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L'Art déco et la transition vers  l'architecture "moderne"

Après la période Art nouveau , on retrouve en sculpture à partir des années 1910 et partout en Europe un besoin de retour à plus de rigueur et les formes deviennent plus géométriques. Dans le domaine de la peinture, c’est la période des cubistes qui aide aussi à ce mouvement nouveau.

Pour ce qui concerne Nancy, on citera l’exécution par l’architecte Pierre Le Bourgeois aidé du mosaïste parisien René Ebel de la pharmacie Godfrin du Point Central (photo ci-dessous). Nous sommes en 1921 donc avant la détermination des grands principes  Art Déco  d’esthétisme édictés au moment de l’Exposition internationale de 1925 à Paris. On retrouve une façade aux couleurs voyantes, des lignes droites, des fleurs stylisées. Les grands artistes des arts décoratifs tels que Grüber, Majorelle, Daum aussi bien que les grands architectes nancéiens passent aux lignes géométriques.

C’est, à titre d’exemple,  l’époque des nouveaux Magasins Réunis (1926-1928 par Pierre Le Bourgeois), du siège des fonderies de Pont-à-Mousson (1926-1928 par Jean Bourgon), de l’église Sainte Thérèse de Villers- les- Nancy par Jules Criqui (1930-1934) (photo ci-dessous). Le ferronnier Jean Prouvé, l’ébéniste Majorelle (bibliothèque de la Place Carnot), et bien d’autres artistes donnent leur vision de ces nouvelles règles artistiques. 

De nouvelles rues sont créées à Nancy et dans les proches banlieues et de nouveaux intervenants architectes savent alors satisfaire des clientèles plus ou moins aisées en adoptant le style Art déco.

Pour plus d'information sur l'art déco à Nancy, on pourra se rapprocher des conférences ou écrits de Gilles Marseille: Revue Péristyle #28, le Pays Lorrain de mars 2012, "Quand l'architecture internationale s'exposait" ou encore des études de Catherine Coley (sur le comité Nancy-Paris") ou de Patrick Dieudonné dans le Pays Lorrain.

Pharmacie Godfrin du Point-Central



Le Printemps ex Magasins Réunis architecte Pierre Le Bourgeois

Restauration en 2014, nouvelle marquise en 2015
Bas-reliefs d'Emile Bachelet en pierre rouge de Bourgogne, ici la joueuse de tennis

Les entreprises qui ont participé à la construction :
Construction : France-Lanord et Bichaton
Architectes : Pierre Le Bourgeois, Métreau, Masson et Eugène Corbin
-ferronnerie: la Maison Sçhertzer frères, de Nancy, et la Maison Doussé, d'Alfortville, puis M. Beyssenet;
- la Maison Emile Zimmermann et Fils de Nancy pour la marquise de pourtour;
- Jean Prouvé pour les rampes d'escalier;
- la Maison Thiesse Fils pour les balustrades en fer forgé;
- la plâtrerie a été exécutée par MM. Gérardin et Cayotte;
- la menuiserie par MM. Monier Frères;
- la mosaïque, par M. Daeschler
- la peinture, par MM. Ramel et L. Gény;
- les revêtements en ciment par la Maison Cotineau;
- les revêtements en granit, par la société Le Granit d’Abainville
- les stucs par M. Malot




Bas-reliefs d'Emile Bachelet (Magasins Réunis, aujourd'hui Le Printemps):
 "les étoffes", "la parure", "la toilette"


Les Magasins Réunis par Pierre Le Bourgeois 1926
La frise sous la corniche est animée de figures géométriques
Siège de la société des Fonderies de Pont-à-Mousson Projet pour le concours Labor 1928 par J.Bourgon



Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus à Villers-les-Nancy

Des centaines d’immeubles, ou maisons sont alors construites tant à Nancy que dans la banlieue proche.

