Ville- Vieille

voir aussi les cartes/ plans de Nancy depuis 1611

ainsi que la Porte de la Craffe, la porte de la citadelle et les fortifications

et La Ville Révélée: animation 3D de Nancy à la Renaissance 

grande rue
Grande rue
palais ducal
Palais Ducal
Haussonville
Haussonville
Palais ducal
Palais ducal
Hôtel des Loups
Hôtel des Loups
palais ducal
Palais Ducal
porte de la Craffe
La Craffe
Haussonville
'Haussonville
Rogéville
Hôtel de Rogéville
Craffe
Porte de la Craffe
grande rue
Chastenoy
Saint Epvre
Place Saint Epvre

Au moyen-âge, le prince concentre tous les pouvoirs. Ainsi, pour se rapprocher du Duc de Lorraine, les nobles édifient des demeures à Nancy, capitale ducale. Nancy devient capitale Lorraine au milieu du XIVème siècle mais c'est surtout au XVème que de nombreux hôtels sont construits, dans un style gothique. Une période difficile de guerres avec le comte de Vaudémont soutenu par les Bourguignons s'achève en 1431 par la bataille de Bulgnéville, qui anéantit la noblesse lorraine. Après de nouvelles batailles, il faut attendre 1477 (bataille de Nancy) pour que la noblesse et le Duc René II retrouvent leur ascendant. Des demeures de style renaissance sont alors construites.

L'âge d'or de la Lorraine et de Nancy se situe surtout au XVIème et au début du XVIIème siècle ( règnes du Duc Antoine (1508-1544), de Charles III (1545- 1608), et de Henri VIII (1608-1624)).

L'autre grande période pour la construction d'hôtels nobles se situera plus tard sous le règne du Duc Léopold et ensuite sous le règne de Stanislas Leszciynski au XVIIIème.

On trouvera principalement les hôtels nobles édifiés sous le règne de Charles II entre la Grande Rue, la Place Saint-Epvre, la rue d'Amerval, la rue de la Monnaie,la rue Callot.
Les hôtels construits sous le règne de René II sont rue Saint- Michel et rue du Haut Bourgeois.

Les hôtels nobles de la Renaissance XVIème et XVIIème sont situés Grande Rue, rue de la Source, rue Trouillet, comme les hôtels d'Haussonville de Lillebonne, de Chastenoy, de Lunati-Visconti, de Rogéville....

Le musée lorrain
René II et ses descendants Antoine, François II, Charles III font reconstruire et modifient le château ducal très endommagé par les guerres bourguignonnes; l'ensemble gothique et renaissance du château est éprouvé par les guerres de Trente Ans et les occupations des armées françaises. Des transformations sont engagées par Léopold lorsqu'il revient dans ses états en 1698 mais aussi bien Léopold que Stanislas délaissent le palais ducal. La Porterie est gravement endommagée à la Révolution. Officiers et gendarmes occupent les lieux aux 18ème et 19ème; on trouve alors écuries et grenier à foin.
La Porterie est intéressante par le mélange de styles ogival et Renaissance; la statue du duc Antoine, détruite à la Révolution a été remplacée en 1851 par une autre de Jiorné Viard. La disposition générale Renaissance est inspirée de celle de Blois: glorification du prince règnant et ornements décoratifs; des éléments gothiques subsistent. Quelques balcons en encorbellement et fenêtres rompent la monotonie d'une façade sobre.

L'église des Cordeliers, commencée en 1482 fut bénite en 1487. Elle fut bâtie par René II avec le couvent voisin, en remerciement de sa victoire sur Charles le Téméraire. Elle est de style gothique flamboyant mais Léopold a modifié sa voûte.

Hôtel d'Haussonville
Famille apparaissant dès le 13ème siècle; différents seigneurs sont connus au 15 et 16ème siècles, dont Jean III d'Haussonville, chevalier, seigneur d'Essey, bailli de l'évêché de Metz, personnage riche et influent de Nancy.
L'hôtel a été construit de 1528 à 1543 et restructuré dans la seconde moitié du 16ème. Beau corps de logis en équerre, entourant une cour avec une belle fontaine, escalier en vis, galeie extérieure, porte sculptée en trompe- l'oeil; une très belle balustrade se développe dans un style gothique flamboyant; une sculpture de la première partie du 17ème de Neptune, dieu de la mer, dans la cour.

Hôtel d'Haussonville, hôtel Renaissance avec sa fontaine Neptune et une jolie porte


Place de l'Arsenal
C'est une des plus anciennes de Nancy puisque le prieuré Notre-Dame s'y trouvait dès le 11ème siècle (*); signalons que le portail de ce prieuré a été transporté au château de Rémicourt à Villers les Nancy.

