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Nancy: Art Nouveau / École de Nancy

En 1901, l'École de Nancy, alliance provinciale des industries d'art, est officiellement créée. L'année 1901 marque aussi l'entrée de l'architecture nancéienne dans l'Art nouveau. Louis Majorelle confie au jeune architecte parisien Henri Sauvage la construction de sa maison personnelle, au chantier de laquelle sont associés les Nancéiens Jacques Gruber et Henri Royer, et les artistes parisiens Alexandre Bigot et Francis Jourdain. La Villa Majorelle sera rapidement considérée comme une oeuvre manifeste.
La même année, les architectes Charles et Émile André, en collaboration avec Jacques Gruber et Eugène Vallin, entament la construction des Grands Magasins Vaxelaire, inaugurant ainsi le cycle de modernisation du centre de la ville : commerces, établissements bancaires, brasseries et hôtels se feront désormais les hérauts de l'architecture et de la société nouvelles.
C'est encore en 1901 que les architectes Émile André et Henry Gutton dessinent le lotissement du parc de Saurupt sur le modèle résidentiel du Vésinet - une réponse, partiellement réalisée, à l'extension anarchique de la ville et aux nouvelles attentes de l'habitat urbain.
De ces expériences pionnières naîtront tout un registre de programmes, de typologies, de formes et d'éléments décoratifs - céramique architecturale, ferronnerie, vitrail... - qui marqueront durablement le paysage de Nancy.

Artistes  de l’Ecole de Nancy ou Art Nouveau

 Emile André Henri Bergé
Albert Bergeret Ernest Bussière
Eugène Corbin Alphonse Cytère A et A Daum
Alfred Finot Emile Friant Charles Fridrich Camille Gauthier
Emile Goutière-Vernolle Jacques Gruber
Louis Guingot Louis Hestaux Louis Majorelle
Camille Martin J. et P. Mougin Muller Frères
Paul Nicolas Victor Prouvé Hokkai Takashima
Eugène Vallin René Wiener Louis Weissenburger
Georges Biet Henri Gutton Paul Charbonnier
Léon Cayotte Joseph Janin Joseph Hornecker
Charles-Désiré Bourgon César Pain Pierre Lebourgeois
Henri Sauvage Emile toussaint Alexandre Bigot
Louis Marchal Lucien Bentz Joseph Janin Paul Nicolas

Principaux lieux Art Nouveau
Voir en particulier la Maison Bergeret, la Villa Majorelle, l'Excelsior / le Flo