Parmi les nombreux exemples de réalisations des architectes  Art déco, on citera:

Fernand Mascret qui sait développer une architecture totalement innovante avec des matériaux peu onéreux. Sa maison (photo ci-dessous) est un exemple proposé à sa clientèle qui voit ainsi les possibilités d’architecture nouvelle avec balcons souvent imposants, ressauts, jardinière en façade, reliefs, verticalités, motifs floraux,...


Maison de Ferdinand Mascret au 8 rue Aristide Briand, Laxou

Les immeubles de rapport réalisés par Fernand Mascret sont très nombreux à Nancy toujours différents. Les variations vont concerner :
- le travail des balcons : grandeur, présence ou non à certains étages, présence d’arrondis, évacuation de l’eau, forme rappelant les bow-windows recherchés à l’époque, forme des ferronneries,…
-    le travail du soubassement ;
-    les contrastes entre sobriété de la façade et massivité ou décor des portes ;
-    présence ou non de sculptures de fleurs




Fleurs aux formes géométriques en différents matériaux:
- boiserie (ébéniste inconnu) et verres d'A. Lemoine sur une devanture de l'avenue Anatole France (1924). L.Ventre, architecte;
- sculpture sur l' immeuble de rapport du 32 rue Jules Ferry. E.Mascret architecte


Charles Masson

propose à la riche clientèle du quartier Saurupt par exemple, des maisons faisant appel à des mélanges de matériaux, la présence de ferronneries stylisées, de sculptures avec fleurs aux formes géométriques, de pergolas,…

Une maison de Charles Masson dans le quartier Saurupt

Jean Bourgon réalise de nombreux bâtiments universitaires (Cité universitaire Monbois), des lotissements, la Caisse d'Epargne de Nancy, la bibliothèque de la Faculté de Médecine, la faculté de pharmacie, la maison du professeur Grimaud (*), le lycée Chopin, le siège de Pont-à-Mousson, l'Ecole des Mines,…


Maison du professeur Grimaud (1957-1959) - Plan en éventail / Art Moderne

(*) tous les éléments de la maison convergent vers un point central situé dans le jardin




Maison double France-Lanord et Bichaton par Jean Bourgon 1930 Villers-les-Nancy
Géométrie parfaite des pignons et faux pans de bois pour cette maison double



Raphaël Oudeville est connu en particulier en 1929 pour la cité Senn  (ou cité Oudeville aujourd’hui) à Villers-les-Nancy et pour l’hôtel Foch, …

L'hôtel Foch  a été racheté en 2014 par le groupe parisien Parfires. De gros travaux sont entrepris avec comme objectif de faire de ce lieu un hôtel 3 étoiles.

L'hôtel Foch est en partie caché au fond de l'impasse Saint Antoine  débouchant sur l'avenue Foch donc près du nouveau Centre de Congrès.

L’hôtel Foch a été édifié à Nancy en 1933 sur les plans de Raphaël Oudeville, un des architectes modernistes les plus renommés de Nancy. Natif des Vosges, il a repris le cabinet de Lucien Weissenburger, un des plus grands architectes Art Nouveau de la ville. Ce bâtiment est l’un des beaux témoignages de l’architecture d’entre les deux guerres.

La façade est traitée en dents de scie (photo ci-dessous) afin d’améliorer la luminosité et la vue. Baptisé le  gratte-ciel de l’avenue Foch,  il est de style art déco et se distingue, outre la façade par une montée d’escalier d’inspiration Prouvé avec rampe en aluminium et un béton peint en blanc ainsi qu’un poteau central jusqu’au 6ème étage faisant penser à une cheminée de paquebot. L’escalier et les vitraux seront heureusement restaurés et conservés lors des travaux.




L'hôtel Foch était au départ une extension de la brasserie des Deux- Hémisphères située Place Thiers.
L’hôtel Foch de Raphaël Oudeville a remplacé en 1933 deux petits établissements de restauration.

Ce qu'on en dit en Octobre 1933 dans la presse locale:

Hôtel des Deux-Hémisphères.

