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en Ville-Neuve, ville crée par Charles III



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Nancy au 17ème siècle par Sébastien de Pontault de Beaulieu (1612-1674), cartographe


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Plan de Nancy avec ses fortifications, la Ville-Neuve à gauche et la Ville-Vieille à droite (Archives Municipales de Nancy)

Un peu d'histoire

Aux tragédies liées notamment aux épidémies de peste au 16ème siècle succèdent au 17ème siècle les menaces, guerres et occupations françaises avec le premier siège de la ville en 1633. Lors de la guerre de Trente ans, Nancy est décimée.

Ainsi, guerres de religion et autres menaces, accroissement de la population, vulnérabilité des villages jouxtant Nancy comme Saint-Dizier, Saint-Thiébauld et Saint-Nicolas expliquent:

- d'une part, l'amélioration des fortifications existantes en Vieille-Ville (trois bastions à orillons nouveaux) au milieu du 16ème siècle;

- d'autre part, la création d'une enceinte bastionnée décidée en 1587 par le duc Charles III englobant les faubourgs et créant ainsi la Ville-Neuve;

Les audacieux« architectes- fortificateurs » sont les italiens  Citoni et Galéani pour la Ville-Vieille et Stabili et  Jean L'Hôte pour la Ville- Neuve .

Deux villes existent alors, séparées, qui seront réunies ultérieurement sous Stanislas par l’ensemble architectural du 18ème que nous connaissons avec la Place Royale (Place Stanislas), la Place de la Carrière et la Place de l’Alliance.
A la fin de la réalisation des fortifications de la Ville-Neuve, Nancy est une place forte moderne,  solide, avec ses murailles en briques et pierres ; elle est prise en référence par les souverains voisins. L'industrie et l'artisanat initiés par Charles III se développent en Ville-Neuve avec batteurs d'or, drapiers, tailleurs d'habits, verriers, relieurs. Nancy a quelque 16000 habitants à la veille de la guerre de Tente ans.

 A la fin de la guerre avec les Francais, en 1661, le traité de Vincennes rend Nancy au Duc Charles IV et les remparts de la Ville-Neuve sont détruits. Puis, avec de nouveau l’envahissement du duché par les Français, les remparts (Ville- Vieille puis Ville- Neuve) sont rétablis sur avis de Vauban entre 1672 et 1698, complétés par des ouvrages avancés; une porte réunit les deux villes, près de l’Arc de Triomphe actuel à l’emplacement de l’ancienne porte Saint-Nicolas. 1697 marque la fin de l’occupation avec le traité de Ryswick ; le Duc Léopold retrouve ses états en 1698 et va embellir considérablement sa ville.  Louis XIV décide à cette date de faire détruire le front bastionné de la Ville- Neuve, ainsi qu'un certain nombre d'ouvrages, et ce, par les Lorrains eux-mêmes. Début 18ème, un simple mur d'octroi existe en Ville-Neuve et les fortifications de la Ville-Vieille sont laissés à l'abandon.

Nancy se développe fortement sous Léopold et Stanislas; de nouvelles industries, la médecine, les Beaux-Arts, l'Université, cherchent à concurrencer la France. Après le rattachement de la Lorraine au royaume de France (1766) et à la veille de la Révolution, seuls les bastions de la Citadelle et celui de Vaudémont subsistent ...ainsi que les trois portes décrites ci-dessous.


Trois portes sont édifiées en Ville- Neuve au début du 17ème siècle : la porte Saint-Nicolas en direction de Saint- Nicolas- de- Port, la porte Saint-Georges vers l’Est et la porte Saint- Jean vers Toul. Les fortifications de la Ville- Vieille disparaissent lentement au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, des vestiges sont cependant conservés jusqu'au XIXe siècle. Une partie de muraille et d'un bastion est même visible aujourd'hui et bien mis en valeur au Musée des Beaux-Arts, place Stanislas.


Contrairement à la Ville- Vieille, la Ville- Neuve présente un ensemble de rues au tracé orthogonal sauf pour ce qui concerne la rue conduisant à Saint- Nicolas- de- Port non reconstruite alors car comprenant initialement de belles maisons. Orphée de Galéan le Milanais est l'auteur du tracé des plans. Rue Saint-Jean et rue Saint-Dizier, perpendiculaires, sont les rues principales de ce réseau de voies. Des emplacements sont laissés libres dès la construction de la Ville qui permettront notamment la réalisation de l’Hôtel de Ville de l’époque, d’une église, et aussi d'un marché et d’un espace où se trouve aujourd’hui l’Hôtel de Ville. Beaucoup de bâtiments, hélas, ont disparu à la Révolution.
Dans la Ville- Neuve, l’église Saint-Léopold est construite en 1701  (détruite à la restauration), la Primatiale l’est en 1727 et l’église Saint-Sébastien en 1731. La construction de la Primatiale et de nombreux édifices religieux s’explique par l’attachement des Ducs de Lorraine à la Contre- Réforme. Douze couvents existent dans la Ville-Neuve par Charles III mais à la fin du 18ème siècle tous les ordres sont représentés: bénédictins, bénédictines, prémontrés, chanoines réguliers, augustins, dominicains, carmes, franciscains. D'autres ordres s'installeront même plus tard: frères des écoles chrétiennes, visitation,...Ne dit-on pas alors de Nancy: "Le duc de Toscane avait construit une ville pour les commerçants, le duc de Mantoue pour les banqueroutiers, et le duc de Lorraine pour les moines".

