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Charles Bagard (1696-1772) et le jardin botanique de Nancy

Charles Bagard (1696-1772) et le jardin botanique de Na



Outre la médecine, ses travaux sur l’inoculation de la variole (*) et le thermalisme à Contrexéville, Charles Bagard s’intéresse à l’Histoire naturelle, aux Beaux-Arts et à la botanique. C’est ce dernier aspect qui nous intéressera.
(*) Le mot inoculation a d'abord désigné la variolisation, procédé de traitement de la variole apporté de Constantinople en Angleterre au début du XVIIIe siècle2 et qui consistait à protéger le sujet d'une forme grave de cette maladie en le mettant en contact avec de la substance prélevée sur les vésicules d'une personne faiblement atteinte.
Par une première extension de son sens, le mot s'est appliqué à toute introduction d'un agent infectieux dans un organisme, Mais par la suite, le même mot en est venu à désigner l'introduction dans un organisme de tout agent pathogène, volontairement ou non3,

Charles Bagard est un fils d’Antoine Bagard (1666-1742), né à Nancy, premier médecin du duc Léopold et aussi conseiller d’état. Il est également le neveu de Charles-Joseph Bagard (1676-1723) fondateur du Collège Royal et doyen des médecins de Nancy.
Stanislas, succédant à Léopold avait pris Charles Bagard comme médecin ordinaire compte-tenu de la renommée et du souvenir laissé par celui-ci à Montpellier où il fit ses études. Les autres médecins de Stanislas seront Casten Rönnow, Charles Hilaire Perret, Nicolas Maillard, François Dezoteux.





Bagard a habité l’immeuble du Grand Café à Nancy
Le Point Central avec ses cafés était un lieu fort animé au début du 20ème siècle. L’architecture du lieu qui nous concerne, le Grand Café, n’a pas vraiment changé aujourd’hui. Le propriétaire de l’époque, L. Boyer avait également ouvert en 1902 à Malzéville (et fermé en 1910) une guinguette, le café-restaurant- piste de danse « Cure d’Air Trianon », très connu aujourd’hui encore à cause de son architecture (G. Biet architecte), sa charpente métallique (Scherzer) et son ensemble de verrières (peintre Henri Bergé). Des voitures à chevaux assuraient alors la liaison entre les deux établissements entre Mai et Octobre.


Stanislas créé le Collège royal de médecine dont l’objectif est de « former un corps dont les membres peuvent coopérer plus efficacement à la guérison des malades en se communiquant leur lumière ». Charles Bagard propose la création de médecins chargés des mesures à prendre vis-à-vis des épidémies et de veiller à l’éducation sanitaire du public. Ceci n’est pas sans évoquer les médecins hygiénistes souhaités deux siècles plus tard le doyen Jacques Parisot.

Les règlements et statuts du Collège de médecine sont connus (Lunéville 15 mai 1752) : » le collège de médecine se charge de faire des cours d’anatomie, de botanique et de chimie et il fera construire un bâtiment convenable à ces usages et fera planter et cultiver un jardin de toutes les plantes usuelles étrangères de même que toutes celles du pays, usuelles ou non »
L'université de Pont-à-Mousson existe depuis 1572 ayant été transférée à Nancy. Lors du transfert de l'Université de Pont-à-Mousson à Nancy en 1768, il est décidé que le Jardin botanique de la porte Sainte- Catherine servirait à la Faculté de médecine pour l'explication des plantes.
A cette date, le jardin reçoit l'apport des plantes du Jardin Botanique de Pont-à-Mousson. La direction du jardin sera attachée aux fonctions de Président du Collège Royal de Médecine jusqu'à la disparition des établissements d'enseignement en 1792.

C'est le 19 juin 1758 que le premier Jardin Botanique de Nancy est créé. Stanislas donne un terrain domanial non occupé d’environ 8 arpents ou six jours un quart. Il est situé rue Sainte-Catherine alors baptisée "rue Neuve-des-Casernes" et sera dirigé par Charles Bagard, premier président du Collège royal de médecine de Nancy, Collège créé en 1752 par Stanislas ; celui-ci avait d’ailleurs voulu donner à Bagard ce jardin botanique en toute propriété mais ce dernier refusa cette grande générosité. Rappelons qu’alors le jardin était situé au-delà du premier emplacement de la porte Sainte-Catherine (située plus près de la ville qu’aujourd’hui ; par ailleurs la première rue Sainte-Catherine n’était pas perpendiculaire à la Place Stanislas)

Les principaux directeurs du jardin botanique, après Bagard, furent Sirejean, Buchoz, Guillemain, Remy-Willemet, Soyer-Willemet, Braconnot, Godron, Le Monnier. Le directeur n’enseigne pas directement la botanique au Collège, l’enseignement est assuré par un professeur.

Charles Bagard s'occupe avec soin de ce jardin pendant quinze années durant lesquelles il le peuple de tous les végétaux utiles qu'on peut alors se procurer.

Sur l’organisation première du jardin, les fonctions de jardinier, les directeurs ayant succédé à Bagard, nous disposons du texte de Godron :
Notice historique sur les Jardins botaniques de Pont-à- Mousson cl de Nancy, 1872 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33585w/f254.image.r=





Un plan publié par Buchoz et gravé aux frais de Bagard donne une idée du jardin nouvellement créé; il est antérieur à 1767 mais nous connaissons surtout le plan beaucoup plus précis, dit de Beaupré, postérieur, dédié au Duc de Choiseul.

Plan de Buchoz (aux frais de Bagard)



Plan peu précis antérieur à 1767
Entrée sur la rue Neuve des casernes (rue Sainte-Catherine).






Plan dédié au Duc de Choiseul (Plan dit de Beaupré)
Plan précis réalisé entre 1767 et 1772 (date de la mort de C. Bagard)