Maison, lieu Date Architecte Adresse
L'Est Républicain 1912 Pierre le Bourgeois 5bis Avenue Foch
Printemps/ Magasins Réunis 1925 Pierre le Bourgeois 2 avenue Foch
Banque Varin Bernier 1906-1909 Joseph Hornecker 4 Place Maginot
Ensemble Poirel 1889 Albert Jasson 5 rue Victor Poirel
Brasserie Excelsior / Flo 1910 Lucien Weissenburger A. Mienville 1 rue Mazagran
Immeuble Margo 1906 Eugène Vallin Paul Charbonnier 86 rue Stanislas
Chambre de Commerce de 54 1908 Emile Toussaint Louis Marchal 40 rue Henri Poincaré
Maison Houot 1907 Joseph Hornecker 7 rue Chanzy
Banque Renauld / BNP 1910 Emile André Paul Charbonnier 9 rue Chanzy
Graineterie Génin / CCF 1901 Henri et Henry Gutton 2 rue Bénit
Magasin Vaxelaire 1901 Charles André Emile André E.Vallin 13 rue Raugraff
Immeuble du Dr Aimé / Société Gle 1903 Georges Biet Eugène Vallin 42-44 rue Saint-Dizier
Magasin Vaxelaire et Pignot 1913 Lucien Weissenburger 53-57 rue Saint-Dizier
Maison Arnoux-Masson 1911-1913 Louis Déon 24 rue Saint-Dizier
Crédit Lyonnais / LCL 1901 Félicien César 7B-9 rue Saint-Georges
Pharmacie du Ginkgo 1915 Paul Charbonnier 38 rue des Dominicains
Magasin Goudchaux 1901 Eugène Vallin 4 rue des Dominicains
Immeuble Camal 1904-1905 Emile André 5 rue Saint-Julien
Casino des Familles 1902 Louis Lanternier 7 rue Saint-Julien
Loge du concierge 1902 Emile André Henry Gutton 2 rue des Brices
Villa Les Glycines 1902-1904 Emile André 5 rue des Brices
Villa des Roches 1904 Emile André 6 rue des Brices
Villa Marguerite 1903-1905 Joseph Hornecker 3 rue du Colonel Renard
Maisons de ville     Rue du Maréchal Gérard
Villa Lang 1905-1906 Lucien Weissenburger 1 Bd Georges Clémenceau
Maison Corbin Musée Ecole de Nancy 1911-1912   36-38 rue du Sergent Blandan
Villa Lejeune 1902-1903 Emile André 30 rue du Sergent Blandan
Maison Biet 1907 Georges Biet Eugène Vallin 41 rue Pasteur
Maison Renaudin 1902 Lucien Bentz 49-51 rue Pasteur
Parc Sainte-Marie Maison alsacienne 1909    
Piscines Nancy Thermal 1910-1913   rue du Sergent Blandan
Lotissement rue Félix Faure 1900-1910 César Pain rue Félix Faure
Immeuble Mangon 1902 Paul Charbonnier 3 rue de l'abbé Gridel
Villa Majorelle ou villa JiKa 1901-1902 Henri Sauvage 1 rue Louis Majorelle
Immeuble France-Lanord 1902-1904 Emile André 71 Avenue Foch
Immeuble Lombard 1902-1903 Emile André 69 Avenue Foch
Immeuble Loppinet 1902 Charles Désiré Bourgon 45 avenue Foch
Maison du Docteur Jacques 1905 Paul Charbonnier 41 avenue Foch
Pharmacie Jacques 1903 Lucien Bentz 55 rue Jeanne d'Arc
Immeuble Biet 1901-1902 Georges Biet Eugène Vallin 22 rue de la Commanderie
Maison du Docteur Spillmann 1907-1908 Lucien Weissenburger 34 rue Saint- Léon
Pharmacie Rosfelder 1902 Emile André 12 rue de la Visitation
Musée des Beaux-Arts Collection Daum     3 place Stanislas
Maison du Peuple 1900-1902 Paul Charbonnier 2 rue Drouin
Maison et Atelier Eugène Vallin 1895-1896 Eugène Vallin 6-8 Bd Lobau
Maison Gaudin 1899 Georges Biet 97 rue Charles III
Maison Bergeret 1903-1904 Lucien Weissenburger 24 rue Lionnois
Imprimerie Royer 1899-1900 Lucien Weissenburger 3B rue de la Salpètrière
Maison Geschwinderhammer 1905 Joseph Hornecker et Henri Gutton 6T Quai de la Bataille
Etablissements Gallé 1912-1926 Henri Louis et Henri Victor Antoine 36 Bd Jean Jaurès
Maison du Docteur Hoche 1906-1907 Georges Biet 16 rue Emile Gallé
Maison Ducret 1908 Paul Charbonnier Emile André 66 rue Jeanne d'Arc
Cimetière de Préville: monuments     rue Raymond Poincaré
Maison Noblot 1912 Emile André 2 rue Albin- Haller
Maison Collignon 1905   rue de Boudonville
Maison Guingot 1903 Lucien Weissenburger 10 rue d'Auxonne
Maison Schott verrière 1900 verrière Antoine Bertin 6 Quai Choiseul
Maison Huot 1903 Emile André 92 et 92B Quai Claude le Lorrain
Maison Bouret 1887   65 rue de la Ravinelle
Maison Simette 1900 Charles Désiré Bourgon 12B rue de Metz
Immeuble Weissenburger 1903-1904 Lucien Weissenburger 1 Bd Charles V
Hôtel Chardot 1905-1906 Lucien Weissenburger 52 Cours Léopold
Immeuble Kempf 1903 Félicien et Fernand César 40 Cours Léopold
Maison Luc   René Hermant 25 rue de Malzéville
La Cure d'Air Trianon: guinguette 1902 Georges Biet 75 rue Pasteur Malzéville
Cristallerie Daum     17 rue des Cristalleries



