accueil Nancy Médreville: situation urbanisation architecture  

Quelques lieux autour du Clos  de Médreville: un peu d’histoire


Faubourg Saint-Pierre
Placieux
Sainte-Anne
Gabriel Mouilleron
Gare de Nancy
Cimetières
Commanderie Saint-Jean

Le faubourg Saint-Pierre

Ce qu’on appelle le faubourg Saint-Pierre correspond  à l'est des deux villes vieille et neuve de Nancy; il s'étend en longueur, de la porte extérieure Saint-Nicolas au ruisseau de Jarville qui coule derrière l'église de Bon-Secours; et en largeur, de la tuilerie de l'étang Saint-Jean, appelée autrefois la Grande-Briquerie, à la rue des Jardiniers, au nord, et au chemin dit des Sables, à l’est. Il est le plus grand et le plus populeux des faubourgs de l'ancienne capitale de la Lorraine. Ce faubourg s’est développé au début du 18ème siècle, d’abord le long des deux voies allant vers Neufchâteau et Strasbourg.
Le plan réalisé par De Fer en 1695 montre que la route allant vers Neufchâteau (la  rue du Montet ou l’avenue du Général Leclerc actuelle) n’avait aucune habitation à cette époque, seulement des champs et des prairies ; on trouvait à proximité quelques maisons à Nabécor, le fort de Saulrupt, la ferme de Saint- Charles.

Les garennes sont des lieux où les ducs se réservaient les droits de chasse du lapin entre autre, à l’extérieur de Nancy; la révolution a supprimé ce privilège ; En 1730 le duc de lorraine François III  avait donné quelques terrains à la ville  pour la promenade publique dans cette zone de la Garenne plantée de tilleuls.

La ferme de la Garenne se trouvait à l’angle de la rue Jeanne d’Arc vers la rue Durival.

Depuis 1976, l’avenue de la garenne porte le nom de Général Juin au delà de la rue Jeanne d’Arc, les allées de La Garenne sont accessibles par le numéro 4 de l’avenue et ont été crées en 1958 dans le parc de l’ancienne propriété d’Emile Gallé ou il habita à partir de 1873 (ateliers au 27) ; Prouvé habita au 6 et M. Krug, alsacien industriel venu en 1870, conseiller municipal de Nancy, au 26.
A l’embranchement des rues du Montet et de La Garenne (lieu appelé Champ-de - Mars) se trouvait une communauté de prêtres missionnaires, connus sous le nom d'Oblats de Marie ; en 1847, après son père, M. Guerrier de Dumast s’y est établi.

 La ferme de Saint- Charles était située à gauche de la route de Neufchâteau (avenue Général Leclerc). Autrefois propriété de Saint- Charles, elle a appartenu ensuite à Monsieur Grand’eury ainé, industriel, qui en a fait une exploitation agricole et a construit plusieurs bâtiments d’habitation ainsi qu’un bâtiment utilisé pour les chevaux des régiments de cavalerie.   
La rue du Sergent Blandan s’appelait anciennement chemin Saint- Charles

« Saint- Charles cense a 1 kilomètre au Sud de Nancy an pied de la côte du Montet ; M Grandœury propriétaire de St Charles y a créé  un beau et vaste chalet militaire destiné  au casernement de la cavalerie. Cet établissement peut recevoir cent cinquante chevaux il y a aussi des logements pour les officiers et pour les soldats. Bâti sur un sol élevé quoiqu’ en plaine et situé à deux cents mètres du champ de manœuvres, il réunit la salubrité à la commodité. Quant aux exigences du service militaire intérieur, M Grandoeury a cherché à les satisfaire entièrement : le chalet militaire de St- Charles réunit tous les accessoires que réclame la destination tel que magasins a fourrages cuisine salle de police forge …. Cette caserne supplémentaire placée aux portes de Nancy doit momentanément du moins obvier à l’insuffisance de son casernement. Un escadron de cavalerie vient de loger à S t Charles »

17521


Plan de Nancy de 1752 de Georges-Louis Le Rouge, cartographe, avec les changements que le Roy de Pologne duc de Lorraine a fait dédier à sa majesté polonoise
Nancy fortifiée au milieu du 18ème; fossés et cours d'eau,...

Secteur de l'étang Saint-Jean; chemins de la Commanderie et chemin de l'étang de part et d'autre de l'étang; porte Saint-Jean,...