(*) Thierry, fils de Gérard d'Alsace crée le prieuré Notre-Dame vers 1080

En attendant la majorité de son fils Charles III alors âgé de deux ans, le duché de Lorraine est placé sous la co- régence de sa mère Christine de Danemark (de 1545 à 1552) et de Nicolas de Vaudémont, frère du défunt duc François 1er,  de 1552 à 1559; la duchesse est la nièce de l’empereur Charles- Quint, ceci expliquant qu’elle est favorable à sa politique alors que Nicolas de Vaudémont est favorable à François 1er roi de France. Le conflit étant prévisible entre France et Saint-Empire, les régents s’y préparent :

  1. Créations de bastions en Vieille- Ville (de Danemark et de Vaudémont) ;
  2. Reconstruction de l’Arsenal en 1550-1552 qui s’appelait jusqu’alors l’artillerie ;
  3. Intégration de la Carrière à l’intérieur des remparts.


Armes pleines de la maison de Lorraine et aigle aux ailes éployées comme cimier ont disparus depuis 1792 d’une des deux portes de l'arsenal; la corniche est surmontée d’une cotte de mailles avec présence d’une tête de Méduse et d’un écu où subsistent en partie les attributs de Mercure. Le masque de Méduse vise à conjurer le mauvais sort. A la seconde porte on remarque deux pilastres doriques simples et deux personnages ; les cartouches contenaient les armes de Lorraine et du Danemark.

L’arsenal, fierté de la cité ducale, servait à la fabrication, à la réparation et à l’entretien des armes ; on y trouvait forges, fonderies et moulins à poudre et était renommé dans toute l’Europe. Les frères Chaligny y furent de célèbres fondeurs ; on connait de Jean Chaligny la grande couleuvrine (canon) arme remarquable gravé aux armes de la Lorraine et d’un portrait de Charles III ; deux autres couleuvrines plus petites furent également réalisées par Jean de Chaligny. La couleuvrine dite " de Nancy", longue de 6.30m et le cheval du groupe équestre représentant Charles III sont deux des productions les plus connues de cet arsenal.
L’inventaire de l’Arsenal  au 1er août 1624 donne une idée de l’importance de ces ateliers.           

Cette formidable artillerie ne put cependant arrêter l’occupation des troupes françaises en 1633 ; les armes furent même utilisées contre les Lorrains (château de la Mothe). Sous Louis XIV toutes les armes, couleuvrines (dont la « grande couleuvrine » en 1670),… furent remises à la France ; ce fut la fin de l’arsenal.
Une salle de culte fut installée en 1739 pour un régiment suisse puis l’Arsenal devint un magasin en 1776 avant, en 1793, de servir de munitionnaire et de manutention  de vivres pour les troupes.
L’Ecole Saint- Jean- Baptiste de la Salle occupe aujourd’hui les lieux.

Portes et trophées militaires subsistent.

aux portes de l'arsenal

Hôtel de Rogéville
Date de construction: vers 1550.
Au 18ème siècle, l'hôtel passe aux Rogéville dont un représentant est conseiller à la cour souveraine.
Porte du 16ème
; Voir la photo en galerie et dans le quizz.

Hôtel de Chastenoy
Bâtisse élevée au 16ème siècle pour François de Chastenoy, écuyer, conseiller d'état, auditeur des comptes du duché et conseiller du conseil privé de son altesse. Nommé en 1575 contrôleur des fortifications et trésorier extraordinaire des guerres en 1580, il meurt en 1605.
La porte de rue de l'hôtel présente une belle sculpture renaissance; elle est flanquée de deux pilastres surmontés de consoles à têtes de lion. Un mascaron couronne la porte tandis que les écoinçons sont ornés de rinceaux. Au dessus de l'entablement, il y avait autrefois les armes de François de Chastenoy et de Marie. Voir photo en galerie et dans le quizz.

Hôtel de Chastenoy, 92 Grande-Rue

 

Rue Saint- Michel; rue de la Source; rue du Cheval Blanc
Très belles maisons anciennes; la rue de la Source évoque le ruisseau de Boudonville qui nettoyait le centre de la ville. Voir l'hôtel de Lillebonne aux fenêtres à meneaux et son escalier au plafond sculpté (17ème). Voir photos ci-dessous dans le quizz.

 

La maison des deux sirènes ou Hôtel Bornet, rue Saint-Michel / rue Saint-Epvre.
Bas relief des deux tritons et fenêtres cintrées

Maison des deux sirènes:

La Lorraine est envahie par la France depuis septembre 1633 après le soutien de Charles IV, frère de Nicolas François, aux opposants de Richelieu en particulier en autorisant le mariage de leur sœur avec Gaston d’Orléans, héritier du roi Louis XIII.