Quelques artistes :

 

Emile ANDRE (1871-1933)
« Issu d'une famille d'entrepreneurs et d'architectes, Emile André étudie l'architecture à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. Il voyage aux Indes, en Perse, en Tunisie et accompagne à deux reprises une mission archéologique en Egypte. Rappelé à Nancy en 1901 par son père Charles André, architecte départemental, il travaille à d'importants projets dont le premier est la transformation des magasins Vaxelaire rue Saint Jean. La même année, il est chargé avec l'architecte Henry Gutton d'établir le plan du lotissement du parc de Saurupt, où il réalise, en 1902, la loge du gardien, la villa les Glycines pour le négociant Fernbach (grande baie d'inspiration orientale réhaussée de briques rouges) et la villa les Roches.
Ses productions, nombreuses et variées (maisons, villas, immeubles, commerces) sont marquées par l'étude
plastique des volumes plus que par la décoration elle-même. La mise en oeuvre très maîtrisée de nombreux matériaux, ajoutée à l'invention de formes décoratives nouvelles, inspirées surtout par le style gothique, donnent à ses édifices un caractère singulier et pittoresque.
Après la première guerre mondiale, il s'occupe de la reconstruction des villages lorrains détruits, Flirey et Limey. Parmi ses réalisations encore visibles à Nancy : maisons Huot, 92, 92 bis quai Claude Le Lorrain (1903), les immeubles Lombard et France-Lanord, 69 et 71 avenue Foch (1902-1904), la banque Renauld (actuelle B.N.P.) rue Saint-Jean (1908). Dès 1901, il est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy. »

(source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=emile-andre)

Jacques GRÜBER (1870-1936)
« A partir de 1889, Jacques Gruber étudie à Paris à l'Ecole des Arts Décoratifs, à l'Ecole des Beaux-Arts et fréquente l'atelier du peintre Gustave Moreau. En 1893, il entre chez Daum comme chef décorateur et enseigne à l'Ecole des Beaux-Arts de Nancy jusqu'en 1916.
Avant qu'il ne possède son propre atelier de vitrail en 1904, Jacques Gruber fait réaliser ses projets chez le verrier Charles Gauvillé. Bien que s'intéressant principalement à cette technique, Jacques Gruber ne délaisse pas les autres aspects des arts décoratifs.
Il collabore en effet avec plusieurs industriels et artisans nancéiens auxquels il fournit des modèles et des décors de mobilier, de reliure, d'objets en grès flammé. Il dessine également des menus et des programmes pour les imprimeurs nancéiens.
Il est le maître verrier nancéien auquel s'adressent Louis Majorelle, Eugène Corbin, Albert Bergeret, mais également la Chambre de Commerce, la brasserie Excelsior, le Crédit Lyonnais, les Magasins Réunis, etc. Son oeuvre, d'une grande qualité graphique et parfois picturale, aux inspirations naturalistes mais aussi symbolistes, est une véritable synthèse des techniques verrières de l'époque.
Jacques Gruber s'installe à Paris à partir de 1914 et connaît une période prospère de renouvellement artistique pendant la période Art Déco.
Il est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy dès 1901. »

(source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=jacques-gruber)

