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NANCY histoire, art, personnages célèbres


La ville, son histoire, art nouveau, art déco, art culinaire, plans de ville


Personnages, autres lieux et divers

en Ville-Neuve
Jean-Baptiste Claudot, peintre
en Ville-Vieille
Claude Charles, peintre


Fortifications et porte de la Craffe
Maison natale d'Isabey, peintre


Place Stanislas
Richard Mique, architecte


Le Palais du Gouvernement et la Carrière

Didier Bugnon, géographe et ingénieur
Art Nouveau Ecole de Nancy
Raphaël Oudeville, Hôtel Foch et ex-Cité Senn

La maison Bergeret, art nouveau

Etienne Drioton, égyptologue

Aciers dans l'architecture Art Nouveau

Henri Guingot, dessinateur et sculpteur
CCI de Nancy; vitraux de Grüber
Léopold Poiré, dessinateur, peintre et graveur
Art Nouveau et Art Déco: la brasserie L'Excelsior
Les frères Paul et Prosper Henry, astronomes

La maison Majorelle



Charles Bagard  et le jardin botanique de Nancy  


Art Déco et modernisme


Victor Huel, une noble figure de l'art lorrain
Rives de Meurthe
Philippine de Sivry plus connue sous le nom de Madame de Vannoz
L'animal dans la ville
Louis Lanternier, architecte
Nancy Thermal

Félix Crousse, horticulteur


Arbres du Parc Sainte-Marie

Emile Just Bachelet

Gare de Nancy et autres lieux des quartiers Ouest

Mère Alix Le Clerc

Etapes d'urbanisation des quartiers Ouest


Ferdinand Genay, architecte
Rue Félix Faure: architecture
La rue Pasteur et ses maisons 1900-1910, détails

Claude Michel surnommé Clodion
Du côté de l'avenue Anatole France
La Croix Gagnée
EcoQuartier "Grand Coeur"

Autour du premier café de Nancy


du côté de la place Carnot,  du Cours Léopold  et de la porte Désilles
avec les monuments  de Sadi Carnot et  du général Drouot


L'église Saint-Roch au Point Central


Campus Artem et institut Jean Lamour

du côté de la rue Mably


cartes et plans de Nancy chronologiquement
Le square Jules Dorget et la grille du parc de Saurupt

spécialités lorraines


Origine du Rond-Point Lepois
sur l'art culinaire en Lorraine
Aciéries de Pompey, les Fould
sur l'histoire de la cuisine
Sur l'origine du Mont-de-Piété de Nancy
Notre-Dame-de-Bonsecours

L'ancien hôpital Saint-Julien de la Ville-Vieille
Art Nouveau, les anciens Magasins Réunis

Ferronneries de Jean Lamour du côté de la Place d’Alliance


L'inox à Nancy
Architecture des quartiers Ouest de Nancy :
rue du Faubourg Saint-Jean;place de la Commanderie;
rue des Goncourt; 69 et 71 avenue Foch; rue du Téméraire;
rue des Bégonias; maison Majorelle; maison Corbin; parc de Saurupt;
rue Félix Faure; les Chamettes; la Chiennerie; le Placieux;
la Cité Senn; les Provinces; la tour Saint-Thiébaut;
le Centre des Congrès Prouvé; l'avenir


La pharmacie Jacques, art nouveau
Urbanisation de Nancy; exemples des quartiers Ouest et Sud de la ville

Caserne du Han et rue Saint-Nicolas sous Léopold


le Faubourg Saint-Pierre, le Placieux, le Parc Sainte-Marie,
la Commanderie Saint-Jean, la Croix de Bourgogne,
la gare de Nancy,  les cimetières de Nancy,
Saurupt et la Chiennerie, Zola/Sainte-Anne à Laxou


Les pavés de Nancy




Les tramways à Nancy au début du 20ème siècle


Sur la place Thiers à Nancy (aujourd'hui Place Simone Veil)




Carrosses au milieu du 18ème siècle


L'allumeur de réverbères à Nancy


Les premiers pas de l'électricité à Nancy



Charles Masson

Les artistes et la Lorraine, quelques oeuvres choisies:

Georges de La Tour Claude Deruet Jean Girardet  Israël Silvestre Jean Baptiste Jacques Augustin Jules Bastien Lepage Emile Friant Emile Gallé Jacques Callot Léon et Jules Voirin Alfred Renaudin Jacques Grüber  Paul-Louis Cyfflé Henri-Paul Royer Edmond Marie Petitjean  Adrienne Jouclard  Emile Gallé et Gustave-Roger Sandoz Louis Majorelle+ Camille Gauthier Louis Majorelle + Victor Prouvé Henri Bergé + Daum Jean Lamour  Claude Gellée Daum et Edgar-William Brandt Pol Wachs Jean Dries Amalric Walter   Paul Martignon Robert Cadoré Georges Trubert Victor Prouvé Léon Tonnelier Daum Gaston Ventrillon Ernest Ventrillon Georges Ventrillon Paul Michels Camille Hilaire Jacques Bellange Thierry Bellangé Jean-Jacques Grandville  J(e)an Crocq César Bagard Nicolas Bellot Aimé-Nicolas Morot Charles Henri Toussaint Robert Rutz Mathias Schiff Georges Condé dit Geo Condé Ferdinand Malespine Charles Wittmann Ernest Wittmann  Michel-Auguste Colle Emile Malespine Albert Larteau  Léon Barotte  Gustave Deflin Claude Lorrain, dit Claude Dumont Etienne Cournault Hippolyte Lalaisse Louis Hestaux Louis-Théodore Devilly Antoine-René Giguet   Léopold Poiré Charles-Marie Peccatte Guinzbourg Paul Colin Pierre-Roger Claudin Auguste Migette Victor Guillaume Jean Lurçat Camille Martin fonds Julien Gerardin Jean Scherbeck tapisseries de la Cour de Lorraine Gentil et Bourdet Véronique Ziminski Jacques Majorelle Raymond Urbain Jean-Paul Aubé Valentin Duval Jean Errard Gilles Fabre, Albert Léopold Pierson Paul Rémy  Henri Husson Jean Lurçat Charles III par F.Clouet Jean-Baptiste Leprince  Jacques Weismann Albert Horel Pierre Schaeffer François Senémont Ignace-François Bonhommé François Alexandre Pernot Nicolas Albert Bettanier Charles Mitté Claude Bassot Alphonse Monchablon Léon Barillot Maurice Utrillo Jean-Jacques François Le Barbier  Charles de Meixmoron de Dombasle  Jean Serrière Jean Clouet  Ge Pellini Charles André Harpin   Dominique Collin Victor  Masson Claude Goutin Emile Chepfer Henri-Joseph Marchal, Louis Bertin et les frères Mougin  Francis Grüber Lucien Grandgérard Claude Jacquart (ou Claude Jacquard) Joseph Ducreux Paul Nicolas Auguste Houillon et cristallerie de Nancy André Delatte Antoine Vierling Aristide Colotte Charles Sellier Christophe Fratin Charles Pensée Jean Le Clerc Jean Nocret Dominique Pergaut Charles Mellin Jean-Baptiste Isabey François de Nomé Alfred-Nicolas Normand Henri Le Secq  Roger Marage Claude Gellée dit Le Lorrain  Claude Weisbuch Graveurs en Lorraine Léopold Poiré Alfred Daubrée Nicolas Beatrizet Pierre Woeiriot de Bouzey la Lorraine et la gravure les Briot Léon Husson Jean-Baptiste Claudot Jean Prouvé

Recherche à partir de l'initiale du nom de l'artiste:

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L’art en Lorraine, promenade au gré des lectures

Illustrations à partir de liens dans le chapitre précédent, les artistes et la Lorraine

Les 15ème et 16ème  siècles portèrent au plus haut point la civilisation lorraine : Jeanne d'Arc, paysanne de Domrémy, délivre la France, et René II, duc de Lorraine, réduit à néant Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.
Entre ces deux grandes étapes de la conscience lorraine, le roi René prend le gouvernement du pays, gouvernement éphémère dont le principal résultat fut d'infuser le sang d'Anjou dans les veines des Vaudémont et de doter la Lorraine de René II.

C’est sous les règnes du duc René II (1473-1508) et de son fils le duc Antoine (1509-1544) que des chefs- d’œuvres de style flamboyant apparurent en Lorraine. Des monuments à l’architecture remarquable œuvre de nombreux architectes et ingénieurs même si certains noms apparaissent plus visibles, on citera :

- la cathédrale de Metz du 14ème siècle (1365-1384) par l’architecte et maître d’oeuvre Pierre Perrat (vers 1340-1400)

Sous l’autel gît Maître Pierre Perrat
Epitaphe de Pierre Perrat, architecte de la cathédrale :

Le maçon, Maître de l'ouvrage de l'église
De céans et Maître de l'ouvrage de la Cité
de Metz et de l'église de Toul et de Verdun
Qui mourût le vingt-cinquième jour du mois de juillet de l'an
De grâce de Notre Seigneur 1400.

- la cathédrale Saint-Etienne de Toul (1460-1547) par Tristan d’Hattonchatel,  Girard Jacquemin de Lenoncourt ;
- la basilique Notre-Dame de Verdun par Pierre Perrat encore, avec d’autres architectes (14ème-16ème siècle) ;
- la basilique Saint-Nicolas à Saint-Nicolas de Port construite entre 1481 et 1545 avec notamment le maître d’ouvrage Simon Moycet ;
- l’église Saint-Martin à Pont à Mousson (13ème-15ème siècle) avec également Pierre Perrat ;
-  la chapelle funéraire de la basilique Notre-Dame d'Avioth, basilique édifiée au 14ème siècle ; à  la fin du 15ème siècle, une vaste chapelle flamboyante, la Recevresse, est adjointe dans le prolongement du transept sud et d’ailleurs nettement modifiée et décorée à nouveau à la Renaissance.

Dans la sculpture, à la fin de la période gothique et sous la Renaissance, on va retrouver vers 1461-1466 l’artiste italien Francesco Laurana, sculpteur, architecte et médailliste et l’autre artiste italien Pietro da Milano médailliste du roi René d’Anjou. Francesco Laurana  est appelé en France, à la cour de René, duc d'Anjou, comte de Provence et roi de Naples, qui le commissionne pour une série de médaillons. Il œuvre non seulement pour le roi René d’Anjou mais aussi pour les princes et les grands officiers qui l'entourent. Il introduit le « travail à l'antique », c'est-à-dire le style de la Renaissance italienne

A l’époque de René II son petit- fils, Jan Crocq, imagier et sculpteur sur bois et sur pierre, vient des Flandres pour travailler pour le château et la collégiale de Bar le duc (1488). La Renaissance lorraine et non plus italianisante est favorisée par ce duc qui fera élever l’église des Cordeliers, église consacrée en 1487. René II fait ensuite réaliser par Jan Crocq le tombeau des ducs de Bourgogne pour la collégiale Saint- Georges (avant 1506), tombeau qui rejoindra les gisants des ducs Jean 1er, Charles II, Jean II, et Nicolas 1er. La Vierge de Pitié par Jan Crocq se trouve actuellement en l'église de Pont-Saint-Vincent, église réalisée en 1496. D’autres œuvres de cet artiste sont visibles à Nancy au Musée Lorrain, à Saint-Mihiel et Bar-Le-Duc. Il était l'un des premiers représentants de l'art de la Renaissance en Lorraine et précurseur de Ligier Richier.