Au coin de l'avenue Foch et de l'impasse, ancien tronçon de la ruelle Saint-Antoine, s'élève un gratte-ciel destiné à l'agrandissement de la Brasserie des Deux-Hémisphères.
(Vidalenc, propriétaire).

La qualité variable des immeubles au voisinage de cet édifice et l'étroitesse de la façade sur rue imposaient, à cette construction deux sujétions: une indépendance absolue d'ossature (visible sur les photos satellite) et la recherche difficile de vue acceptable pour des chambres d'hôtel.
L'utilisation judicieuse du béton armé a permis de résoudre élégamment ces problèmes délicats.
Le bâtiment forme une varitable lanterne rectangulaire dont la façade principale, largement, oblique sur l'Avenue Foch, est traitée en dents de scie pour présenter des jours directs pour chaque chambre en direction de l'Avenue.
Architecte: M. Oudeville. — Béton armé: Système Hennebique — Entrepreneurs: Bichaton et Cie.






Vitraux de Georges Bassinot restaurés par l’Atelier Bassinot-Hervé Frères, escalier "à  la manière de  Prouvé", escaliers donnant un aspect "cheminée de paquebot"


Le vitrail " Art nouveau " est signé Georges Bassinot et se trouve au rez-de-chaussée de l’hôtel Foch à Nancy. Il vient d’être restauré par l’Atelier des frères Hervé situé 16 rue des Cristalleries. Georges Bassinot, élève de Victor Prouvé, a créé cet atelier en 1925, soit huit ans avant la création de l’hôtel. Jacques son fils lui succède en 1953 jusqu’en 1988, date à laquelle ses deux cousins, Jean-François (Jeff) et Jean-Luc Hervé prennent la relève.

Les  Monuments Historiques  font les dernières recommandations fin 2014 pour que ces œuvres d’art situées dans un établissement classé respectent le lieu. Ces vitraux datent de la création de l’hôtel en 1933.

La signature de Georges Bassinot est visible . Les vitraux ont été heureusement protogés par des planches et ce pendant des années, par les anciens locataires de la boutique du coin Foch/ Saint-Antoine (Adecco probablement ).



Les vitraux Art Déco de Georges Bassinot sont visibles impasse Saint-Antoine.


On retrouve les œuvres de ces trois générations de maîtres-verriers un peu partout. L’entreprise actuelle des frères Hervé est également très active dans le domaine de la restauration de vitraux.
Les maîtres verriers Hervé sont les grands spécialistes de la restauration des vitraux de l’Ecole de Nancy.
On citera par exemple la restauration du vitrail " de la Salle " de Jacques Grüber en 1999 (verrière aux paons et aux colombes du Musée de la rue Blandan), les verrières décoratives de la Maison Schott, les vitraux de la Maison Bergeret à Nancy, la verrière du plafond de la salle Poirel, Mathieu de Dombasle dans la chapelle de Pixérécourt,….. Une maison sur dix aurait une verrière, une imposte, à Nancy. Les frères Hervé ont donc beaucoup de travail ! Sans compter sur plus de 350 églises qui ont déjà fait l’objet de restauration de leur part.


Ensemble HBM, dit Cité Senn(*) (1929-1931), aujourd'hui Cité Raphaël Oudeville (photos ci-dessous)
Raphaël Oudeville architecte

L’ensemble HBM (habitations à bon marché) est réalisé à l'époque pour répondre au besoin de logement social à Nancy à la fin des années 20. La société anonyme HBM (devenue aujourd'hui la SLH), aidée par la loi Loucheur, confie é l’architecte Raphaël Oudeville la réalisation de deux immeubles et 16 maisons : maisons le long des rues et immeubles avec cour intérieure protégeant les habitants du bruit, sur les boulevards; l’architecte est influencé par les cités- jardins anglaises et parisiennes et aussi par les Höfe autrichiennes des années 30. Voir les décors peints et la variété des matériaux.
La Société Anonyme d’HBM dirigée par Félix Senn entreprend leur construction en 1929.
Le chantier est réalisé l’entrepreneur- lotisseur France- Lanord et Bichaton.

