestantisme grandissant:  cent jours de purgatoire étaient supprimés à ceux qui prieraient devant cette croix.

 Une restauration du monument eut lieu en 1898.


 - Diverses cartes de Nancy du 18ème et 19ème siècle indiquent clairement la Croix-Gagnée (Cassini - ci-dessous , Naudin (chapelle indiquée) ou autres (Christophe 1850 ci-dessous))
- On sait  que la Maison de Clodion de la rue Saint-Dizier a été construite par l’architecte Grillot, ami de la famille. Nicolas Grillot possédait une maison à Boudonvile près de la Croix- Gagnée. Cette propriété s’appelait Calaine et selon Lionnois, ce nom s’explique par le fait que le chemin qui permet d’y accéder « cale », est en forte pente jusqu’au ruisseau de Boudonville qui alimente le moulin.


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Vendredi saint du côté de la Croix gagnée,
 croix érigée vers 1525 en mémoire des victoires remportées par le duc Antoine sur les Protestants


 Fin 19ème siècle, la Société d'archéologie lorraine de Nancy a ouvert une souscription," dont le but est de protéger contre des mutilations incessantes un curieux petit monument érigé, au commencement du XVIe siècle, par Didier Fossier dit le Gamnié, sur la colline qui domine le ravin de Boudonville, à Nancy : la Croix-Gagnée. C'est un massif de pierre, surmonté d'un fût de colonne supportant un chapiteau et une crucifixion à six personnages. Une lame de bronze porte, en caractères gothiques, une inscription commémorative de la fondation de cette croix, qui est encore le but d'un pèlerinage fréquenté, le jour du Vendredi-Saint. Le montant des souscriptions sera affecté à la restauration — sobre — de la Croix-Gagnée," avec réfection de l'auvent, pose d'une grille autour de ce monument et rénovation des deux plaques gravées. (texte de 1900 donc à quelques années de la date de l'illustration ci-dessous).



Illustration du pèlerinage de la Croix-Gagnée le vendredi saint au début du 20ème siècle par André Dupuis. 1903, après pose de la grille.

 Le Vendredi Saint, les pélerins y venaient pour essayer de gagner des indulgences. C'était aussi un lieu de pèlerinage pour les demoiselles en âge de se marier.




La toiture plus tardive que le calvaire.


Les personnages



Détail



On remarque bien le Christ exprimant tristesse et pitié.
 On retrouve l’ange (Saint-Mathieu) mais le lion de Saint-Marc et le bœuf de Saint-Luc dans le demi-cercle de pierre au-dessus de la croix sont peu visibles et mériteraient une restauration avant de disparaître complètement.




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