 Le nom du sculpteur Mansuy Gauvain est rattaché à la Vierge de la Miséricorde de l’église de Bonsecours (1505) ; l’artiste réalisera aussi la Porterie du Palais Ducal en 1512. Par Mansuy Gauvain toujours, on  peut citer le tombeau de René II qui date de 1515 environ. Le tombeau de Hughes des Hazard, évêque de Toul de 1506-1517, à Blénod- les-Toul est l’oeuvre conjointe de Jean Pèlerin dit Le Viator (vers 1445 - avant 1524), de Mansuy Gauvin et d'un artiste italien inconnu.

Les œuvres d’inspiration religieuse du grand sculpteur du début de la Renaissance Ligier Richier (vers 1500-1567) sont tout à fait remarquables, on citera bien sûr la Mise au Tombeau de l’église Saint-Etienne de Saint-Mihiel, le Gisant de Philippe de Gueldre, veuve de René II dans l’église des Cordeliers, le Transi de René de Chalon en l’église Saint-Etienne de Bar- le- duc, des calvaires et Vierges, …

Plus généralement, dans le domaine de la sculpture, de nombreuses façades, portes, puits remarquables de cette époque, sont encore visibles dans les villes ou villages lorrains, par exemple à Nancy, Saint-Mihiel ou Bar-le-Duc…

Sous les règnes successifs des ducs Antoine, Charles III et Henri II, de 1508 à 1624, l'étude des comptes et de l'histoire de la Maison de Lorraine révèle un nombre d'artistes et d'ouvriers d'art à peu près égal à celui de la Maison de Bourgogne des 16ème et 17ème siècles. Henri Lepage dans son ouvrage sur le Palais Ducal de Nancy, recense ainsi de nombreux artistes.

Les alliances de la Maison de Lorraine avec les principales familles de l'Europe, en particulier celles de l'Italie, ainsi que les persécutions des protestants par la Sainte-Ligue, mouvement politique et religieux crée en 1571, favorisent l'exode des maîtres lorrains. Sont victimes de la Ligue, les sculpteurs Richier par exemple que nous trouvons tour à tour à Genève et dans le Dauphiné; le graveur ciseleur sculpteur orfèvre d’étain François Briot (vers 1550-1605) ou encore Nicolas Briot graveur de monnaies qui, de Damblain dans les Vosges se réfugient à Montbéliard, d'où ils vont en France et en Angleterre. Combien d’artistes lorrains orfèvres, fourbisseurs d’armes, horlogers, forgerons et menuisiers d'art, fondeurs de cloches et de canons ont été chassés de Lorraine à cause de leurs convictions religieuses ! D'autres quittent le pays pour les Cours où règnent les influences politiques de la Lorraine. Certains restent ancrés à leur Lorraine, comme le peintre Claude Bassot (fin 16ème-début 17ème siècle) dont les oeuvres à caradtère religieux sont disséminées dans le Sud de la région.

La France attire par exemple le nancéien Claude Deruet (1588-1660), peintre du roi Louis XIII, les graveurs Israël Silvestre (1621-1691) et le messin Sébastien Leclerc (vers 1637-1714), pour ne citer que les principaux Lorrains francisés. L'Italie possède de véritables colonies de Lorrains peintres, graveurs ou décorateurs de sa Rome et de sa Florence. Paysages et chefs- d'oeuvre de l'Antiquité ou de la Renaissance revivent dans l'oeuvre des Nicolas Beatrizet (graveur lunévillois  né en 1510 ou 1515 et mort en 1565 ou 1577 à Rome), Nicolo della Casa (graveur au burin 15..-15..), Jacques Callot (Nancy 1592- Nancy 1635) et Israël Silvestre.

S'agit-il d'édifier de 1609 à 1612 à Nancy sous Henri II la chapelle ducale souhaitée par Charles III, chapelle où devaient reposer les cendres des princes de Lorraine, on fait appel aux architectes ou ingénieurs Jean-Baptiste Stabili, ingénieur napolitain connu aussi pour ses fortifications, Jean Richier, Toussaint Marchal et Pierre Michel. Ils doivent faire une imitation de la chapelle des Médicis de Florence mais le superbe octogone à lanternon ciselé par Siméon Drouin en 1632, ne sera jamais mené à son terme et ne donne qu'un reflet approximatif des fastes du projet initial voulu par Charles III.