Inauguration le 30 juin 2014 du bâtiment rénové, reconfiguré :
La façade Art Déco du côté des boulevard d'Haussonville (photo) et de Baudricourt ont été rafraichies alors que, du côté cour, on assiste à une nouvelle configuration avec création de nouvelles surfaces réalisses avec un soucis d'économie d'énergie (bâtiment BBC, géothermie, structures en bois) . La consommation de chauffage et d'eau sanitaire a été réduite par dix. Il s'agit d'une remise à niveau de 37 logements par la Société Lorraine d'Habitat (SLH) dans un soucis de préservation du bétiment originel. Les architectes sont Grégoire André et Rolf Matz. 800 m2 ont été gagnés côté cour (voir photo). Coût total : 5.4M€ HT.

(*) Le recteur Félix Senn était le président de la SLH.




Cité Senn à Villers les Nancy


L'avenue Foch comporte une autre réalisation de Raphaël Oudeville (au 67). L'immeuble a été réalisé en 1928 et peu de personnes le remarquent compte-tenu de la présence des magnifiques immeubles Art Nouveau que sont les immeubles Lombard et France-Lanord, aux no 69 et 71.

La "maison Bichaton" de Raphaël Oudeville



La « maison Bichaton » de l’avenue de la Garenne : Géométrisation des formes et rigueur, superbe verrière pour ce chef- d’œuvre Art Déco de l‘entre- deux- guerres.

Auguste Bichaton (1864-1936) est entrepreneur de travaux publics En 1886, Il succède à son père Jules, beau- frère de Jean-Baptiste France-Lanord lui-même entrepreneur. Il s’associe à Emile France- Lanord, l’un des fils de Jean Baptiste France-Lanord. En 1927, les deux associés créent un lotissement, le Parc du Placieux, à l’emplacement de la ferme du Placieux acquise en 1926 (*) (**) (***). Les France-Lanord, et les Bichaton se succèdent alors pour gérer l’entreprise de travaux publics. Liés aux artistes lorrains et aux jeunes architectes de talent, ils réalisent dans cette période d’entre- deux- guerres maisons, pavillons et immeubles dans le style École de Nancy et dans le style Art déco (Modern style).
L’entreprise France-Lanord et Bichaton aujourd’hui à Heillecourt est toujours bien connue des Nancéiens.

La maison d’André Bichaton de l’avenue de la Garenne date de 1937. D’aspect massif et monumental à l’extérieur, elle offre un intérieur raffiné avec verrière aux formes géométriques, Cette verrière est composée de verres blancs imprimés mécaniquement et de liserés verts. Elle éclaire un vaste hall et l’escalier en acier inoxydable du ferronnier Jean Prouvé.
L’architecte est Raphaël Oudeville
dont on connait de multiples réalisations à Nancy. Lorraine Café a déjà présenté les réalisations suivantes :
la cité Senn et l’hôtel Foch
. Le concepteur de la grande verrière n’est pas connu mais tout laisse à penser qu’il s’agit de Georges Bassinot dont la signature est visible à l’hôtel Foch sur une verrière très similaire à celle de la villa Bichaton.

Pour comprendre la « maison Bichaton » (****), il faut se situer entre les deux guerres, après la première guerre mondiale alors qu’une nouvelle politique de logement est encouragée par les autorités pour répondre aux besoins urgents de la population.
On trouve alors trois catégories de réalisations :
- les réalisations bien connues à Nancy du quartier de la Chiennerie (première cité-jardin), la cité Senn au Placieux (association d’immeubles et de maisons mitoyennes).
- les classes moyennes expriment également leurs attentes et de nouvelles rues présentent des immeubles mitoyens caractéristiques de l’époque (rues du maréchal Oudinot et rue Palissot par exemple à Nancy, rue Raymond Poincaré et avenue de la Libération à Laxou, boulevard de Baudricourt et boulevard d’Haussonville à Villers, … Les constructions de Fernand Mascret sont tout à fait caractéristiques (sculptures de fleurs stylisées avec parfois balcons aux formes variées, jardinière en façade, cannelures, ressauts,…).
- enfin les Nancéiens les plus aisés font réaliser des maisons ou accèdent à des immeubles haut de gamme aux décors Art déco plus ou moins chargés. Citons l’avenue Anatole France, l’avenue Boffrand à Nancy et le Parc du Placieux à Villers (avenue France-Lanord,…). La maison Bichaton rentre parfaitement dans cette dernière catégorie.