Fils de François II, Nicolas François de Vaudémont, cardinal et évêque de Toul devient duc de Lorraine en 1634 et renonce à ses vœux pour épouser sa cousine Claude de Lorraine, fille de Henri II. La France n’accepte pas ce mariage et met duc et duchesse en résidence surveillée mais Claude et Nicolas François parviennent à s’échapper du Palais ducal avant de se réfugier en Franche-Comté, terre espagnole. Avant de réussir à franchir la porte de la Craffe, ils trouvent refuge la nuit dans la maison dite « des deux sirènes » appartenant à Sieur Bornet, aidés en cela par M. de Beaulieu gentilhomme lorrain ; sieur Bornet était premier gentilhomme de son altesse et témoin de mariage des duc et duchesse, mariage célébré par le curé de Saint-Epvre.


Hôtels nobles de la Renaissance
sous forme de quiz

18
Portes d’entrée des hôtels nobles Renaissance de:
 de Chastenoy(a), Courcol (b)ou Chuppin (c)
question 2- Chassez l’intrus !


18
Hôtel construit vers 1550 pour Jean Humbert, « ambassadeur » du Duc Charles III en Autriche, habité jusqu’au 18ème par la même famille.
Balustres Renaissance, consoles sculptées de masques de femme


18
(suite) Aujourd’hui occupé par «  le petit théâtre de Nancy » et ses 33 places
question 3-S’agit-il de l’hôtel de Rogéville (a), de l’hôtel de Lignéville (b), de l’hôtel Lunati Visconti (*)(c) ?

(*) Grande-Rue: Petit hôtel de Lunati-Visconti, une porte à fronton semi-circulaire du XVIème / XVIIème siècle et au 2 rue de Guise, une porte monumentale, vestige de l'ancien hôtel Lunati-Visconti chambellan du Duc Léopold. La superbe façade de l’Hôtel Lunati-Visconti de la rue de Guise orne le château de Renémont de Jules Gouy, devenu maintenant le bâtiment des Compagnons du Devoir.



18
Hôtel d’Haussonville construit pour Jean III d’Haussonville sénéchal de Lorraine
vers 1540
Balustres de style gothique flamboyant et renaissance, fontaine de Neptune, fenêtres à meneaux, décor renaissance ( coquille Saint-Jacques), belle toiture,…
question 4- Situé rue Roboam (a), Point du Jour (b), Trouillet (c), de la Boucherie (d)? Chassez l’intrus !


18
Hôtel de Lignéville pour Ferry de Lignéville dernier bailli lorrain; vers 1630
Belle façade de style louis XIII avec chaînages d’angle et chaînage en harpe d’encadrement  des fenêtres; belle porte d’entrée; 3ème en attique

18

Portes d’hôtels nobles rue de la Boudière ( Grande-Rue)
mais d’où vient ce nom ?
question 5- D’un argentier du duc (a), du ruisseau de Boudonville (b), d’une corporation d’artisans (c)?

18
Maison à tourelle au coin de la rue Callot ( Jacques Callot y serait né en 1592 selon la tradition) et de la rue Saint-Antoine ( puis du Duc- Antoine) qui doit son nom à une statue de ce Saint.
Le grand-père de Jacques Callot, Claude, archer, habitait bien dans cette rue de la Boudière en 1572;
question 6- son père  Jean était-il archer,(a) héraut d’armes des Ducs  (b), orfèvre (c)?

18
Bâti au 16ème siècle pour l’écuyer du duc, conseiller d’état, auditeur des Comptes, contrôleur des fortifications,  trésorier des guerres. Belle sculpture renaissance à la porte, pilastres cannelés, écoinçons ornés de rinceaux,…
question 7 - Est-ce  l’hôtel du Marquis de Ville (a), l’hôtel  de Brémoncourt ou d’Olonne  (b) ou l’hôtel de François de Chastenoy (c)


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Le duc de Lorraine Nicolas-François, cardinal- évêque de Toul, et sa femme Claude, fille du duc Henri II se refugièrent dans cette maison le 31 mars 1634 avant de s’échapper de Nancy
Ancien Hôtel Bouvet ou Maison des deux sirènes: décor renaissance fin 16ème, tritons, porte d’entrée à tête d’indien, entrelacs de l’escalier
question 9- Situé rue du Four-sacré (a), rue Saint-Michel (b), rue Saint-Epvre (c), rue Nachon (d): chassez l’intrus !