La Lorraine fait-elle le projet de la statue du glorieux duc Charles III, les sculpteurs fondeurs de l'arsenal des ducs, David Chaligny (Nancy 1580- Nancy 1631) et Antoine Chaligny (Nancy 1612- Paris 1651), reçoivent l'ordre d'imiter vers 1621 la statue  de Cosme de Médicis, érigée par Jean de Bologne dans cette même ville (voir le modèle réduit ICI)

Des peintres de toutes les nations qui essayaient d'idéaliser la Rome du 17ème siècle, quel est celui qui aurait pu mieux faire que le petit paysan du village de Chamagne Claude Gellée, dit le Lorrain (1600-Italie 1682) ?

Malgré tant d'exodes, l'activité artistique rayonne dans tous les domaines, autour des ducs ; l'art se transmet de père en fils : les Richier, les Drouin (voie ICI les décorations de la porte de la Citadelle à Nancy), les Bagard, les Chuppin (fresque du réfectoire des Cordeliers, voûte de la Salle Neuve du Palais ducal), les Henriet, les Chaligny, les Crocq, les Foulon (sculpteurs), etc.
Quelle École s'honore de portraitistes plus véridiques que les peintres Hugues de la Faye, Médard Chuppin ou Jean de Wayembourg (peintre de la Vierge au Rosaire 1597, pour les Minimes _Musée Lorrain_), que les graveurs Pierre Woeiriot, Jean Appier, Alexandre Vallée ou Jacques Callot ?

La Renaissance lorraine rêvée par le duc René II, fut ainsi réalisée sous ses successeurs par nombre d’artistes et d’artisans. Le vitrail lorrain du 16ème siècle égale ses peintures : Valentin Bouch et Charles Chuppin y sont les émules des maîtres verriers de la Champagne et de l'Ile-de-France. Ciseleurs d'épées, orfèvres et bijoutiers reçoivent leurs modèles de Pierre Woeiriot. Tout sculpteur se double d'un menuisier, d'un fondeur, d'un forgeron d'art : les Bagard, les Chaligny.
Ayant embelli Nancy, le duc la fait défendre par les meilleurs fortificateurs italiens : Balthazard de Padoue, Ambroise Precipiano, Antoine de Bergame, Orphée de Galean, Jérôme Citoni, Jean-Baptiste Stabili, qui forment Jean Errard, de Bar-le-Duc, Nicolas Marchal, de Saint-Mihiel, et Jean L'Hôte, de Pont-à-Mousson.

 Une habile organisation corporative dote alors la Lorraine de potiers de cuivre, de tapissiers venus de Bruxelles à Nancy, de fabricants de soieries et de velours attirés de Milan, de Gênes et de Reims, de verriers originaires de Venise, de luthiers italiens qui firent école toujours florissante en Lorraine, et de carriers dont la tradition se conserve encore dans l'imagerie d'Épinal.

Jacques Callot mourut à Nancy le 24 mars 1635, sous le règne du duc Charles IV, la Lorraine étant à la veille des plus grands malheurs. On dit que les derniers jours de l'artiste furent pleins du souvenir de cette Italie où Claude Gellée poursuivait en paix son rêve de berger extatique. Ciel, lumière, terre et flots méditerranéens, berceau de notre civilisation, c'est vous que le grand artiste faisait briller, tel un mirage, derrière l'arbre centenaire de sa Foire de Gondreville, près de Toul. Il brille toujours, ce mirage, aux yeux des combattants ! On dit encore que la planche fut gravée vers 1627, alors que débutait, par des fêtes, le règne tragique du duc Charles IV, et l'on ajoute que la suite de gravures : Les Misères et les Malheurs de la Guerre, publiée à Paris en 1633, a été exécutée entre 1631 et 1632, c'est-à-dire avant le siège de Nancy par l'armée du roi Louis XIII. Callot n'a pas vu ces soldats pillant les maisons, incendiant les monastères et enlevant les religieuses, tuant sur les grands chemins. Les « Malheurs de la Lorraine » sont postérieurs à ces planches.

Le rétablissement de la Lorraine fut l'oeuvre du duc Léopold (1698-1729) et du roi Stanislas Leszczynski qui, de 1737 à 1766, succéda au duc François III (1729-1737), devenu grand-duc de Toscane et époux de l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche.

 Né dans le siècle de Louis XIV, le duc Léopold ne résista pas à l'influence de Versailles. Il rêva d'abord de Nancy capitale, transformée par l'architecte Jules-Hardouin Mansard qui lui fit les plans d'un nouveau palais remplaçant celui des vieux ducs de Lorraine, d'une nouvelle église primatiale et d'une nouvelle résidence à La Malgrange. De ces plans, le duc ne réalisa qu'une partie : la Primatiale. En outre, l'architecte- décorateur bolognais Bibiena, lui construisit un Opéra. Désireux de s'installer ensuite à Lunéville, Léopold y fit venir l'architecte Germain Boffrand, dont la plupart des édifices de la Lorraine du début du 18ème siècle portent l'empreinte. Boffrand construisit le château ducal et la salle de spectacles de Lunéville, le château de La Malgrange, le Louvre de Léopold et un grand nombre de monuments et d'hôtels de Nancy.