La Primatiale devenue cathédrale


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Un chapitre primatial est crée en 1602 à Nancy, sous Charles III ; ce dernier accepte en effet la proposition du pape qui refusait le transfert de l’évêché de Toul. Un quartier se développe ainsi dans la Ville- Neuve comprenant, outre le palais du primat, des habitations et dépendances pour les chanoines et autres personnels du chapitre. Après modifications du premier projet de l’église prévue sous le premier primat, le cardinal Charles, fils de Charles III, une église est démarrée en 1610 sous le second primat Antoine de Lenoncourt. La résidence de ce dernier avait été réalisée en 1609 à l’emplacement  de l’actuel Hôtel des Prélats. Les malheurs de la Lorraine au 17ème siècle (guerre de Trente Ans, occupations par les Français, épidémies, manque d’argent) ne permirent pas la poursuite de la construction de l’édifice religieux.
Quelques dates à ce propos : 1625, Charles IV devient Duc de lorraine, 1631-1661, guerre de 30 ans, 1633, siège de Nancy par Louis XIII, 1659, Lorraine rendue à Charles IV, 1670-1697, occupation par Louis XIV.


Lorsque Léopold revient en Lorraine, le projet de construction d’une église primatiale est repris avec l’aide de Jules Hardouin-Mansart, neveu de François Mansart, architecte envoyé par Louis XIV, l’oncle de Léopold. Mansart s’inspire de l’église Sant'Andrea della Valle de Rome mais la réalisation par Germain Boffrand (collaborateur de Mansart) et les architectes de Léopold (Guesnon,Giovanni Belto, Révérend, Jennesson, Thomas Gentillâtre)) est très différente du projet initial ; la seule similitude réside dans le plan de façade, la nef et le transept. Les chapelles sont de Saint-Urbain.
La construction de la primatiale démarre en 1703 et se terminent en 1726; la première messe est célébrée en 1742. En 1777, date du transfert de l’évêché de Toul à Nancy, la primatiale de Nancy reçoit le titre de cathédrale ; elle est également basilique, titre attribué par le Pape Pie IX en 1867.
La cathédrale est consacrée à Notre-Dame de l'Annonciation mais un culte est rendu à Saint- Sigisbert, roi d’Austrasie.
Des modifications très importantes de la résidence du Prélat Antoine de Lenoncourt et des dépendances interviennent en 1762, réalisées notamment par le Cardinal de Choiseul, avant dernier primat de Lorraine, dans le goût du 18ème siècle. Diverses utilisations de ces lieux se succèdent : lieu de soins pour malades avec les Sœurs de l’Espérance, pensionnat, utilisations civiles depuis 1905 avec notamment l’existence du Grand Hôtel devenu Hôtel des Prélats aujourd’hui.

Ce qui est remarquable:
• L'évangéliaire de saint Gauzelin, héritage de saint Gauzelin, évêque de Toul (922-962) ;
• La coupole ;
• L'apothéose de Saint-Sigisbert ( peinture de 1776 attribuée au parisien Lejeune)
Sigisbert, fils de Dagobert, naquit en 630 et fut roi d'Austrasie ; on lui attribue de nombreux miracles et il est invoqué en cas de calamité. Charles III le choisit comme patron de Nancy.
• les orgues de 1757 ( par les frères Dupont, facteurs lorrains).

 

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Plan du quartier de la cathédrale en 1611
1: Le premier projet de la future Primatiale sera tranformé et la Primatiale orientée différemment.
2: L'Hôtel du Primat de Nancy
3: La maison du Doyen
15: L'Hospice Saint-Julien
Les jardins, futurs emplacement des maisons des chanoines et autres Grand-doyen, écolâtres, dignitaires


Lors de la construction de la Place Royale, Stanislas fit l'acquisition de plusieurs Hôtels particuliers pour implanter le nouvel Hôtel de Ville (Hôtel de Rouerke, de Juvrécourt et de Gerbéviller) qui furent détruits en totalité ou partiellement. L'hôtel de Rouerke (ou Domergue) de de 1726. La rue de la Constitution (ou de la Congrégation ou Barrès) est bâtie sur les jardins de cet hôtel. L'Hôtel de Ville occupe la place des remises et écuries de l'hôtel. Le dessin date de 1850. Cet hôtel a été démoli en 1890. En 1862, il abritait l'école de dessin. On reconnait une petite bâtisse présente sur les 2 photos.

Les vieilles maisons       


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On trouve des maisons anciennes, de belles portes simples ou portes cochères, des escaliers, des façades des 17ème et 18ème siècles notamment dans les rues Saint-Dizier, rue des Sœurs Macaron, rue Saint-Nicolas, rue de la Primatiale, rue du Pont-Mouja, rue Montesquieu, rue Notre-Dame, rue des Tiercelins. C’est rue Saint-Dizier que se trouvaient logés les habitants du village de Saint-Dizier détruites par Charles III fin 16ème.


Une mention particulière pour les maisons de la rue Mably :
Dans l’attente de la construction de la Primatiale à l’emplacement actuel (cathédrale), une seconde (*) église primatiale très simple fut construite près de celle en construction.  Le terrain autour, Clos de la Primatiale, servit à la construction des demeures des chanoines qu’ils payèrent pour moitié. Le second primat, Antoine de Lénoncourt, fit construire en 1609 un bel hôtel (à l’emplacement de l’actuel Hôtel des Prélats) et les trois dignitaires (Grand-Doyen, chantre, écolâtre) ainsi que les treize chanoines, se partagèrent le terrain, en respectant une superficie fonction de leur rang.
La très belle maison de briques du 9 rue Mably fut construite en 1619 pour Pierre de Stainville, le grand-doyen ; on y remarque aujourd’hui la copie par Bussière du buste de Henri II (1608-1624) , l’original étant au Musée Lorrain. C’est l’un des hôtels les plus anciens de la Ville- Neuve ; on remarque les décors en briques rouges et noires caractéristiques de la fin de la Renaissance comme on le trouve Porte Saint-Georges et autour de cette porte sur les vestiges des anciens remparts.
Le 1 de la rue Mably était l’habitation du chantre et l’écolâtre était au 7 où se situe la maison d’hôtes Myon actuellement. On trouve rue des Chanoines (ex deuxième rue des Chanoines, la rue Mably étant la première) ainsi que dans les espaces libres de la rue Mably, les maisons des chanoines. Ces maisons devinrent biens nationaux à la Révolution.
(*) après la toute première église voisine de l’actuelle église Saint-Sébastien et de la Grande Maison (Hôtel de Ville)