Louis MAJORELLE (1859-1926)
« Après avoir suivi les cours de Théodore Devilly et Charles Pêtre à l'école des beaux-arts de Nancy, Louis Majorelle est admis à l'école des beaux-arts de Paris en 1877 dans l'atelier du peintre Aimé Millet. Deux ans plus tard, le décès de son père l'oblige à revenir à Nancy. Il reprend avec son frère Jules l'entreprise familiale de fabrique de mobilier et de faïence.
En 1894, après une production d'inspiration historique, Louis Majorelle remplace le décor vernis ou peint du mobilier rocaille et japonisant au profit du décor marqueté à références naturalistes et symbolistes. Reconnu essentiellement pour son travail d'ébéniste, Louis Majorelle développe une production de meubles à deux niveaux : la première concerne le mobilier de luxe, fabriqué à Nancy rue du Vieil Aître, et la seconde, le mobilier bon marché de série qui est réalisé à partir de 1905 dans les ateliers de Pierre Majorelle à Bouxières, près de Nancy.
Le travail du métal est développé dans ses ateliers pour la réalisation des bronzes ornant le mobilier, mais aussi pour les luminaires en collaboration avec Daum à partir de 1898.
Il fait éditer ses céramiques dans différents ateliers de la région lorraine et réalise des modèles d'objets en grès pour Alphonse Cytère (Rambervillers) et les frères Mougin.
Ses multiples activités l'amènent à ouvrir de nombreux magasins d'exposition, notamment à Paris, Lyon et Lille. En 1901, il est un des vice-présidents de l'Ecole de Nancy. »

(Source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=louis-majorelle)

Eugène VALLIN (1856-1922)
« Formé dans l'atelier de son oncle entrepreneur de menuiserie, Eugène Vallin apprend la sculpture sur bois et le modelage auprès de Charles Pètre à l'Ecole municipale de dessin. Il prend la succession de son oncle en avril 1881.
Devenu créateur de mobilier, il travaille uniquement sur commande. C'est d'ailleurs ce refus d'industrialiser sa production qui le différencie des ébénistes Gallé ou Majorelle, par exemple. Il réalise des salles à manger, salons, bureaux pour les plus grands mécènes de Nancy, Corbin, Masson, Bergeret, Kronberg, etc.
Après une production de mobilier religieux d'inspiration gothique, l'artiste fait évoluer son art en se servant de sa double expérience de constructeur et de sculpteur-ébéniste. En collaboration avec Georges Biet, Eugène Vallin réalise quelques bâtiments d'inspiration moderne, notamment sa propre maison boulevard Lobau qui est la première manifestation de l'Art Nouveau dans l'architecture à Nancy en 1895, ainsi que la villa de Georges Biet 22, rue de la Commanderie.
Il réalise, en 1896, la porte des ateliers d'ébénisterie de Gallé conservée aujourd'hui dans le jardin du Musée de l'Ecole de Nancy.
En 1901, il est un des vice-présidents de l'Ecole de Nancy. Il est l'auteur, en 1909, du pavillon de l'Ecole de Nancy à l'Exposition Internationale de l'Est de la France qui a lieu à Nancy, en collaboration avec Victor Prouvé. Sont encore visibles à Nancy : la maison et l'atelier Vallin, boulevard Lobau (1895); la villa Biet, 22 rue de la Commanderie (1902); immeuble de rapport, 86 rue Stanislas (1906); la salle à manger Masson (1903) et le bureau Kronberg au Musée de l'Ecole de Nancy »

(source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=eugene-vallin)

CORBIN Eugène(1867-1952)
« Fils d'Antoine Corbin (1835-1901), fondateur des Magasins Réunis, Eugène Corbin partage la direction de l'entreprise avec son beau-frère Charles Masson (1858-1929). Attiré par la modernité, il se passionne pour l'Ecole de Nancy dont il devient à Nancy l'un des principaux mécènes. Pour l'agrandissement des Magasins Réunis en 1906, Corbin fait appel à l'architecte Lucien Weissenburger -déjà sollicité de nombreuses fois par la famille Corbin- et y associe Louis Majorelle, Jacques Gruber, Victor Prouvé, Alfred Finot, Jules Cayette et Henri Suhner.
Proche des préoccupations d'enseignement et de diffusion de l'Ecole de Nancy, Eugène Corbin participe à la création de plusieurs concours organisés par l'Ecole de Nancy et fonde en 1909 la revue Art et Industrie avec la collaboration d'Emile Goutière-Vernolle.
Collectionneur de l'Ecole de Nancy, il fait une importante donation à la ville de Nancy en 1935 comprenant plus de 600 pièces. Cette collection d'abord présentée dans les galeries Poirel, est transférée en 1964 rue du Sergent Blandan : l'actuel Musée de l'Ecole de Nancy et ancienne propriété d'Eugène Corbin. »