18
Ancienne maison des étuves ( bains, lavoir), construite pour Claude Beauvau par Nicolas La Hire en 1578 puis vendue au Duc de Lorraine; Charles IV la cède à sa fille Anne épouse du Prince de Lillebonne

18
Hôtel de Lillebonne (suite)
plafonds sculptés, fer forgé, fronton en cintre brisé à volutes, cartouche central surmonté d’une palmette


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Toit d’ardoise à quatre pans, inspiration italienne pour la façade, belle porte d’entrée, fenêtres avec volutes et cartouche, plafonds à motifs sculptés, escalier en pierre, cul-de- lampes, entrelacs, belle porte, garde-corps en fer forgé,….

18
Puits en hémicycle et voûte en cul-de-four, tête de lion,…
….au coin de la rue du Cheval-Blanc et de la rue de la Source
question 10 - mais où donc cette source, résurgence du ruisseau de Boudonville, se trouvait-elle? devant l’hôtel du Marquis de la Ville (a), devant l’hôtel d’Olonne (b), devant l’hôtel de Spada (c)?

18
Hôtel Philbert : Didier Philbert, médecin des enfants de Charles III
et Hôtel du Marquis de Ville
rue de la Source ( anciennement Nachon)


18
Charles de Rennel, auditeur à la Chambre des Comptes et secrétaire du
Duc Charles III; ancêtres anoblis vers 1530 par le Duc Antoine
A cet emplacement que trouvait- on précédemment? :
question 12- le tout premier hôpital Saint-Julien (a), le tout premier Hôtel de Ville (b)
Au 30 de la Grande- Rue fut déposé le corps de Charles le téméraire



18
Au 37 Grande- Rue, l’hôtel de Courcol
Jean Courcol était conseiller à la Chambre des Comptes au début 17ème
Maison Vallée au 31 Grande-Rue
question 13- Qui étaient les Vallée ?
Des bouchers (a), des conseillers du Duc (b), des orfèvres (c) ?


18
Second Hôtel du marquis de Lignéville
Porte du 16ème

18
Hôtel de Martigny 1608- 1610 pour Pierre Fournier, cellérier de Charles III; anobli par Henri II et confirmé dans sa fonction
Belle porte à fronton semi-circulaire et pilastres vermiculés


18
Façade et toit renaissance
au coin de la rue du Duc Raoul ( ancienne rue de la Boucherie)  et
maison au boulet avec tourelle d’angle 16ème- 17ème siècle


1828 Plan

1828 Plan de la vieille ville

Réponse au quiz:  

      2 -  b

Porte de l'hôtel Chuppin:
Influencé par ses voyages en Italie, peintre auprès du Duc de Lorraine, Médard Chuppin est l’auteur de la fresque du réfectoire des Cordeliers ainsi que de la voûte de la Salle Neuve du Palais Ducal ; il est aussi  le peintre du château de Saurupt, résidence aujourd’hui disparue de Renée de Bourbon, femme du duc Antoine

Hôtel de Chastenoy:
Construit pour l’écuyer, auditeur des comptes, conseiller du Conseil du Duc, contrôleur des fortifications Porte Renaissance avec pilastres cannelés surmontés de consoles à têtes de lion; à l’intérieur galeries ajourées, escalier
il avait remplacé le peintre officiel Hugues de la Faye en 1539 Il a été anobli par Charles III en 1567

      3 – a
Hôtel de Rogéville: Hôtel datant de 1550 environ habité notamment par Jean Humbert qui fut en quelque sorte ambassadeur de Charles III en Autriche      

Les Rogéville habitèrent ce lieu au 18ème

( Guillaume, jurisconsulte à la cour,..)

Belle façade du 18ème ; porte d’entrée du 16ème, cour intérieure avec galerie à balustres renaissance, consoles sculptées de masques de femmes, escalier

Aujourd’hui « le petit théâtre dans la ville »

   

4- d// 5- b// 6- b//7- c//9- d//10- b// 12- a//13- c
       

Entre 0 et 4 bonnes réponses:

Profitez des visites guidées du Syndicat d’initiative !

Entre 5 et 9  bonnes réponses:

Très bien, vous connaissez bien Nancy, poursuivez vos lectures!