(*) Alors propriété de la famille Scitivaux de Greiche.

(**) On retrouve dans le quartier du Placieux une avenue France-Lanord et une rue Auguste Bichaton.

(***) Sur le Placieux :

L’endroit boisé s’appelait le Rayeux jusqu’en 1829 et l’on sait que Louis XIII et Richelieu y avait établi une ligne de siège en 1633 (carte du siège de Nancy). Pourquoi le Placieux ? le nom vient d’un petit pont de bois ou « planche » qui enjambait le ruisseau de Saurupt. Le nom devient Planchieux, Plancheul, Plancieux. Une ferme s’y installe dont hérite en 1881 Geneviève de Scitivaux, future Mme de Vasselot qui vendra le lieu en 1926 aux entrepreneurs France-Lanord et Bichation.

(***) Gilles Marseille, enseignant chercheur de l’université de Nancy 2 ; revue « péristyles » numéro 28 Cahiers des Amis des Beaux-Arts de Nancy Association Emmanuel Héré.


La brasserie Excelsior et plus particulièrement son extension de 1931 sont un bel exemple d'Art déco. On verra en particulier l'escalier de Jean Prouvé et les luminaires.




Conception rationaliste des espaces, dépouillement des façades, toiture terrasse, une rere modernité pour 1926-1929  (Siège de la Société des Hauts- Fourneaux de Pont-à-Mousson)

Cité Universitaire de Monbois 1930-1932 Jean Bourgon. Modernité dans le logement étudiant.

Lauréat en 1925 d'un concours, Jean Bourgon réalise avec Charbonnier son premier grand projet, la Caisse d'Epargne de Nancy, dans un style classique devant rappeler la Place Stanislas. (1923-1929)


De l'art déco au mouvement moderne

Une maison est une mécanique utile et agréable, utile avant tout (André Lurçat).

Quand on reconstruit un pays, un architecte a plus besoin d’une règle à millimètres que de fers à friser les balcons (André Lurçat).

Le renouveau de l’architecture, le mouvement moderne annoncé par le Comité Nancy-Paris (1923-1927) ne séduira pas le Grand-Nancy qui n’apprécie pas la « nudité » des projets présentés lors des expositions dont celle de 1926.

 Les courbes et les fleurs de l’Art Nouveau puis les décors géométriques et les fleurs stylisées de l‘Art Décoratif sont trop présents  dans des milliers d’immeubles et maisons. Le manque d’ornement sur des maisons de forme cubique n’intéresse pas les architectes locaux. Lors de l’exposition de 1926 du comité Nancy-Paris où l’on retrouve à la galerie Poirel sur 500 m2 photos, dessins, projets, maquettes et les noms d’André Lurçat, Jean Prouvé, Jacques André, Albert Michaux, aucune présentation n’est faite d’une quelconque architecture nancéiennne. L’objectif de cette exposition est de d’enregistrer les premiers résultats de la construction nouvelle en France, Allemagne, Belgique, Suisse, Autriche,

On notera tout de même le succès local en 1927 de la conférence d’André Lurçat sur « l’architecture moderne ».

Pour situer les grandes réalisations de la période très orientées sur l’art déco et éloignées de l’évolution internationale du mouvement moderne architectural :

-          1924 Cité-jardin de la Chiennerie

-          1924 Caisse d’épargne de Nancy 1922 par Jean Bourgon LE grand architecte de Nancy, prix de Rome ;

-          1926 Parc du Placieux

-          1926 Reconstruction des Magasins Réunis par Pierre Le Bourgeois ;

-          1928 Siège  de la société des fonderies de Pont-à-Mousson par Jean Bourgon.