(source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=eugene-corbin)

Emile GALLE (1846-1904)
« Après une période d'apprentissage dans différentes villes d'Europe, Weimar et Meisenthal entre autres, Emile Gallé est associé à l'entreprise de négoce et de décoration de faïence et de verrerie de son père dès 1867. Dix ans plus tard, il reprend à son compte l'affaire familiale et étend ses activités à l'ébénisterie en 1885. Déjà remarqué à l'Exposition de la Terre et du Verre en 1884, Emile Gallé est consacré à l'Exposition universelle de Paris en 1889 par trois récompenses pour ses céramiques, ses verreries et son mobilier. Mais la céramique, au grand regret d'Emile Gallé, n'a plus les faveurs du public. Il s'oriente vers le travail du verre, domaine dans lequel il développe et crée de nouveaux procédés de fabrication. Ses recherches aboutissent en 1898 au dépôt de deux brevets, l'un concernant la marqueterie de verre et l'autre, la patine sur verre.
Son oeuvre, aux multiples références, exprime la diversité des intérêts d'Emile Gallé où la nature joue un rôle dominant, mais non exclusif. Ses engagements patriotiques et politiques trouvent leur forme la plus aboutie aux expositions universelles de Paris en 1889 et 1900 avec des pièces comme la table " Le Rhin " (qui revendique le retour d'une Alsace-Lorraine unie à la France) ou encore des installations spectaculaires comme " Les sept cruches de Marjolaine " (en faveur de la réhabilitation de Dreyfus).
Engagé très tôt dans le renouvellement des arts décoratifs, Emile Gallé diffuse, dans ses dépôts français mais aussi anglais et allemand, des pièces de série de qualité, grâce à l'industrialisation de sa production. En 1901, il est le fondateur et le premier président de l'Ecole de Nancy, " Alliance Provinciale des Industries d'Art ". »

(source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=emile-galle)

Victor PROUVE (1858-1943)
« Né dans un milieu de dessinateurs en broderie, Victor Prouvé entre à l'Ecole de dessin de Nancy, puis à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris dans l'atelier de Cabanel. Résidant à
Paris jusqu'en 1902, mais sans cesser de participer à la vie artistique nancéienne, il devient le second président de l'Ecole de Nancy à la mort d'Emile Gallé en 1904.
D'abord peintre portraitiste et paysagiste, il est aussi sculpteur, graveur, travaille le cuir et le métal, donne des dessins de broderies et de bijoux, et collabore avec de nombreux artistes et industriels de l'Ecole de Nancy. Il dessine plusieurs décors de verreries et de meubles pour Emile Gallé, réalise des études en plâtre pour Eugène Vallin, crée des motifs de broderies pour Fernand Courteix et Albert Heymann, fait éditer ses statuettes par les frères Mougin, par Daum, par des bronziers parisiens, etc. Il réalise également de nombreux menus, programmes, vignettes, affiches et illustrations d'ouvrages.
Ses envois aux Salons de Paris et de Nancy depuis 1882, lui valent une reconnaissance nationale et lui amènent de nombreuses commandes publiques et privées. Il décore de grands panneaux décoratifs la salle-des-fêtes de la mairie du XIe arrondissement de Paris et l'escalier de la mairie d'Issy-les-Moulineaux. Avec Emile Friant, il reçoit la commande du plafond de la Préfecture de Meurthe-et-Moselle et réalise pour l'Hôtel de Ville de Nancy douze médaillons symbolisant les mois de l'année. Il peint le plafond de la Caisse d'Epargne de Commercy et une grande toile décorative pour la brasserie La Lorraine représentant plusieurs personnalités nancéiennes participant à une fête de Bacchus.
Il révolutionne l'art de la reliure avec Camille Martin et le relieur René Wiener à l'Exposition du Champ-de-Mars de Paris en 1893, ce qui vaut à l'Ecole de Nancy sa première reconnaissance nationale et internationale. De 1919 à 1940, Victor Prouvé est directeur de l'Ecole des Beaux-Arts de Nancy, sans abandonner une carrière personnelle féconde.
Sont encore visibles à Nancy, les douze médaillons symbolisant les mois de l'année (Hôtel de Ville), le monument de la Croix de Bourgogne (place de la Croix de Bourgogne) et les sculptures de la maison du Peuple (rue Drouin). »
(source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=victor-prouve)