10 bonnes réponses:

L'excellence ! Félicitations ! Faites  mieux connaître Nancy autour de vous

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Les réalisations de Germain Boffrand sous le règne du duc Léopold

Après quelque 70 ans de guerre, d’occupation, le traité de Ryswik et le retour de Léopold donnent beaucoup d’espoir à la Lorraine, qui s’enrichit alors de demeures et châteaux remarquables et trouve un nouvel élan comme ce fut le cas précédemment sous René II, Antoine ou Charles III. Ainsi, l’architecte Jules Hardouin Mansart est envoyé par Louis XIV pour que de grands travaux soient réalisés ; son collaborateur l’architecte Germain Boffrand devient le premier architecte de Léopold en 1711 et travaille en Lorraine jusqu’en 1726, en même temps qu’à Paris et en Allemagne.

 Les grands principes d’architecture de ce dernier figurent dans son «
 livre d’architecture » de 1745 dédicacé à Louis XV et où figurent également des plans et des dessins d’élévations et de profils de nombreux édifices lorrains. Boffrand s’inspire d’Andréa Palladio, architecte de la Renaissance italienne et de son traité « les quatre livres de l’architecture » ; il s’éloigne du baroque de Borromini. La destination du bâtiment, ses dimensions, les matériaux utilisés, le lieu d’édification, le voisinage, le climat du lieu, l’exposition,… sont pris en considération : Boffrand parle d’esthétique, de « bon goût ».

La Lorraine et Nancy en particulier, doivent à Germain Boffrand un nombre considérable d’édifices somptueux, soit élevés à la demande de Léopold, soit bâtis par les personnages importants de la noblesse lorraine aidés en cela financièrement par le duc grâce à des prêts.
Ces constructions servirent d’ailleurs de modèles à ceux élevés plus tard sous le roi Stanislas dont l’architecte Héré avait été l’élève de Boffrand.

une liste de d’édifices bâtis ou restaurés par Germain Boffrand à Nancy est donnée ci-après, édifices pour lesquels on retrouve toujours la même recherche de force, de puissance, le même caractère : pierres de taille et fenêtres de grandes dimensions, toits élevés, façade souvent sur rue faute de surface de terrain suffisante, grands vestibules, escaliers en pierre de taille avec rampes en  fer forgé, décors souvent allégoriques ou perspectives sur les murs et plafonds, grandes pièces de réception, unité de style dans l’ensemble et dans les détails.

Lorsque le terrain le permet, palais ou hôtel est précédé d’une cour et parfois d’une avant-cour permettant la circulation et le stationnement des carrosses, les dépendances sont derrière avec le jardin et le parc. Les pièces de réception sont au rez-de- chaussée et les pièces d’habitation au premier. La circulation est facilitée par de grands escaliers. Il y a unité de style. Plusieurs ordres en décoration de  façade, peu de sculptures, frontons, balustrades avec vases et statues , grands balcons, larges perrons, clés et agrafes, écussons, moulures, voilà pour le décor des façades. Les murs en pierre de taille sont épais, les proportions de l’édifice sont respectées. L’architecture de Boffrand est une science et l’imagination est bridée. « Le livre d’architecture contenant les principes généraux de cet art » permet de comprendre les réalisations de son auteur Boffrand. 

 

L’œuvre principale de Boffrand prévue par Léopold à savoir le Palais Neuf de Nancy  ou Louvre de Boffrand (1714) (voir photo) est décrite dans le détail dans « le livre d’architecture » ; il ne fut jamais achevé et la partie construite  fut hélas démolie par Stanislas ;

Boffrand participa à la construction et la décoration de la cathédrale Notre-Dame-de- l’Annonciation, primatiale et basilique de Nancy. Voir par exemple « la vie et les œuvres de Germain Boffrand » par P. Morey.

  A Nancy, les principales réalisations dues à Boffrand pour la noblesse, sont les suivantes :

- L'hôtel de Beauvau-Craon pour Marc de Beauvau, aujourd'hui Cours d’appel.
Construit en 15 mois, achevé et meublé en 1713, il servit de modèle plus tard à Héré, élève de Boffrand, pour les façades des édifices de la place Stanislas ; décors avec panneaux de menuiseries pour les petites pièces, grandes glaces surmontées de trophées ou tableaux, peintures, tapisseries en haute lisse ou soies pour les murs des chambres , sculptures appropriées à la pièce, velours sur les murs pour l’hiver et taffetas pour l’été,… tous les grands principes décrits dans l’ouvrage de Boffrand sont appliqués.


l'hôtel de Craon place Carrière au 18ème siècle; aujourd'hui les balustrades ont disparu



Rue du Haut- Bourgeois

- l’hôtel  Ferraris (ou Ferrari ou Ferrary) construit après 1715 pour Louis de Ferrari, d’origine italienne, aujourd’hui siège de l’inventaire des monuments historiques de la DRAC de Lorraine. Louis de Ferrari était marié à Anne-Thérèse de Saint-Rémy de Fontette, demoiselle d’honneur de la duchesse de Lorraine. Louis de Ferrari était chambellan de l’empereur d’Autriche. On retrouve les deux « F » de Ferrari-Fontette sur la ferronnerie de l’escalier.
On admire le décor en trompe l’œil de la sous- face de la galerie, attribué à Giacomo Barilli de Bologne qui travailla avec les peintre nancéiens de l’époque Claude Charles et Claude Jacquart  ; oiseaux et putti pour la peinture du plafond.