Les portes de la Ville-Neuve

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Plan de 1611:

En haut, Porte Saint-Georges et les bastions Saint-Jacques ( à gauche) et Saint-Georges ( à droite)
En bas, Porte Saint-Jean et les bastions Saint-Jean (à gauche) et Saint-Thiébauld ( à droite);en 48, le moulin de Saint-Thiébault

Trois portes militaires faisaient partie des remparts de la Ville- Neuve de Nancy : la porte Saint-Georges bien conservée et la plus ancienne des trois, la porte Saint-Nicolas avec ses deux façades qui subsistent aujourd’hui et la porte Saint-Jean détruite entièrement. Des bastions les entouraient avec demi- lunes, un fossé rempli d’eau et un pont- levis permettant l’accès en ville. Dans un but de protection, les deux façades de chaque porte étaient assez éloignées l’une de l’autre et non alignées, avec voûte ou demi- voûte ou encore un espace libre, respectivement pour les trois portes. Les portes ne sont pas dans l’alignement des rues de la ville ou des chemins à l’extérieur afin d’améliorer la protection en cas d’attaques ennemies. A chaque destruction des remparts, en 1661 et 1698, les portes ont été conservées, reliées à un mur d’octroi. Même après les périodes de guerre, les portes ont longtemps été fermées par des portes en bois et restaient closes la nuit.


La porte Saint-Georges


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En place peu de temps après la porte Saint-Nicolas, une première porte prit d’abord le nom de porte des Moulins mais cette porte fut remplacée par une seconde, la porte actuelle, légèrement décalée, perçant les remparts. Sa construction date de 1606 et son achèvement peu de temps après la succession de Charles III par Henri II. Le bastion Saint-Georges lui donna son nom ; ce Saint était très populaire comme l’atteste le nom de la collégiale près de la Petite Carrière.


Sur la façade extérieure, on observe un ordre toscan avec trois baies ; l’entablement porte un attique où l’on trouvait avant 1792 les armes de la Lorraine. On remarque deux hommes à la figure barbue avec un corps en feuille d’acanthe et deux sphinx ailés avec des figures allégoriques : un homme avec une corne d’abondance et une femme portant un caducée et une épée (épée rétablie par Bussière). Les statues sont de Jean Richier, neveu de Ligier Richier. Ces figures représenteraient le Commerce, la Science ou la Paix mais on suggère également qu’il pourrait s’agir de la paix et de la guerre. Un fronton circulaire porte la statue de Saint-Georges sur un cheval cabré, perçant le dragon …cheval masquant, hélas, le cavalier ! Le sculpteur en est l'artiste nancéien Florent Drouin. Enfin, on remarque des grenades enflammées. Les armoiries d’Elisée d’Haraucourt ont disparu de l’entablement. On peut également voir l’un des deux petits pavillons subsistant au-dessus des remparts.
Les deux portes Saint-Georges sont reliées par une voûte en briques.


En 1878, le conseil municipal voulut démolir la porte Saint-Georges et pendant plusieurs années une forte querelle prit place à ce sujet faisant intervenir beaucoup de personnages célèbres de l’époque dont Victor Hugo qui aida le nancéien Louis Lallement, favorable à la conservation de l’édifice. La porte fut classée en 1879.


La porte Saint-Georges par Emile Friant 1878 Vue extérieure

 Le projet de destruction de la porte Saint Georges pour faire passer le tramway anime les débats (voir ci-dessus), et Emile Friant représente le monument afin de le fixer à jamais.


La porte Saint-Nicolas
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Plan du quartier de la Porte Saint-Nicolas en 1611; les églises des Capucins et des Jésuites au voisinage ainsi que les bastions de Haraucourt ( en haut) et Saint-Nicolas ( en bas) (en haut à gauche);

Vue et Perspective des églises des Capucins et des Pères Jésuites de Nancy (Silvestre Israël) (en bas à gauche);

Porte Saint-Nicolas.

La construction de la porte Saint-Nicolas s’étale entre 1603 et 1608 donc dans les toutes dernières années de la vie de Charles III ; son nom est celui du patron de la Lorraine et elle permettait de se diriger vers Saint-Nicolas-de-Port.

Les deux façades subsistent ; deux baies pour la façade côté banlieue depuis 1865, contre trois auparavant. Un écu recevait les armes d'Elisée d'Haraucourt, gouverneur de Nancy ; on remarque encore le heaume qui lui sert de cimier. On voit, restaurées en 1865 car martelées à la Révolution, les armes pleines de Lorraine surmontées d'une couronne et d'une aigle et ayant pour support deux autres  aigles affrontées, parées du collier perlé portant une croix de Lorraine. Les grenades enflammées et les obélisques datent de la même époque. La voûte sur un demi-espace entre les deux portes a disparu. On remarque aussi le chardon lorrain et les alérions, l’aigle portant au cou la croix de Lorraine. Côté ville, trois baies séparées par des colonnes doriques, un entablement orné de triglyphes avec quatre piédestaux ; un vase et un groupe d’enfants datent de fin 18ème.
Sous la Révolution, cette porte prit un temps le nom de porte de la Constitution.

La porte Saint-Jean

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Gravures, photo et plan: façades de l'ancienne porte Saint-Jean et emplacement des fortifications par rapport à la porte.