Lucien WEISSENBURGER (1860-1929)
« Il étudie à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, dans les ateliers de Jules André et de Victor Laloux.
Il revient à Nancy en 1888 et devient l'architecte municipal de Lunéville dont il réalise le théâtre. Il collabore dès 1900 avec Henri Sauvage à la construction de la villa de Louis Majorelle, dont il contrôle l'exécution.
Son activité fait preuve d'un grand éclectisme par ses inspirations variées (Art Nouveau, régionalisme, références historiques) et dans la nature de ses commandes (usines, hôtels particuliers, grands magasins, les premiers HBM de Nancy).
Il est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy dès sa création en 1901.
Parmi ses plus prestigieuses réalisations, sont encore visibles à Nancy la villa de l'imprimeur Bergeret (1904) 24 rue Lionnois, son hôtel particulier, cours Léopold, l'imprimerie Royer, rue de la Salpêtrière et l'hôtel-brasserie Excelsior (1910) en collaboration avec l'architecte Alexandre Mienville. »
(Source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=lucien-weissenburger)

Emile ANDRE (1871-1933)
« Issu d'une famille d'entrepreneurs et d'architectes, Emile André étudie l'architecture à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. Il voyage aux Indes, en Perse, en Tunisie et accompagne à deux reprises une mission archéologique en Egypte. Rappelé à Nancy en 1901 par son père Charles André, architecte départemental, il travaille à d'importants projets dont le premier est la transformation des magasins Vaxelaire rue Saint Jean. La même année, il est chargé avec l'architecte Henry Gutton d'établir le plan du lotissement du parc de Saurupt, où il réalise, en 1902, la loge du gardien, la villa les Glycines et la villa les Roches.
Ses productions, nombreuses et variées (maisons, villas, immeubles, commerces) sont marquées par l'étude
plastique des volumes plus que par la décoration elle-même. La mise en oeuvre très maîtrisée de nombreux matériaux, ajoutée à l'invention de formes décoratives nouvelles, inspirées surtout par le style gothique, donnent à ses édifices un caractère singulier et pittoresque.
Après la première guerre mondiale, il s'occupe de la reconstruction des villages lorrains détruits, Flirey et Limey. Parmi ses réalisations encore visibles à Nancy : maisons Huot, 92, 92 bis quai Claude Le Lorrain (1903), les immeubles Lombard et France-Lanord, 69 et 71 avenue Foch (1902-1904), la banque Renauld (actuelle B.N.P.) rue Saint-Jean (1908).
Dès 1901, il est membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy. »
(source : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=emile-andre)

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Maison Lejeune rue du Sergent Blandan et Maison Huot quai Claude Le Lorrain

Maison Majorelle rue Majorelle et Pharmacie Jacques rue Jeanne d'Arc



Maison bergeret rue Lionnois et maison Gaudin rue Charles III


Maison Biet et maison Renaudin rue Pasteur



Maison Ducret rue Jeanne d'Arc et oriel de la graineterie Génin rue Bénit


Musée de l'Ecole de Nancy, maison Corbin


Verrière du Crédit Lyonnais, rue Saint-Jean ( banque LCL)



Immeuble Mangon et maison du Docteur Hoche


L'excelsior (brasserie Flo) et Immeuble Biet



Immeuble Margo rue Stanislas et pharmacie Rosfelder rue de la Visitation



Ensemble Poirel, rue Victor Poirel

Villa Marguerite rue du Colonel Renard et maison Noblot rue Albin-Haller



Villa "Les Roches" avant transformation et villa "Les Glycines", parc de Saurupt

Banque Varin-Bernier place Maginot et maison Arnoux-Masson rue Saint-Dizier

Loge du concierge rue des Brice et Villa Lang boulevard Clémenceau

Maison Houot et banque Renauld rue Chanzy

Les Magasins Réunis avant l'incendie de 1916: art nouveau et tourelles d'angles

Immeuble du Docteur Aimé et magasin Vaxelaire rue Saint-Dizier



Villa des Roches rue des Brice et maison de ville rue du Maréchal Gérard ( Les Colombes)