On peut dire que si l’exposition de 1926 du Comité Nancy-Paris n’a pas suscité d’adhésion, le doute s’est probablement installé dans mes esprits des grands architectes locaux tels Bourgon, Oudeville, Jacques André,…

Un exemple d’architecture moderniste peut néanmoins être cité qui est la maison de l’artiste Emile Bachelet rue Lothaire II, maison réalisée en 1925 par Henri Antoine qui fait également appel à Jean Prouvé. On retrouve comme dans les propositions d’André Lurçat qui a probablement eu une influence sur Bachelet, la présence de volumes cubiques blancs, de toit plat, de terrasse, d’ouverture simplissime sans encadrement. Ces formes architecturales simples et belles passeront toujours inaperçues, à fortiori  aujourd’hui puisque la maison initiale a été très dénaturée dans les années 40.

Maison-atelier d'Emile Bachelet 1925. Architecte Henri Antoine, intervention de Jean Prouvé. Photo 2015.

Bas-reliefs d'Emile Bachelet.

Maison d'Emile Bachelet en 1925 et sa maison à Paris (1927) modifiée récemment, dans le style Bauhaus.


Que trouve-t-on à Nancy issu de ce mouvement moderniste et du Congrès de 1926 ? Quelques réalisations du début des années 30 peuvent rappeler sur tel ou tel point les principes de ce mouvement. On retiendra par exemple :

-          les fenêtres bandeaux de l’architecte Albert Michaut ;

-          la villa du docteur Aubriot rue de la colline (1933) ;

-          le projet de la maison Prouvé rue de Santifontaine, jamais réalisé (1930) ;

-          les trois maisons Majorelle de la rue de Santifontaine (1933-1935).

-          L’hôtel Foch par Raphaël Oudeville avec la façade particulière (voir dans cette page), son toit plat, ses murs blancs (1933);

-          La coupole de la bibliothèque de la faculté de médecine par Jean Bourgon (1932) :

-          La maison Colbert-Beaulieu par Georges Vallin avec ses terrasses (1933),

La maison dite Majorelle réalisée par les frères Jacques et Michel André rue de Santifontaine destinée à Georges Francin aussi bien que le musée de zoologie des mêmes architectes ont été plus influencées par l’architecte Frank Llyod Wright que par le mouvement moderne européen.



Maison dite Majorelle de Georges Francin par les frères Jacques et Michel André (1933) et plan de façade de la maison pour Jean Prouvé (projet par les frères André), rue de Santifontaine
Fenêtre en bandeaux de deux maisons d'Albert Michaut (1930), rue Ernest Albert Laxou/ Nancy
(selon les principes ici modifiés par le temps, principes énoncés par Le Corbusier ou Lurçat: architecture blanche,  toit-terrasse, fenêtres en bandeaux)
Musée de zoologie par Jacques André (1933)
Bibliothèque de la faculté de Médecine 1931-1932 et 1936-1937 par Jean Bourgon avec sa vaste coupole de béton et pavés de verre; symétrie du bâtiment

Villa Colbert-Beaulieu


 Villa Colbert-Beaulieu rue Saint-Cécile dont l’architecte est Georges Vallin.

Cette villa de  Juillet 1933 reprend les orientations de l’architecture moderne avec la présence de terrasses et le minimum de décor. Georges Vallin s’est-il inspiré des idées du Comité Nancy-Paris ou d’André Lurçat ou encore de ce qui se faisait hors Nancy ? L’abandon du décor va encore s’accentuer dans la seconde moitié des années 30 avec les architectes locaux Fernand Mascret ou Charles Masson. Dont on connait des centaines de réalisations dans le Grand Nancy.


La deuxième moitié des années 30, on assistera progressivement à une orientation architecturale s’affranchissant des ornements, en particulier chez les architectes ayant réalisé de nombreuses maisons ou immeubles de rapport tels Fernand Mascret et Charles Masson.



 

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