La porte Saint-Jean, à l’opposé de la porte Saint-Georges, conduisait à la Commanderie Saint-Jean ; elle a, hélas, aujourd’hui complètement disparu. Sa construction s’étala de 1604 à 1620 ; elle présentait deux façades et une cour intérieure avec arcades. Cinq baies dont une seule ouverte en 1762, se trouvaient sur la façade extérieure séparées par des pilastres doriques ; les mascarons alors présents se trouvent au musée lorrain. Un entablement orné de triglyphes portait les initiales H (pour Henri II) et M (pour Marguerite de Gonzague, sa femme), des obélisques, les armes d’Elysée d’Haraucourt, gouverneur de Nancy, décoraient cette façade. Cette dernière fut fortement modifiée en 1762.
Trois baies composaient la façade intérieure, la baie centrale étant entièrement ouverte. Le musée lorrain conserve les sculptures des Termes qui décoraient la façade.
On ne pense pas qu’il y ait eu de voûte entre les deux façades. La partie extérieure de la porte fut détruite d’abord en 1868-1869 alors que le quartier de la gare était en pleine expansion puis la partie intérieure fut abattue. Il était nécessaire de faciliter le passage du premier tramway hippomobile (arrêté de 1874).


vue de l'extérieur de la ville


L'église Saint Sébastien et l'ancien Hôtel de Ville


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Tout comme l’église primatiale devenue cathédrale, l’église Saint-Sébastien date de l’époque du duc Léopold mais la paroisse date de la fin du 16ème siècle et concernait toute la Ville- Neuve. Avant la construction de l’église Saint-Sébastien, les offices, après avoir été célébrés en la chapelle de l’hôpital Saint-Julien, se passaient dans une première primatiale, très modeste, rue des Ponts, ceci depuis 1607. Les offices y furent célébrés jusqu’à l’époque de Léopold. En 1682, une tour est crée par David-Nicolas Phulpin afin de donner une meilleure image de l’église ; c’est la tour Sud actuelle. L' ordre de Léopold, de démolir l’église en fort mauvais état, date de 1719. Les travaux pour une nouvelle église démarrent en 1720 avec comme architecte Nicolas Jennesson ; la fin des travaux date de 1731.
Le portail est en forme de fer à cheval, composé des ordres dorique et ionique séparés par un entablement avec triglyphes. Des bas-reliefs ornent l’étage inférieur : Vierge, Christ et anges, Saint-Nicolas avec des enfants et Saint-Charles Borromée, la corde au cou en adoration devant la croix; le sculpteur en est Joseph-Dieudonné Pierre.
Les statues de Saint-Sébastien et du Duc Léopold sont de Victor Huel père et datent de 1880.
Dans la nef, le tableau de Saint-Sébastien percé de flèches ainsi qu’une Annonciation.

Une jolie photo de la rue Saint-Thiébaut aujourd’hui barrée par le Centre Saint-Sébastien; la maison du 17ème siècle de Jean Lamour aujourd'hui démolie (le 28 mai 1984) dans la partie disparue du quartier Saint-Sébastien.  Le portail et son vantail classés seraient conservés au Couvent des Cordeliers. Le quartier Saint-Sébastien a été largement « croqué » par le peintre et aquarelliste Marcel Euvrard. Ici les rues Saint-Thiébaut et Notre-Dame.

On trouvera des photos du quartier Saint-Sébastien avant démolition ICI

Place du Marché, place Mangin, place Charles III

La place Mangin n'est qu'une portion de la place du Marché, entre la rue des Ponts et la rue des Quatre-Eglises (entre l'église Saint-Sébastien et la criée municipale lorsqu’elle existait). Elle fut créée sur l'emplacement de l'ancien Hôtel de ville (*), édifié en 1598 et démoli en 1751. La place du marché / place Mengin s’est aussi appelée place Neuve, place Mengin en 1778, place de l’Héroïsme en 1792, place de la Constitution en 1793 puis Cours Mengin en 1817 (alors avec des tilleuls comme sur le place d’alliance, des bancs de pierre et légèrement surélevée par rapport au reste de la place du marché), puis place du Marché en 1839. Les petites maisons côté sud furent construites par le lieutenant- général du baillage Mangin suite à un accord en 1764 entre celui-ci et la ville de Nancy ; suivant cet accord, Mangin ne pouvait détruire les arbres devant l’église Saint-Sébastien.
La place Mengin / place du marché reçut la foire de Nancy en 1777 et les baraques des marchands étaient situées autour d la place ; elle y resta quelque 40 ans avant de repartir à la Carrière, faute de place.
En 2011, on parle de mettre sur la place Mengin une statue équestre de Charles III ce qui ne se réalise pas suite à polémique. On pose en 2013 1300 pavés en verre à l’effigie du duc et on édifie quatre mâts-signaux de 18 mètres sertis de diodes luminescentes, œuvres de Patrick Rimoux, "sculpteur lumière".
(*) Lieu du siège de la cour souveraine jusqu’en 1751, construit par Jean Vincent pour servir d’hôtel de ville et de palais de justice.

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Gravures: quartier du vieil Hôtel de Ville (la "Grande Maison") où se trouve aujourd'hui Saint-Sébastien (1611)

Cet Hôtel de Ville était à l'emplacement de la Place Mengin; la vue à droite est la seule représentant ce bâtiment  (Archives de Nancy par Henri Lepage); c'était entre 1598, date de sa construction et 1610, l'Hôtel particulier de Jean Vincent, trésorier de Lorraine

A noter: la Grande Fontaine ( 47) et la primatiale provisoire de Nancy (7) pratiquement à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Sébastien. Le marché aux blés est en 40. le "forum vinarium" en 39.

L'entrée de l'hôtel de Ville se faisait par la rue des Quatre-Eglises par un perron (vu sur le plan de Dom Calmet de 1728 (à droite); deux petites portes avec perron permettaient également l'accès par le rue des Ponts ( à gauche)

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La place Charles III, anciennement place Mengin (côtés nord, ouest, sud). Gravés par l'artiste Vincent Breed, 1300 pavés intégrent un écu à l’effigie du duc Charles III



 Modèle réduit de Charles III (musée lorrain). Cette statue s'inspire de la statue de Cosmes 1er de Médicis à Florence, par Jean de Bologne. Par David et Antoine de Chaligny, hélas inachevé ....sauf le cheval dressé sur notre place Charles III pendant un certain temps, cheval que Louis XIV a bien apprécié jusquà l'enlever en 1671!