Etablissement Emile Gallé rue Jean Jaurès et maison Geschwindhammer quai de la Bataille



Immeuble Kempf 40 Cours Léopold
Immeuble Weissenburger 1 Boulevard Charles V et Immeuble l'Est Républicain 5B avenue Foch



Maison du Peuple, 2 rue Drouin sculptures de Victor Prouvé



Immeuble Camal 5 rue Saint-Julien
Le Casino des Familles (3 travées par Lanternier à gauche et trois travées par Paul César à droite) au 3 de la rue

Banque Verin Bernier 4 Place Maginot et entrée, Pharmacie du Ginkgo 38 rue des Dominicains


Maison du docteur Spillmann par Lucien Weissenburger 1907-1908. Décor à la pomme de pin.

Autres aspects de l'art nouveau à Nancy

verriere
vitraux LCL
Maison Majorelle
marquise Majorelle
Maison Corbin
Maison Corbin
 villa Les Glycines
Les Glycines
céramiques Bigot
villa Majorelle

L'Excelsior: décoration Ecole de Nancy et Art Déco

Maison Bergeret: vitraux et meubles Ecole de Nancy

Chambre de Commerce et d'Industrie de Nancy: vitraux Ecole de Nancy de Jacques Grüber

Maison Schott: Voir les vitraux Ecole de Nancy

La famille Schott venue d'Alsace a acquis et restructuré la maison construite vers 1863, quai Choiseul (construit en 1863), dans ce quartier nouveau qui s'est fortement développé sous la double influence du chemin de fer et de la venue de Lorrains et d'Alsaciens fuyant l'occupation allemande.
Deux des vitraux sont signés "A. Bertin, peintre-verrier 1900".
Véranda inscrite à l'Inventaire des monuments Historiques depuis 1994.
La verrière du peintre-verrier Antoine Bertin (1834-1904, actif de 1887 à 1904) est datée de 1900. En verre gravé ici, serti au plomb, au décor de lys, capucines, clématites, tulipes et iris, dans les tons de violet, bleu et jaune, cet ensemble est considéré comme un ouvrage précurseur de l'art du vitrail de l'école de Nancy.

Villa "Les glycines"
Villa construite en 1902 au Parc de Saurupt pour le négociant Charles Fernbach par Émile André; grande baie d'inspiration orientale rehaussée de briques rouges.
ANDRÉ Emile
(1871-1933) Sa formation à l'École des Beaux-Arts de Paris fut complétée par un voyage d'étude qui le mena d'Égypte en Inde et de Perse en Italie. Il s'installa à Nancy en 1901. Il fut à la fois architecte (Banque Renauld, villas du Parc de Saurupt) et décorateur d'intérieur.

La villa Majorelle a été construite par Henri Sauvage, architecte parisien. Pour la première fois est exposée l'alliance arts décoratifs / architecture . A ce chantier ont été exposés le céramiste Alexandre Bigot, le peintre-verrier Jacques Grüber, les peintres Francis Jourdain et Henri Royer. L'architecte nancéen Lucien Weissenburger est chargé des travaux; maison à vivre et showroom pour la présentation des productions de Louis Majorelle ( ébéniste et décorateur), la maison JiKa ( du nom de sa femme Jane Kretz) est l'un des fleurons de l'Art Nouveau.
Au tournant de 1900, Majorelle a ajouté un atelier de forge à son atelier d'ébéniste afin de produire des poignées et des charnières dans l'esprit des lignes fluides de son travail de menuiserie. Son atelier était aussi responsable de la réalisation des balcons forgés, des rampes d'escalier et des détails extérieurs de nombreux bâtiments de Nancy au changement de siècle ( voir ici la fenêtre et la marquise)