Hôtel Ferraris: masque grimaçant et fontaine de Neptune

Hôtel Ferraris: décor en trompe l'oeil de la sous-face de la galerie, décor en grisaille et caissons de la "quadratura"
décor de Barilli.




Rue du Petit-Bourgeois; encorbellement et jolie trompe correspondant à un couloir de service de l'Hôtel Ferrari situé
rue du Haut-Bourgeois.

- l’hôtel de Fontenoy ou de Vitrimont, siège administratif de la cour d’appel de Nancy
Bâti pour P. Georges de Vitrimont et la dame des Armoises, son épouse.

L’hôtel de Fontenoy du nom de son deuxième propriétaire date probablement d’avant 1723 puisque cette date figure sur la ferronnerie du balcon. L’espace consacré à cet hôtel a permis de réaliser, comme pour l’hôtel de Custine, un corps principal de bâtiment sur la rue du Haut-Bourgeois avec cour et bâtiment des communs en fond . Le jardin présent a été modifié avec l’établissent du square actuel et de la rue des Frères Henry ; par ailleurs, l’hôtel a subi des modifications au 19ème siècle.

Hôtel de Fontenoy: ordres d'architecture à l'entrée et fontaine près des anciennes écuries

Autres Hôtels


- l’hôtel Mahuet de Lupcourt rue Saint-Dizier, donc dans la ville Neuve, date d’avant 1721.
Jean-Baptiste de Mahuet était conseiller d’état et premier président de la cour souveraine de Lorraine et du Barois.
Les belles peintures à fresque de Claude Charles et de Giacomo Barilli ont hélas disparu ; elles sont décrites par Lionnois, probablement similaires à celles de l’hôtel Ferraris. C’était là encore un hôtel avec cour et jardin ; la hauteur y est modeste et les communs étaient situés dans les demi sous-sols. On remarque encore le toit brisé avec présence de lucarnes à fronton cintré, principe qu’on retrouve dans les réalisations de Boffrand à Paris. Le portail d’entrée de la cour, alors fermée, est actuellement au parc Olry. Depuis un incendie en 1988, on ne peut voir hélas de cet hôtel que les façades et les toitures.

- l’hôtel de Custines construit pour le Marquis de Custines, gouverneur de Nancy, devenu ensuite hôtel de Ludres, place des Dames / place du Colonel Fabien est aujourd’hui trésorerie municipale.
Il fut bâti en 1715 entre la rue du Cheval-Blanc et une maison des Dames Prêcheresses, place des Dames ; au-dessus de la porte le décor représentait des armes et deux « sauvages », ceci à la place de la fenêtre actuelle. C’est un bâtiment principal avec une cour, deux ailes (construites en partie après), et un bâtiment dans le fond pour les communs. Des modifications ont été faites au 19ème siècle, fontaine avec décor aquatique dans le fond de la cour.

- L'Hôtel des Salles

salles

La place des Dames en 1865 (Place du Colonel Fabien aujourd'hui) et l'Hôtel des Salles (ou immeuble Maffeoli) avec son élégante tourelle, hôtel disparu ainsi que le groupe de maisons et le clocher-tour de l'ancienne église Saint-Epvre, point haut de la vieille ville qui servait de tour de garde. L'Hôtel des Salles a été construit au 15ème siècle pour Pierre des Salles et sa femme Nicole de Vernaucourt. On trouve aujourd'hui une fontaine Wallace à son emplacement. Sur la destruction du vieux Saint-Epvre, c'est ici. Photo de la tour de l'ancienne église avec la nouvelle église Saint-Epvre, c'est ici.


- l’hôtel de la Monnaie, aujourd’hui Archives départementales
Léopold a fait détruire l’ancien "Antiquum Palatium" des premiers ducs de Lorraine et fait agrandir l’atelier de la Monnaie de Ferri III pour installer une Chambre des Comptes ; on admire surtout la grandeur de cet hôtel et la porte d’entrée avec fronton  avec les armes pleines de Lorraine et des aigles héraldiques.