 

Autres lieux du patrimoine:


on peut se rapporter aux plans et cartes de Nancy consignés ici

Bibliothèque municipale (ancien Palais de l'Université)

Ce bâtiment a été réalisé par l'architecte Charles-Louis de Montluisant entre 1770 et 1778 suite à la décision de transférer à Nancy l'Université de Pont-à-Mousson. La bibliothèque publique fondée par Stanislas est transférée de l'Hôtel- de- Ville dans cette Université en 1794.

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Synagogue, au début du 20ème siècle, boulevard Joffre
Hôtel des Missions Royales et son église Saint-Pierre
Entrée du parc Olry: l'ancien portail d'entrée de l’Hôtel Mahuet rue Saint- Dizier, œuvre de l'architecte Germain Boffrand.

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Chapelle de la Visitation et ancien couvent des Capucins rue Saint-Dizier; soeurs de la doctrine chrétienne actuellement / dames du Saint Sacrement sur le plan de 1752 par exemple

Chapelle de la Visitation (dans le lycée Poincaré aujourd'hui) et couvent des Minimes (rue de la Visitation)

La construction de l'église suivant les plans de l'architecte Jacques-Denis Antoine date de 1780-1783. Vestige du convent des Visitandines, on remarque les sculptures de Söntgen représentant la Foi (la croix) et l'Espérance (l'ancre); l'architecture est néo-classique. A l'intérieur, un péristyle ouvrant sur la chapelle ronde dont on remarque la splendide coupole à caissons éclairée par une verrière.

Du couvent des Minimes ne subsistent aujourd'hui que le cloître et une cour dans le lycée Poincaré. Il y avait au départ une église et plusieurs bâtiments. Quelques monuments ou mausolées se retrouvent dans l'église des Cordeliers ou dans l'église de Bonsecours; dans l'église des Minimes détruite complètement en 1808, étaient enterrées de grandes familles lorraines (Beauvau,...).



la chapelle de la Visitation à Nancy

L’architecte est Jacques Denis Antoine, parisien, célèbre pour avoir réalisé l’Hôtel des Monnaies de Paris. La première pierre est posée en 1780 et l’ouvrage est terminé en 1783.
On s’éloigne alors du style rococo et baroque et le monument est néo-classique, sévère, pratiquement sans décor, sans statue ni vitrail.
A l'intérieur, on remarque une élégante balustrade et surtout la coupole en trompe-l’œil. A l'entrée, les sculptures de Söntgen

La Synagogue (boulevard Joffre)

Elle a été inaugurée en 1790 dans une zône marécageuse (voisine de l'étang Saint-Jean), édifiée sur les plans d'Augustin- Charles Piroux. Modifiée et agrandie à plusieurs reprises jusqu'au 20ème siècle. Seule la synagogue de Lunéville, également de Piroux, est plus ancienne dans le royaume de France.

Hôtel des Missions Royales (avenue du maréchal de Lattre de Tassigny au delà de la Porte Saint-Nicolas, dans le quartier Saint-Pierre)

Il date de 1741-1743 et l'architecte en est Emmanuel Héré; des Jésuites y étaient hébergés et il comportait un appartement destiné à Stanislas. C'est aujourd'hui un cadre prestigieux du 18ème pour le siège administratif de la faculté et un lieu d'enseignement.
On remarquera l'ancienne église Saint-Pierre de 1736 par Jean-Nicolas Jennesson et les ferronneries et balustres de Jean Lamour pour l'escalier.


Porte Saint Stanislas

Cette porte de style dorique, date de 1752. On remarque les statues représentant la Musique, l'Architecture, la Sculpture, la Peinture ainsi que Minerve (avec la tête de la Méduse sur son bouclier) et Apollon jouant de la lyre. On observe également les armes de Stanislas avec le buffle. Des trophées d'armes se trouvent sur la façade extérieure avec Mars portant un bouclier et Hercule portant une massue.


Bâtiment Poirel (salle de concert et galerie d'expositions)

Le bâtiment a été bâti fin 19ème d'après les plans de l'architecte Albert Jasson, suite à un legs de Victor et Lisinska Poirel, amateurs d'art.

Ancienne église Saint- Joseph des Prémontrés devenue temple protestant en 1807.

Sa construction s'est faite entre 1713 et 1759. L'architecte est Giovanni Botto mais son achèvement se fait sous l'architecte Mique. On observe des pilastres corinthiens, un Saint-Joseph avec Jésus dans le premier ordre. Une sculpture de la Providence avec des chérubins décorent le second ordre.

La rue St Dizier

Elle est l'axe principal de la Ville- Neuve des 17ème et 18ème siècles. Outre les hôtels on trouvait aussi quatre églises (Noviciat, Capucins, Saint-Sacrement, Saint-Roch). A l'emplacement du marché actuel rénové en 1934 et plus récemment en 2006 se trouvait l'ancien Hôtel de Ville de 1599 construit par Charles III (voir plan ci-dessus).
On remarque au 48 de cette rue le buste d'époque de Léopold ainsi que la maison de naissance du portraitiste Jean-Baptiste Isabey, né en 1767 (au 54 de la rue) ; une statue restaurée à l'angle de la maison rappelle le passé religieux de ce quartier.

La façade de l'ancienne façade du noviciat à restaurer aussi est au 163, à deux pas de la porte Saint-Nicolas; ce noviciat a été fondé en 1602 par Antoine de Lenoncourt.
Le Collège des Jésuites y a été installé à l'expulsion des Jésuites en 1768, collège dirigé par l'abbé Lionnois entre 1768 et 1776. Selon un voeu de Stanislas, l'hospice des enfants trouvés (dit Hospice Saint-Stanislas) s'y installera ensuite. Aujourd'hui le bâtiment entre style classique et style Renaissance, attend sa restauration; il appartient au CHU de Nancy.