 Autour du duc, de Boffrand et de ses autres architectes, — Nicolas Jennesson, auteur de l'église Saint-Sébastien de Nancy ; Giovanni Betto et Jean-François Richer qui terminèrent la primatiale sur les plans de Jules-Hardouin Mansard modifiés par Boffrand — on trouve un grand nombre d'artistes et de décorateurs. Les principaux faisaient partie de l'Académie des Beaux-Arts fondée par Léopold en 1702 : les peintres Claude Charles, dont les tableaux ornaient l'église des Cordeliers, de Nancy, Joseph Gilles, dit Provençal, décorateur de la voûte de l'église de Bonsecours et, avec le précédent, auteur des plafonds de l'Opéra de Léopold à Nancy ; Claude Jacquard, qui décora la coupole de la Primatiale de Nancy, des sculpteurs, le médailleur Ferdinand de Saint-Urbain, des orfèvres, des tapissiers, le jardinier Yves des Hours qui dessina le parc du château de Lunéville et le peupla de divinités antiques, oeuvres du sculpteur Nicolas Renard, le peintre en décors Jacomo Barilli (voir le Palais Royal par Lepage), etc.

 De la Cour du duc, le mouvement architectural se répandit bientôt dans toute la Lorraine, transformant les grandes abbayes : Beaupré, Etival, Remiremont, Moyenmoutier, Senones, Saint-Avold et autres, les palais épiscopaux de Toul et Verdun, nombre de châteaux et de constructions municipales, tels le château d'Haroué, oeuvre de Boffrand, l'Hôtel de Ville et l'Hôpital de Bruyères, édifiés par le duc François III.

Au style Léopold, tout imprégné du style Régence, succéda, en Lorraine, le style Stanislas à comparer au  style Louis XV. Architecture, peinture, sculpture, arts décoratifs, rien n'arrêta la fantaisie de ce duc. Il semble qu'il ait travaillé pour le plaisir d'éblouir nos yeux par la transformation des matières les plus rebelles à l'art de la rocaille. L'optimisme inaltérable du roi Stanislas fut l'âme de ce style. Ayant formé le projet de rendre la ville de Nancy l'une des plus belles de l'Europe, Stanislas commença par mettre en valeur de nouveaux architectes et de nouveaux artistes en tous genres.

Donc, en 1636, aux dires de Richelieu, la Lorraine était réduite à rien, « les Lorrains morts pour la plupart », et, en 1737, un peuple d'artistes et d'ouvriers d'art se levait aux ordres de Stanislas:  l'architecte Emmanuel Héré, ses collaborateurs Richard Mique et Claude Mique, les sculpteurs Barthélémy Guibal et Paul-Louis Cyfflé, le forgeron d'art Jean Lamour (voir ferronneries du côté de la Place d'Alliance), le peintre Jean Girardet, pour ne citer que les chefs d'ateliers où les contremaîtres et les ouvriers furent légion.
 Philosophe, artiste, technicien et comptable, Stanislas eut beaucoup d’ambition pour créer cette ville du 18ème que nous admirons aujourd’hui autour de la place Stanislas, la Carrière et la Place d’Alliance. Son chef- d'oeuvre fut la Place Royale de Nancy (place Stanislas aujourd’hui), restée aujourd'hui sans égale, mais comment ne pas citer également d'autres réalisations qui célèbrent encore, par leur présence ou leur souvenir, l'admirable éclectisme du roi Stanislas et la souplesse du génie artistique lorrain. A Lunéville, à Chanteheux, à Commercy, à Einville autant qu'à Nancy, partout où l'utilité publique et la fantaisie royale conduisaient Stanislas, palais, châteaux, églises, théâtres, parcs, jardins sortaient aussitôt de terre. Quel style fut jamais plus pur que celui de sa Place royale de Nancy ? Quelle nécropole fut jamais plus aimable que son église de Bonsecours où il repose, dans un tombeau de Louis-Claude Vassé, en face du monument berninesque (du nom de l’artiste Le Bernin du 17ème siècle) sculpté par Nicolas-Sébastien Adam à la mémoire de la reine Catherine Opalinska, son épouse? Que d'inventions et de fantaisies dans ses jardins et ses parcs pleins de pavillons chinois, d'automates, de pièces et de châteaux d'eau, de statues et d'oeuvres d'art. Heureuse la Lorraine de Stanislas ! Délivrée de l'accident de guerre, stimulée dans ses goûts artistiques, elle devenait insensiblement une des conquêtes pacifiques de la France.

Citons au 18ème siècle le sculpteur Claude Michel, dit Clodion

Jean-Baptiste Claudot est très connu comme peintre des paysages et décorateur de la seconde moitié du 18ème siècle. Il fut formé par Jean Girardet, premier peintre du roi Stanislas.

Autre artiste lorrain important, artiste qui ferme le 18ème siècle et ouvre le 19ème siècle, Jean-Baptiste Isabey. Il mit en miniature l'histoire de son temps.
Ses compositions au crayon ou à l'estompe restent dans le goût sentimental du temps : Le Départ pour l'armée, le Retour, la Barque, où il se représente conduisant sa femme et ses trois enfants, Bonaparte dans les jardins de la Malmaison. Sa maison natale à Nancy est ICI.

Claude Gellée dit Le Lorrain fut un maître de sérénité. Qu'il peigne le Mont- Blanc ou Adam chassé du Paradis, le Lac Nemi ou les Ruines de Pompéï, il donne carrière à son rêve de perfection. Or, souvent son rêve se réalise. Paix souveraine ! Rien de négligé, rien d'incomplet, rien d'inquiétant. Les titres eux-mêmes expriment une candeur irrésistible : Beau jour d'hiver, Beau soir d'été, Belle matinée d'automne. Quant à lui, il trouvait tout beau dans la nature, quelle que fût l'heure, quel que fût le lieu, quel que fût le passant, et il réussissait à exécuter en toute tranquillité ce qu'il concevait en toute harmonie.