- l’hôtel des Loups (ou Hôtel Curel) situé entre cour et jardin ;
L’hôtel porte le nom de Nicolas-François Hennequin, baron de Curel, Grand Maître de Louveterie de Lorraine en 1702 puis conseiller d’état du duc Léopold. Lépy serait l’auteur des deux loups de l’entrée. La décoration de la travée centrale montre des attributs de chasse: hure de sanglier, cor de chasse, gibecière, carquois et un fusil à capsule de fulminate datant ce décor du début du 19ème siècle. Voir photo en galerie et ici.

Fronton de l'entrée de l'Hôtel des Loups.

Le fronton de l'entrée principale est rehaussé d'une tête de sanglier et de trophées cynégétiques;
fusil à capsule de fulminate permettant de dater le décor (19ème).

 Diane déesse de la chasse est en mascaron. Diane (Artémis en grec) est la déesse de la chasse et de la lune; elle porte ici un croissant de lune sur le front.

 

 Au début du 18ème siècle, d’autres hôtels furent bâtis par Boffrand ( ou selon ses principes) comme l’hôtel de Gellenoncourt près de l’église Notre-Dame presqu'en face de l'hôtel des Loups, l’hôtel d’Helmstat à la place de celui d’Haraucourt, rue de la Monnaie, l'hôtel de Raigecourt, l'hôtel du Hautoy rue Callot.

Hors de Nancy mais en Lorraine, rappelons les principales réalisations de Boffrand (voir le livre d’architecture de Boffrand):

- le château de la Malgrange;
- le château d'Haroué;
- le château de Lunéville 1709  puis 1719-1723;
- le pavillon du Trèfle, dans les bosquets du château de Lunéville;
- le château de la Favorite (ou Petit Château du Prince Charles);
- l’hôtel de la Gendarmerie à Lunéville;
- le château de Croismare ou de Craon;
- l’ hôtel de Craon, à Lunéville ;

 

Fontaine et statue de René II sur la place Saint-Epvre.

En 1495, René II modifie complètement le quartier de la Place Saint-Epvre, démolit plusieurs maisons et édifie une fontaine monumentale à la place d’anciennes halles afin de satisfaire les marchands de poissons; les marchands de légumes et fruits partent s’installer sur la place aux Dames.

Cette fontaine était alors surmontée de la statue de Saint Georges dont la date d'édification n'est pas connue mais on peut en retrouver trace en 1603.  Vers 1625, une statue de René II la remplace, la fontaine est hexagonale et en pierre de taille ; la statue sera détruite à la Révolution en Août 1792.  Le Musée Lorrain de Nancy en conserve la tête.  « La statue est équestre, et le Prince tient l'épée élevée, comme pour en frapper les ennemis. Elle est petite, mais dans une belle proportion et d'un bon dessin pour le temps ».
 En l'année 1753,  Stanislas détruit la fontaine de René II et la remplace par une fontaine située précédemment sur la Carrière. La statue de René II y est repositionnée jusqu’à sa destruction en 1792.
En 1828, on place une statue réalisée par Lépy aîné, statue qui sera transférée en 1883 dans la cour du Palais Ducal avec son piédestal. Elle est élevée sur la même fontaine que la statue précédente par les soins du maire de Nancy Raulecour.
 Enfin en décembre 1883, à l’occasion de ses noces d’or sacerdotales (50 ans dans les ordres), le curé de Saint-Epvre Trouillet fait édifier une nouvelle fontaine monumentale œuvre d’Albert Cuny. On y place la très belle statue de bronze visible aujourd’hui, œuvre de Mathias Schiff réalisée par la maison Daubrée à Paris. Cet ensemble est placé dans l‘axe de l’hémicycle de la Carrière donc à un emplacement un peu différent du précédent ensemble fontaine-statue.
René II y est plein de noblesse et de vaillance, le jeune duc  est  fièrement campé sur son cheval donnant le signal de la bataille de Nancy. L’œuvre de Mathias Schiff s’inspire du chef-d’œuvre de Verocchio sur la place Saint-Jean et Saint-Paul à Venise et qui représente Bartoloineo Golleoni .
 Rappelons que l’ancienne église paroissiale de la Ville-Vieille datant de 1436-1451 a été démolie en 1863 pour être remplacée par la basilique actuelle construite entre 1863 et 1875.

Sur le socle de la statue il est écrit : René II duc de Lorraine et de Bar, roi de Jérusalem, de Sicile et d’Aragon, 1473-1508 et à l’arrière : né à Joinville le 26 mai 1451 mort à Fains le 10 décembre 1508. Cette inscription est donc fausse puisque René II est né à Angers en mai 1451.

L'ancienne église Saint-Epvre et la première statue de Renée II


La statue de René II par Lépy

La fontaine circulaire avec une pelouse, début 20ème siècle et le tableau "le rémouleur" de Charles WITTMANN (1874-1953).