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Façade du noviciat des Jésuites (ancienne église des Jésuites) voir plan de 1752 par exemple

Façade de la maison où se trouve le buste du duc Léopold . Splendide buste en pierre de taille du duc de Lorraine, encastré dans une niche élégante avec les mots Leopoldo primo Anno 1706. Cette maison avait été donnée par le duc Léopold à son barbier qui, par reconnaissance à son bon duc, la décora.

C'est devant ce buste « que les vieux Lorrains » sont venus  manifester leur loyalisme lors de l'inauguration de la statue de Louis XV sur la place Royale en 1755. On croit que cetlte maison du Buste de Léopold était peinte autrefois

La Maison du peintre Isabey.

Cet endroit portait au début du 20ème siècle le nom de « Coin de la Vierge ». A mettre en parallèle avec le « Coin de Saint Roch » au Point Central, du nom de l’ancienne église dont nous avons déjà parlé à Lorraine Café, église détruite à la Révolution et qui fut la paroisse de la Ville-Neuve ainsi que le Collège des Jésuites pendant deux siècles.
Au-moment de la création de la Ville-Neuve et de l’attribution des terrains, ceux correspondant au « Coin de la Vierge » appartenaient en 1591 à un certain Nicolas Habillon employé dès 1568 par Nicolas de Lorraine comme procureur (*) au change de Nancy et ensuite anobli par Charles III.
(*) Homme de lois représentant les comtés auprès des tribunaux.

Jean-Baptiste Isabey est né dans la maison du 54 rue Saint-Dizier où se trouve la statue de la Vierge-Mère. Le célèbre peintre miniaturiste est né le 11/04/1767 et est mort à Paris le 18/04/1855. Il fut attaché au cabinet de Napoléon 1er puis à celui de Charles X et aussi directeur des ateliers de peinture de la manufacture de Sèvres.
Une plaque rappelant cette naissance avait été apposée en 1858 au-dessus de la porte d’entrée de la maison par M. Suisse, horloger avec la mention : « maison natale de J-B Isabey, peintre, 1767-1855 ». Au-début du 20ème siècle une autre plaque est apposée par Henri Suisse, le propriétaire, dans un cartouche Louis XVI. Celui-ci a fait restaurer la Vierge de l’angle attribuée à Bouchardon ou à son école (18ème siècle). L’ensemble Vierge et écusson aux armes pleines de la Lorraine était jadis peint et doré.
Lors de la restauration en décembre 1911, le propriétaire a souhaité que cet ensemble garde le ton naturel de la pierre.
On lisait alors dans deux cartouches de la niche les deux dates de 1614 et 1868, dates indiquant la construction de la maison (**) et la précédente restauration de cet ensemble de sculptures.

La Ville-Neuve de Nancy a compté jusqu’à 48 statues de la Vierge en façade ou en coin de maison.


(**) Le plan de Claude de La Ruelle de 1611 montre en effet qu’il n’y a pas de construction à cet endroit. Nicolas Habillon n’a pas fait construire lors de l’attribution des lots de la Ville-Neuve et ce contrairement à son engagement. Il a vendu le terrain qui lui avait été attribué à différents propriétaires qui ont fait construire plus ou moins rapidement.


Guetteur dans le beffroi de Saint-Sébastien
(carte postale première partie du 20ème siècle)

Fin janvier 1913, il  existe encore deux guetteurs à Nancy, l’un à Saint-Epvre et l’autre dans le clocher de l’église Saint-Sébastien. Leur traitement est de 700 francs par an, plus le logement. Il veille sur Nancy, inspectant les routes par lesquelles l’ennemi peut venir et aussi surveillant l’incendie, prêt à sonner le tocsin. De plus, il sonne la breloque à 8 heures pour inviter les ménagères à balayer devant leur porte et il sonne à 22 heures pour le couvre-feu.  On parle à cette époque de  supprimer leur présence comme à Lunéville récemment, ces actions ne se faisant plus depuis longtemps si ce n’est cette action de « sonner la breloque » dont personne à cette époque ne sait plus la signification. ( référence Est Républicain de l'époque)

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Cette Vierge est située au 145 de la rue Saint-Dizier au carrefour de la rue Charles III

Je n'ai pas trouvé d'information sur l'origine de cette statue.
Nous sommes à proximité de l'ancien couvent des Capucins ( au 149) et de l'emplacement de l'ancienne église des Capucins (au 147); le 145 est de l'autre côté de la rue Charles III.

Y-a-t-il un lien entre cette ancienne église et notre Vierge?

Quelques repères notes chronologiques sur le Couvent et l’église des Capucins :
1590 : Création de la Ville-Neuve. Terrain réservé pour les Capucins appelés par le fils de Charles III ; religieux introduits en France en 1564 ; Voir l’église modeste sur le plan de La Ruelle ci-dessous.
1613 : Erric de Lorraine fils de Nicolas de Vaudémont aide avec d’autres à faire rebâtir l’église et le couvent
1633 : Rôle effacé des Capucins qui mendient auprès de la population et ne sont qu’une charge pour la population
1721 : Nouveau couvent et nouvelle église sous Léopold
1744 : Sous Stanislas, nouveaux aménagements avec son aide. Eglise sous l’invocation de Saint Michel
Eglise fermée aux fidèles sous la Révolution
1802 : Nouvelle paroisse Saint-Nicolas
1809 : Le portail provient de l’Hôtel de Vioménil ; statue de Saint Nicolas dans une niche au-dessus du portail.
1851 : Petit clocher de bois.
1874-1880 : Nouvelle église Saint-Nicolas rue Charles III par Morey. L’ancienne église est détruite en 1880. Les sœurs de la Doctrine Chrétienne déjà installées dans le couvent prennent possession du terrain où se situait l’église et font bâtir la maison que l’on voit de nos jours.

Les cinq dernières sœurs de la Doctrine Chrétienne habitant ce lieu vendent leurs meubles en octobre 2014 ; un foyer-résidence de 100 logements pour séniors voit le jour.