Grandville, mort comme Callot à 43 ans, appliqua sa pénétrante et laborieuse observation non seulement aux hommes, mais aux animaux et aux végétaux. Il alla, crayon en main, du ver de terre à l'étoile. « Je n'imagine rien, disait le caricaturiste, j'associe ». Exact et scrupuleux, soucieux du trait dominateur, de l'expression absolue, il a fixé sur le papier la pure réalité. Ayant à représenter une grenouille dans un dessin, il se faisait apporter plusieurs douzaines de grenouilles vivantes et, de chacune d'elles, tirait une étude. Il aimait à répéter : « Un poète peut vivre dans les nuages, jamais un dessinateur».

Un des meilleurs peintres du 19ème siècle fut le Nancéien Charles Sellier (1830-1882). Charles Sellier avait obtenu le prix de Rome, à la suite du concours de 1857. En ce temps-là, le séjour des pensionnaires à l'Académie était de cinq années Sellier y entrait donc en janvier 1858, et en sortait dans le courant de décembre 1862.  Il connut de grands succès mais ces admirations furent sans lendemain. C'est de Rome qu'il envoie la Madeleine abattue, le Lévite d'Ephraïm, la Mort de Léandre. Le portrait de sa mère nous est conservé dans le tableau à l’atmosphère ténébreuse « l'intérieur de cuisine », tableau situé au MBA de Nancy, Dans « le Salon de conversation de la villa Médicis » le peintre a groupé dans une scène pittoresque, ses camarades d'École, à l'heure de la récréation et des causeries intimes, un soir d'hiver, alors que les quinquets sont allumés : Burne l’architecte, Huot le graveur, Thiolle le sculpteur, Henner et sa pipe, Manéglier le sculpteur, Delaunay, Ullmann, Falguière le sculpteur, Carpeaux le sculpteur, Michel le peintre, Guiraud, Coquard l’architecte, Paladilhe le musicien,... Il avait eu le prix de Rome avec la Résurrection de Lazare, figure éclairée par le rayonnement qui émane de Jésus, le prix Moreau avec l'Enfant prodigue, visage aux longs cheveux, tout meurtri de regrets. Claude Gelée avait été le peintre du soleil; Sellier fut le peintre du clair-obscur. Entre le clair-obscur de Léonard et celui de Rembrandt, se place celui de Sellier.

La poésie, c'est ce qu'il y a d'intime en tout. Jules Bastien-Lepage, disparu fort jeune, la fait sortir de ce village aux toits roses nichés dans les feuillages verts, de ces meules d'or illustrant la plaine immense autour de laquelle se nouent d'harmonieuses collines, de ce sous-bois où se mêle l'haleine de la nature amoureuse, de ce chemin des prés où se balancent les herbes folles, de ce petit pont de bois campé sur un cher petit ruisseau. Sa première toile, le Portrait du grand-père, eut un grand succès à l'Exposition de 1874. Il donna ensuite l'Octobre, les Blés mûrs, Jeanne d'Arc, le Mendiant, le Père Jacques, l'Amour au Village, les Foins, la Forge, la Source qui fut crevée par un obus dans l'atelier du peintre en 1870, les portraits du poète et romancier André Theuriet, du compositeur et chef d’orchestre Albert Wolff, de Juliette  Drouet l'amie de Victor Hugo (Hauteville House), le Petit Ramoneur, sa dernière peinture.

Mort plus jeune encore, à 24 ans, Mathias Schiff laisse le souvenir d'un sculpteur nerveux et puissant. Sa statue de René II place Saint-Epvre à Nancy est un chef- d'oeuvre de vaillance jolie.

Aimé-Nicolas Morot, de très bonne heure, se montra extrêmement habile. Sa « Charge des Cuirassiers de Reischoffen » à Rezonville le 16 août 1870, forme une page militaire d'un réalisme qui s'élève à une superbe intensité d'effet. Son Portrait d'Hébert (1904) reste un chef-d'oeuvre d'harmonie et de pénétration. Voici une des premières oeuvres de Morot, la Médée. Ce corps affaissé, ces larges yeux à l'égarement féroce, ces lèvres épouvantablement décolorées, l'angoisse qui pénètre la sinistre jalouse sont, en vérité, d'un grand peintre.

Avec une justesse et une puissance singulières, le paysagiste Charles De Meixmoron de Dombasle a rendu les colorations les plus lumineuses de la nature. Il en a fait de véritables poèmes, magnifiques et troublants. Voici un Soir à Dienay (Côte d’Or), de la sérénité et de grande douceur; un Café à Aix-les-Bains (salon de 1904), la Place Stanislas et la place Saint-Jean de Nancy, d'une grâce vibrante et gaie. On peut dire que de Meinmoron a renouvelé l'art du paysagiste, par le contraste des taches lumineuses avec les ombres.

Paul Emile Colin a apporté à la gravure sur bois une note personnelle.