Statue de Mathias Schiff

Photos de la fontaine avec la statue de Mathias Schiff ( Est Républicain 2004 et inconnu, début 20ème). On trouve dans cette fontaine avec fontaines secondaires ( dernière photo) plusieurs petits bassins à l'intérieur, non visibles ici.

Des modifications conduiront à la fontaine représentée par les deux photos précédentes (forme de l'intérieur de la fontaine modifiée et fontaines secondaires supprimées), présence puis suppression d'une pelouse.


Place (de) Vaudémont et les chameaux

La photo et la gravure ci-dessous représentent la place (de) Vaudémont aujourd'hui et le même endroit en 1841.

Soixante chameaux richement caparaçonnés et conduits par des hommes de couleur, ont été ramenés à Nancy par le duc Léopold en 1698 lors
de son entrée solennelle à Nancy, animaux pris aux Turcs par son père Charles V de Lorraine lors du siège de Vienne en 1683.

La voûte de l’ancienne porte Saint-Nicolas (photo) servait d’écurie aux chameaux. Ces chameaux avaient fait partie du cortège funèbre de Charles V.

La place de Vaudémont date de 1847 seulement (photo de la place actuellement). La démolition du reste du bastion d’Haussonville, de
quelques bâtiments et de l'ancienne porte Saint-Nicolas(*) qui conduisait de la Ville-Vieille à la Ville-Neuve à l’extrémité de la Grande-rue
a en effet pris beaucoup de temps.
On trouvait également à cet endroit une auberge des chameaux.

(*) l’ancienne porte Saint-Nicolas a d’abord été remplacée à quelques pas de là par la porte Royale construite par Louis XIV, porte remplacée ensuite par l’arc de triomphe actuel en 1751.


La voûte des chameaux, détruite en 1841 et la place de Vaudémont actuellement avec la Grande-Rue ( Bibliothèque municipale de Nancy et Google Maps)

La place (de) Vaudémont, nom donné en 1867, s'appelait précédemment place des Chameaux en souvenir de la voûte.
La place est en réalité située sur l'ancien bastion d'Haussonville et non sur celui de Vaudémont. Le nom honore en fait l'une des plus glorieuses familles seigneuriales lorraines, les comtes de Vaudémont.
Pour mémoire, la belle statue de Jacques Callot sur la place date de 1877.


............... A lire .................

« Le soleil sous la soie » d’ Eric Marchal aux Editions Anne Carrière

et si vous souhaiter connaître la vie d'un héros de roman dans la Ville- Neuve et la Ville- Vieille de Nancy à la fin du 17ème siècle, un ouvrage passionnant et très fortement documenté est ici.

et aussi

L'ombre rouge de la Vieille Ville
François Weber
Policier aux éditions Serpenoise
 
Huit morts en quinze mois. Personne n’est à l’abri. Mais qui sème donc l’épouvante en Vieille Ville à Nancy ? Police et clergé doivent unir leurs forces pour terrasser ce fou vengeur. Magie noire, sorcellerie, possession... Comment arrêter ce massacre ?

Huit morts en quinze mois. Personne n'est à l'abri. Mais qui sème donc l'épouvante en Vieille Ville de Nancy ? Police, experts en sciences occultes et clergé doivent unir leurs forces pour terrasser ce fou vengeur. Magie noire, sorcellerie, possession... Comment mettre un terme à ce massacre ?

On n'attendait pas le Père François Weber, curé de la paroisse Saint-Epvre de Nancy et membre de la congrégation de l'Oratoire Saint-Philippe Néri, dans ce roman policier "magico-mystico-religieux". Il y a même du Da Vinci Code dans cette histoire qui mêlent avec talent intrigue policière, occultisme et histoire régionale. Les lecteurs nancéiens suivront pas à pas les enquêteurs dans les quartiers bien connus de la ville et les autres découvriront la capitale ducale avec ses rues et ses monuments mystérieux... L'Eglise n'est évidemment pas absente de ce thriller : nos ecclésiastiques apportent leurs lumières spirituelles aux officiers de police afin de résoudre l'énigme de ces meurtres en série.

Un bon polar' "régionaliste" et une belle première pour le Père Weber, qui ajoute une nouvelle corde à son arc !

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Eglise Saint-Epvre en Vieille-Ville par Auguste Michel Colle, peintre lorrain

Une description de l'église Saint-Epvre


Inauguration de l'église Saint-Epvre le 20 mars 1871.  Ici, consécration de l'église en 1875 (Le Monde Illustré)

 


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