Le carrefour Rue Saint-Dizier / Rue Charles III (rue de la Grève) dans l’histoire :
Photo du dessus:
le premier couvent et la première église des Capucins sur le plan de De La Ruelle. Des jardins à l'emplacement de notre Vierge au 145.
Photo du dessous à gauche:
On voit au premier plan à gauche l'entrée de l'église des Capucins puis la porte de l’entrée du couvent (la forme de cette porte subsiste aujourd’hui) Plus loin, le mur longeant la rue Saint-Dizier et l'église du noviciat des Jésuites. Au fond la porte Saint-Nicolas (gravure d’Israël Silvestre 1621-1691)
Photo du dessous à droite:
L’ancienne église Saint-Nicolas ( au 147) avec son clocheton, immeuble d’habitation aujourd’hui (dessin de M. Pierre)


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La maison rue du Four au coin de la rue Saint-Dizier
 Le plan de 1720 avec présence du passage donnant accès aux fours et le plan de 1822 avec présence de la rue du Four (passage élargi).
 Pour mémoire, la rue Drouot qui prolonge la rue du Four ne date que de 1842.
 Elle est absente du plan de 1822,seulement projetée.
 On remarquera qu'en 1822, la place Mengin aujourd'hui Place Charles III était plantée d'arbres, des ormes​

Rue du Four et fours banaux

On y trouvait des fours banaux entre 1668 et 1764, fours transportés ailleurs ensuite mais on ne sait où.
 Elle portait le nom de « rue du Four » lorsqu’on se situe côté rue des Quatre-Eglises ou aussi d’« entrée de la rue du four » lorsqu’on se situe côté rue Saint-Dizier. Avant 1764, on parlait simplement de « fours de la porte Saint-Nicolas ». L’élargissement du passage d’accès aux fours date de l’arrêt du Conseil des Finances du 9 Avril 1764 ; l’accès aux fours était auparavant un petit passage de 2,85m de large (10 pieds de Lorraine); on parle même de coupe-gorge. On rentrait dans cet endroit par deux portes cintrées au niveau des rues Saint-Dizier et des Quatre-Eglises, une troisième porte était située au milieu ; voir par exemple le plan de De la Ruelle avec une porte très visible.


la "rue du four" en 1754, passage premettant d'accéder au four banal, entre la rue Sint-Dizier en haut et la rue des Quatre-Eglises en bas (plan de Belprey)

 A une époque où la rue n’a pas de dénomination, en 1738, la Chambre des Comptes fait mention des fours banaux de la Porte Saint-Nicolas (ceux de la rue du Four) et des fours banaux de la Douane à l’angle des rues Saint-Jean et Notre-Dame. Les bourgeois de la Ville-Neuve avaient le droit d’avoir leur propre four dans leur habitation. Ce privilège leur avait été accordé par Charles III afin de permettre l’établissement plus rapide des habitants en Ville-Neuve et le développent plus rapide de la ville. Par contre, ces mêmes bourgeois n’avaient pas le droit de faire cuire la pâte des habitants n’ayant pas de four. Ceux-ci devaient utiliser les deux fours banaux de la Ville-Neuve précités appartenant au Domaine ou encore ceux de la Ville-Neuve appartenant non plus au Domaine mais à la Ville, fours régis par les fermiers de la Ville. Les fours de la Ville-Neuve étaient suffisants pour satisfaire les habitants sujets à la banalité.


 On retrouve un décret en 1731 interdisant aux habitants dont les maisons donnent sur ce passage dénommé plus tard « rue du Four » de déposer voiture, bois, fumier et de fréquenter le lieu la nuit avec des lumières afin d’éviter l’incendie, tout ceci sous peine d’amende. Le fermier, responsable des fours devaient respecter des heures d’ouverture -fermeture des portes du passage permettant l’accès aux fours.
 Du côté rue Saint-Dizier, le passage était commun aux propriétaires des maisons ayant leur porte dans le passage et au domaine alors que du côté rue des Quatre-Eglises le passage appartenait au Domaine.

La banalité au profit du Domaine datait de 1571.

Pour les fours banaux de Nancy, on se rapprochera de cette étude

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Rafles des 2 et 5 mars 1943 à Nancy
Plaque commémorative rue Raugraff, près de la Place Charles III​

 Rappel de l’évènement:
http://lhistoireenrafale.blogs.lunion.presse.fr/2013/03/05/5-mars-1943-des-jeunes-nanceiens-rafles/

 Chaque année, l’association Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la
 Déportation et l’Amicale Mauthausen, en partenariat avec la Ville de Nancy, organisent
 un parcours mémoriel des rafles qui se sont déroulées les 2 et 5 mars 1943 à Nancy.
La cérémonie s’est passée le 28 février 2014? 70ème anniversaire de cet évènement.



Petit rappel historique sur ce lieu

 L'abattoir de Nancy Ville Neuve subsista à cet endroit du 12 rue Raugraff jusqu'en 1842, date à laquelle il fut transféré au-devant de la porte Sainte-Catherine; il avait été fondé par Henri II près d'un abreuvoir donnant sur le ruisseau Saint-Jean. Les bouchers étaient tenu d'utiliser cet abattoir pour tuer les bêtes sauf les porcs, agneaux, brebis et de payer une taxe par animal. Une boucherie fut créée où les bouchers de Nancy avaient leurs étaux. Les derniers vestiges de cette boucherie ont disparu en 1868, lorsque, sur son emplacement fut créée l'école de filles, dite école Raugraff .
 A cause de cet établissement, on donna au 18ème siècle à ce tronçon de la rue de l'Église le nom de rue de la Boucherie comme il y avait confusion entre la rue de la Boucherie de la Vieille-Ville et celle-ci, on changea le vocable le 30 décembre 1839, et ce tronçon devint la rue Raugraff.
 Le comte de Raugraff est un généreux bienfaiteur qui venait de léguer à la Ville 200 000 francs, pour la création d'un dépôt de mendicité rue Saint-Léon.
 L'immeuble est occupé aujourd'hui par le syndicat de salariés Force Ouvrière.