L'oeuvre entière d’Emile Friant constitue un des exemplaires les plus achevés du génie lorrain. Arrivé de si bonne heure à un si fructueux succès, le maître de Dieuze, qui a sa place marquée à l'Académie des Beaux-Arts, aurait pu s'arrêter et se répéter, imitant ainsi plus d'un de ses immortels devanciers. Il a préféré chercher toujours, et donner aux artistes le spectacle d'un effort toujours renouvelé. Son oeuvre est une incomparable collection de portraits et une mine où le temps présent se documente. Dans l'âme de Friant, nous sentons la grande pitié, qui est par excellence chose divine. Voici la Messe du Condamné. Nous ne distinguons pas même les traits du misérable. Ainsi a fait Hugo dans son Dernier jour d'un condamné. Dos tourné à l'autel, un prêtre s'incline. Éclairés par une aurore de deuil, serrés contre la muraille, des assistants se tiennent immobiles. Le centre du tableau est vide. Tous les regards convergent vers l'homme qui va mourir. Ce qu'on regarde surtout en lui, ce sont ses énormes et hideuses mains au long pouce qu'il croise sur ses genoux. En face des mains maudites s'élève la main du prêtre, la main qui bénit. Rien de plus simple et de plus grand. Rappelons quelques-uns des tableaux les plus célèbres de Friant : « les Nancéiens qui portent des fleurs au cimetière, un jour de Toussaint » ; « l'Enfant que la mère tend par la fenêtre de l'atelier, au menuisier travaillant »; « l'Aviateur mourant, à qui l'Ange de la patrie jette une couronne »…

Nous citerons encore Edmond Marie Petitjean, qui interprète les villages lorrains avec un poétique éclat, Alfred Renaudin, qui rend les chaudes nuances et les lignes frémissantes de nos paysages, Ernest Wittmann, son fils, Charles Wittmann, qui a entrepris de représenter son époque sur le vif : « Boulevard extérieur sous la pluie », « Lever du soleil aux Halles », « Courses », Feyen, Rovel, Grosjean, Michel Auguste Colle, Picard, Waidmann, Decisy, Robert Champigny, Roussel, Desch, Fosse, Fuchs.

 Au noble et spirituel sculpteur Jean-Paul Aubé, nous devons « le Figaro journaliste »(1873), la Galatéa en 1876 (Opéra de Montpellier), Dante, le buste de Prosper Mérimée, le Monument de Gambetta; Bussière a fait éclater sa naïve et touchante sincérité dans le monument du grand agriculteur Mathieu de Dombasle, et dans le monument du vieux conteur phalsbourgeois, Emile Erckmann. La sculpture lorraine est aussi représentée dignement par Cari, Jacquot, Somme, Muller, etc. Ponscarme renouvela l'art de la médaille en y introduisant, avec un sens tout lorrain de la décoration, les procédés du bas-relief.

L'Exposition universelle de 1851 fit ressortir avec beaucoup d'éclat la supériorité de l’art décoratif français. Après la guerre de 1870, le Nancéien Emile Gallé donna à l'art lorrain le signal et l'exemple d'un invincible essor. Il demanda aux artistes de renoncer à la tranquille et fructueuse reproduction des modèles dus aux siècles précédents. Verriers et vitraillistes (ex Grüber et ICI), faïenciers, émailleurs, ébénistes, huchiers, orfèvres, marqueteurs, peaussiers, sculpteurs (Alfred Finot,...), architectes avec l'exemple des Magasins Réunis Art Nouveau par Lucien Weissenburger (Lucien Weissenburger, Emile André, Georges Biet,...) furent successivement conviés à rompre avec les avantages que leur procurait l'imitation des styles et à s'inspirer uniquement d'un principe créateur : l'observation directe de l'être vivant.
 Le meilleur musée de l'ouvrier d'art, ce n'est plus la salle poussiéreuse où s'entassent des modèles de plâtre. C'est la nature où la faune et la flore se développent en liberté. Le bon modeleur prendra le chardon, notre acanthe lorraine, le chou, le persil, le pissenlit que nos imagiers du 14ème siècle ont tant admirés, mais jamais il ne se souciera des imitations antérieures.
 Pour les membrures et assemblages de bois, que d'indications irrésistibles l'ébéniste trouvera dans la végétation des ligneux, dans leur mode de croissance par jets annelés et cannelés ou par étages architecturaux! Rien qu'en adaptant à son art la gaufrure d'une feuille morte ou la parure d'un insecte amoureux, le joaillier créera un chef-d'oeuvre original. Ce qui ressuscitera toujours l'art, c'est la vie elle-même.
On résista d'abord à Galle, puis on lui céda, puis on le suivit, puis on se précipita pêle-mêle sur ses pas. Son inspiration se retrouve dans toute la France aussi bien qu'en Lorraine.

L'école de Nancy, Alliance provinciale des industries d'art (en général appelée seulement école de Nancy) sera le fer de lance de l'Art nouveau en France, dont l'inspiration essentielle est à chercher dans les formes végétales.

L'Ecole de Nancy compte des artistes de haute valeur. Il nous faut citer les noms des grands verriers Daum, de l’ébéniste Louis Majorelle, de l’ébéniste Eugène Vallin, de Louis Hesteaux, de Charles  Fridrich, de Jacques Grüber, de Morot le ferronnier, des céramistes Mougin, de Camille Martin, de Victor Prouvé, Ernest Bussière, Amalric Walter et tant d’autres, sans oublier l'apport du mécénat d'Eugène Corbin.