La grille du square Jules Dorget  était positionnée au début du20 ème siècle à l'entrée du Parc de Saurupt

Grille « Art Nouveau » dessinée par Emile André (1871-1933)

Le square Jules Dorget de 3500 m2 a intégré la grille positionnée au début du 20ème siècle à l’entrée du Parc de Saurupt, comme le souhaitaient les habitants du quartier lors de la construction des ensembles immobiliers de cette partie de Nancy. Le parc est ouvert depuis 2009. Ce square a remplacé une partie du site industriel des Construction Electriques de Nancy.
La grille a été restaurée par la ville grâce à des mécènes :Chanzy Pardoux, Peintures Breton, ,les Métalliers Lorrains, France-Lanord et Bichaton, Screg Est.
Chanzy-Pardoux a fourni la pierre pour la réfection des piliers et soubassements dont France Lanord et Bichaton a assuré la taille. Les Métalliers Lorrains ont reproduit à l’identique l’un des portillons manquants alors que les Peintures Breton ont redonné tout leur éclat aux ferronneries. La SCREG-Est, elle a eu en charge des fondations et de la repose de la grille. Un rassemblement de savoir-faire pour une véritable renaissance.


Au début du 20ème siècle la grille fermait le Parc de Saurupt (1902-1933) au niveau actuellement du carrefour Rue des Brice / Avenue du Général Leclerc.

Jules Dorget (1868-1950) fut le jardinier- horticulteur d'Emile Gallé depuis 1899. Il travaille avec Emile Gallé jusqu’au décès de celui-ci en 1904 et réalise avec lui de nombreuses expériences sur des plantes rares ; il accumule toute sa vie de multiples connaissances sur les plantes au point d’être reconnu par la société centrale d’horticulture de Nancy. Il habite dans un pavillon situé dans le jardin d’Emile Gallé jusqu’à son décès en 1950.

Quelques mots sur le Parc de Saurupt, seul ensemble Art Nouveau de Nancy et dont on connait les prestigieuses villas encore aujourd’hui ainsi que les très beaux arbres :
Le domaine appartient à Jules Villard qui décide de la valoriser en le partageant en 88 parcelles destinées à la construction de villas et hôtels particuliers destinés à une clientèle bourgeoise.
Le projet initial de création du parc date de 1901 et est confié à Emile André et Henri Gutton. Ces deux jeunes architectes sont chargés de créer sur l’ancien parc du château de Saurupt, un lotissement de 16 hectares, destiné à la grande bourgeoisie. Trois autres architectes, Charles Bourgon, Henri Gutton et Lucien Weissenburger, viendront s'y adjoindre. Ce parc, clos et gardé par un concierge (voir sa maison ci-dessous près de la grille) répond alors à une demande forte de concilier la ville et la campagne.
Les villas projetées sont placées au centre de larges parcelles. L’aspect paysager de ce nouveau quartier est une préoccupation clairement exprimée dans le cahier des charges de 1902. Au début du XXe siècle en effet, le style paysager est à la mode avec aménagement des jardins, collection d'arbres remarquables, tracés sinueux, … Les parcs des villas sont plantés d'essences horticoles caractéristiques du début du XXe siècle : hêtre pourpre, érable pourpre, catalpa, tilleul, saule pleureur, cèdre bleu, ginkgo, etc. Ces arbres à grand développement, pour beaucoup centenaires, sont proportionnels à la hauteur des villas, assurant alors une grande harmonie paysagère
Cette « cité-jardin » fermée et surveillée par gardien s’inspire de celle du Vésinet créée en 1863 mais elle ne remporte pas le succès escompté. En 1906, le premier projet est révisé : désormais les grandes villas font place à de petites maisons mitoyennes à deux travées, avec jardinet sur l’avant et grand jardin en lanière, à l’arrière.
Seule la partie sud-est du projet sera réalisée. Après 1906, on optera pour des maisons mitoyennes à deux travées, avec jardinet sur l’avant et grand jardin en lanière à l’arrière. (Caue 54)



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