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Hôtel Beauvau 1592  (angle rue Saint-Dizier- rue Dom Calmet)


Lors de la création de la ville neuve de Nancy par le duc de Lorraine Charles III, Claude de Beauvau, baron de Manonville et "gouverneur des personnes et état du marquis de Pont-à-Mousson" (le marquis de Pont étant alors Henri de Lorraine, futur duc de Lorraine sous le nom d'Henri II), reçoit en 1591 un terrain sur la place du marché, face aux fortifications de la vieille ville
 

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Rue Saint-Dizier: la maison Clodion  puis la maison Adam

Sur la Maison dite de Clodion:


En 1873, on a découvert l’atelier de Clodion dans une dépendance du 22 rue Saint-Dizier, en particulier le four que Clodion utilisait pour ses terres cuites ainsi que des moulages en terre et en plâtre, des épreuves, des ébauches, des œuvres jusqu’alors inconnues. On a également trouvé dans une cave une inscription de 1793 en latin au nom de Léopold Fabert.
Cette « Maison de Clodion » ou « Maison Demenge-Crémel » était fin 18ème la maison du ferrailleur Fabert, parent de Clodion, qui lui offrit l’asile lors de la Révolution.  Les bas-reliefs ou trophées réalisés par Clodion sont en rapport avec la fabrication ou le travail du fer et le commerce. En 1912, on indique que les somptueux locaux du « Bon Marché » de Monsieur Demenge-Crémel seront libres. L’intérieur De la Maison Demenge-Cremel fut hélas complètement démolie pour y faire un cinéma.

Deux immeubles présentaient à Nancy des sculptures de Claudion en façade : le 22 de la rue Saint-Dizier où les œuvres subsistent et le 2 rue Saint-Jean où l’immeuble a été totalement démoli pour être remplacé par un magasin à l'architecture quelconque.

Sur la maison des Adam:

« Au-dessus du rez-de-chaussée court une frise dont les personnages et les animaux — éléphant, cheval, chameau, crocodile — symbolisent les diverses parties du monde. Entre les croisées du premier étage, sur une console, une femme est entourée de deux gracieux génies; d'autres génies au-dessus des croisées laissent tomber les instruments de l'architecte, du sculpteur, du peintre et du musicien. Puis voici les divers dieux de la mythologie : Vénus avec le jeune Amour ; Mars, superbement empanaché ; Saturne avec sa faux que soutient un génie ; Apollon avec sa lyre ; Bacchus couché élevant une coupe à ses lèvres. D'autres divinités encadrent le cintre des deux fenêtres du second étage : à gauche, Jupiter et Junon ; à droite, Neptune e Amphitrite. »

Pour en savoir plus, l’ouvrage de référence, les Adam et Clodion
http://archive.org/stream/lesadametc...ge/n9/mode/2up



Rue Saint-Dizier avec "Le Point Central" et plus particulièrement "le coin de Saint-Roch"

Comme la rue des Ponts et la rue des Quatre-Eglises, la rue Saint-Dizier avait quatre églises :
- l'église paroissiale Saint-Roch appartenant aux Jésuites du Collège de Nancy; son premier curé nommé par l’évêque de Toul fut Charles-François de Tervenus. Il prit possession de l’église, louée aux Jésuites par l’Hôtel- de- Ville, en 1731.
- l'église des Bénédictines du Saint-Sacrement, sur l'emplacement de la rue du Général Drouot ;
- l'église des Capucins (ancienne église paroissiale de Saint- Nicolas)
- l'église du Noviciat des Jésuites (dont le portail existe encore à l’hôpital, anciennement l'Hospice Saint-Stanislas)....solution proposée par Clémath

L’église Saint-Roch était située à l'angle des rues Saint-Dizier et Saint-Jean, là même où se trouve aujourd’hui le magasin Armand Thiéry (28 rue Saint-Dizier). Au début du 20ème siècle, on trouvait un magasin d’ameublement (magasin Saumier « au coin de Saint-Roch ») puis la Banque de Nancy devenue Banque Nationale de Crédit (voir cartes postales de l’époque). Sous cet immeuble du à l’architecte Louis Lanternier, les anciennes cryptes et caveaux de l’église des Jésuites furent transformées en salle des coffres. De nombreux Nancéiens de la noblesse et de la bourgeoisie des 17 et 18èmes siècles y étaient enterrés après l’évêque de Toul Jean des Porcelets de Maillanne, fondateur du Collège de Nancy. L’église de quelque 46 mètres par 24 ressemble à celle du noviciat avec un rez-de-chaussée surélevé. Le duc Léopold avait fait décorer le plafond en bois par Claude Charles et Giacomo Barilli. L’église disparut à la Révolution.
Juste à côté de ce « Coin de Saint-Roch » au Point Central où se trouvait l’église Saint-Roch, au 26 de la rue Saint-Dizier était l'ancienne sacristie et le presbytère de l’église.

L'ancienne église Saint-Roch devenue aujourd'hui l'immeuble Art Nouveau (architecte Louis Lanternier)

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Les 1300 pavés de verre incrustés sur la place Charles III. Nouvel aménagement de la place en 2013.  Les pavés ont été réalisés par l’artiste Vincent Breed et représentent un écu à l’effigie du duc Charles III

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Bibliographie : BNF ( Gallica)

Urbis Nancei Lotharingiae metropolis secundum formam quam hoc anno 1611 habet exactissima delineatio par Claude de la Ruelle dessinateur ( 1610- 1611) ( plan de Nancy)

Histoire de Nancy. par Christian Pfister (1857-1933), éditions 1902-1909

Ville de Nancy

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« Le soleil sous la soie » d’ Eric Marchal aux Editions Anne Carrière

et si vous souhaiter connaître la vie d'un héros de roman dans la Ville- Neuve et la Ville- Vieille de Nancy à la fin du 17ème siècle, un ouvrage passionnant et très fortement documenté est ici.

 



 

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