Le peintre Victor Prouvé, qui remplaça Emile Galle comme président de cette École de Nancy, s'est fait brodeur, relieur, émailleur, ciseleur sur cuir, ciseleur sur métaux. Son style a la bravoure, le coup d'aile et le coup de griffe des maîtres. Quelques-uns de ses tableaux le peignent tout entier. Voici les Joies de la Vie. Dans une prairie, sous de grands arbres, une famille savoure le repas du soir. Couché sur le sol, le mari étreint ses enfants qui jouent. Les grands-parents regardent le plus petit faire ses premiers pas, en face de la mère prête à le recueillir. Autour de cette scène de robuste humanité, chante la vie universelle. Ce sont des jeunes filles qui s'avancent, en lançant vers le ciel l'éclat de leur gaieté rythmée par des chansons. C'est une énorme voiture de gerbes qu'un attelage rentre au hameau. Tout ce tableau est baigné d'une atmosphère où les rayons du soleil couchant frémissent dans la chaude buée de la terre. Voici l'Ile heureuse, la Renaissance humaine, la Vision d'automne, le Séjour de Paix et de joie (1898), vaste frise qui décore la salle des fêtes de la mairie du 11ème arrondissement, la Réunion de la Lorraine à la France, plafond de la salle de réception à la préfecture de Nancy. La maîtrise de Prouvé s'affirme hardie, nette et chaleureuse, dans son Portrait de Gallé.

Prouvé et Friant sont restés en Lorraine, sous le feu de l'ennemi. Friant, aéronaute consommé  met son génie d'inventeur au service de l'armée. Quant à Prouvé, conseiller municipal de Nancy, il compose sur les villes et les villages martyrs une série de tragiques dessins qui resteront un des plus accablants réquisitoires contre la barbarie allemande.

Sur l'Esplanade de Metz, nous saluons le petit cheval de bronze de Christophe Fratin, exquise silhouette frémissante. Debout sur ses jambes fines, il aspire l'air embaumé de nos tilleuls avec une sorte d'impatience gourmande. Joyau d'un art aussi discret qu'accompli, c'est la vivante et triomphante critique de la grosse bête de bronze que, à l'autre bout de l'Esplanade, chevauchait un temps le vieux Guillaume. En 1889 en effet, le cheval de Fratin  fut déplacé, pour être remplacé par la statue de Guillaume 1er, transporté alors au Jardin Boufflers; mais comme ce jardin convenait aux Allemands pour y ériger une statue au prince Frédéric-Charles, notre coursier errant vint occuper, le 3 mai 1897, son emplacement actuel. A côté du petit cheval est la tendre naïade, « la Source » de Charles Pêtre : la nymphe verse continuellement l'eau de son amphore, précieuse image de cette terre aux ressources inépuisables. De Pêtre également, sur l'Esplanade, la statue du Maréchal Ney, que le sculpteur exécuta en 1854, à l'âge de vingt-six ans et qui fut inaugurée le 15 août 1860, à la place même où elle se trouve.  A Nancy, Pêtre réalise les bustes en bronze des graveurs Israël Silvestre et Ferdinand de Saint-Urbain de part et d'autre de la statue de Jacques Callot due à Eugène Laurent, sur la place Vaudémont.

Citons dans les domaines religieux ou militaire, les statuaires Victor Huel, père et fils.

Au tout début du 20ème siècle, une rue à l'architecture particulère à Nancy, avec des maisons Art Nouveau et des maisons d'inspiration normande par César Pain, la rue Félix Faure.

Pour ce qui concerne les périodes suivantes Art Déco puis modernisme à Nancy, on citera l'exécution par l'architecte Pierre Le Bourgeois de la pharmacie Godfrin au Point Central.
Les grands artistes des arts décoratifs tels que Grüber, Majorelle, Daum, aussi bien que les architectes nancéiens passent aux lignes géométriques. C'est, à titre d'exemple, l'époque des nouveaux Magasins Réunis (1926-1928 par Pierre Le Bourgeois), du siège des fonderies de Pont-à-Mousson (1926-1928 par Pierre Bourgon), de l’église Sainte Thérèse de Villers- les- Nancy
par Jules Criqui (1930-1934) Le ferronnier Jean Prouvé, l'ébéniste Majorelle  (bibliothèque de la Place Carnot) et bien d'autres artistes donnent leur vision de ces nouvelles tendances artistiques. De nouvelles rues sont créées à nancy et dans les proches banlieues et de nouveaux architectes savent alors satisfaire des clientèles plus ou moins aisées attirées par le style Art Déco. Citons les artistes suivants, l'affichiste nancéien Paul Colin, le sculpteur Emile Bachelet, l'architecte Fernand Mascret, l'architecte Charles Masson, les vitrallistes André Lemoine, Georges Janin et Georges Bassinot, l'architecte Raphaël Oudeville, Auguste Vallin le sculpteur, Georges Vallin l'architecte,....et Jean Prouvé architecte ayant débuté comme ferronnier, artiste connu mondialement.
Le Vosgien Jean Lurçat sera le peintre puis il exécutera des tapisseries au point de canevas et sera un maître cartonnier en tapisserie aux oeuvres remarquables. Il supervise en 1939  à Aubusson  la tapisserie  monumentale "les Quatre saisons".
La bibliothèque Stanislas de Nancy conserve une collection remarquable de livres illustrés et d’œuvres gravées permettant de retracer toute l’histoire de la gravure, en particulier l’histoire de la gravure en Lorraine. Terre de graveurs, la Lorraine a vu naître de grands talents tels Jacques de Bellange, Jacques CallotVictor Prouvé ou encore Etienne Cournault et bien d'autres jusqu'à Jacques Hallez, Roland Grunberg, Claude Weisbuch, Sébastien Leclerc..


  ICI, une liste d’artistes   permettra au lecteur d'admirer les œuvres  issues du talent d’autres artistes lorrains.


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