Vers le Parc Sainte- Marie

A l'origine de ce lieu se trouvait un ermitage créé par le frère Pierre et deux compagnons au 17ème siècle en l'honneur d'une image de la Vierge vénérée à Sainte- Marie- Majeure de Rome; les jésuites occupent la propriété depuis 1620; un potager sert à alimenter la communauté religieuse. Au 18ème siècle, la propriété fut agrandie et érigée en fief noble, à la faveur des Jésuites, par le duc Léopold pour le noviciat de la compagnie ( 30 Août 1714); la grande maison servait à loger les élèves. Les Jésuites furent expulsés vers 1768, car l'ordre est démantelé; le nouveau propriétaire depuis 1770 est l' écuyer Thomas de Gouet des Bourbes ancien officier au corps des grenadiers de France; il construit une maison de campagne puis vend la propriété qui se retrouve après plusieurs propriétaires à la famille Génin, payeur du département de la Meurthe et membre de la société d’agriculture, ainsi qu'aux Soeurs de la Doctrine Chrétienne.

En 1808, le lieu est un jardin d’agrément privé, planté d’arbres séculaires variés par les Jésuites ; une très belle maison de campagne  s’y trouve alors.
La ville acquiert en 1904 et pour environ 150000 francs, de Jeanne Gabrielle Génin, veuve de François Joseph Thomas baron de Gail, cette « campagne » d'environ 10 hectares, ainsi qu'un terrain des Soeurs de la Doctrine Chrétienne (environ 5 ha), pour en faire un jardin public, réserve d’air pur du quartier ; la ville choisit le projet d'aménagement de Vachelot et Contal pour concevoir un tracé d'allées en arabesques.

La grande exposition internationale de l’Est de la France y est réalisée en 1909 ; elle accueille plus de deux millions de visiteurs. L’École de Nancy est présente (un pavillon d'Eugène Vallin), à-côté de stands des industries nancéiennes ; un village alsacien est présenté avec la maison qui subsiste aujourd'hui, construite en 1798 près de Strasbourg, ainsi que le kiosque, la butte et le bassin.

L’école des Beaux- Arts voisine a été construite de 1907 à 1909 suivant les plans de l'architecte Patouillard.

Avec la guerre de 1870, Nancy  devient ville frontière ; les bavarois construisent une caserne au Champ de Mars non loin de l'actuel Palais de Justice. C’est le quartier Donop (quartier de cavalerie / 5ème régiment de Hussards), anciennement  du Champ de Mars. Des casernes ( Blandan , Landremont, Molitor) ainsi que l’hôpital Sédillot s’implantent le long de la rue Blandan.

La source thermale qui alimente la piscine aujourd'hui, a été découverte en 1909 à plus de 800 mètres de profondeur; les sondages ont été réalisés par l'architecte nancéien Lanternier en 1908, à ses frais. Les eaux sont comparables à celles des sources de Vittel ou Contrexéville ( température de l'ordre de 40°C, débit de 2000 litres /mn).  Au début du 20ème siècle, la qualité de cette eau permet de faire des projets quant à la construction d’une zone thermale dans ce quartier (bâtiments, piscine ronde, piscine de 25m (14/07/1914), espaces de thérapie, magasins). La guerre stoppe alors les ambitions de la municipalité ; seule la construction de la piscine de plein air sera réalisée en 1965.

Au départ, le « terrain Blandan » situé entre le parc Sainte-Marie, l'avenue de la Garenne, la rue Sergent-Blandan et la ruelle particulière dite Blandan, a été mis à la disposition de la Société de Nancy-Thermal ou Compagnie fermière des Thermes de la Ville de Nancy pour 75 années. Ce terrain, très vaste de quelque 10000m2 appartenait précédemment aux Soeurs de la Doctrine.

Un parc d’attractions, société anonyme dite» Nancy-Attractions », dirigé par un certain Charles Gabriel divertit les nancéiens entre 1912 et 1914 avec cinéma, le Cinéma du Parc (au moins jusqu’en 1954 il porte ce nom, pour devenir ensuite Ciné-Parc dirigé par M. Friaisse), brasserie, concert-cinéma et Huit-Volant (dans le projet)/ scenic-railway. Au départ, ce M. Gabriel avait traité avec Nancy Thermal pour un bail de cinq ans. M. Charles Gabriel, était l'ancien  directeur des attractions John-Calvin-Brown de l'Exposition de Nancy de 1909 (water-chute, toboggan, grand huit...). Le cinéma poursuivra ses activités à la fermeture des autres activités et divertissements de Nancy-Attractions à la guerre.

Nancy-Thermal est encore au début des années 50 constitué de cinq parties ( voir photo ci-dessous):

1- le grand bâtiment des bains avec ses galeries, où se trouvait la fameuse source thermale ;
2- la grande piscine du Parc (1913);
3- le terrain d'angle sur la Garenne avec le garage Citroën  (depuis 1934 ou 1935) et le cinéma du Parc (issu du Cinéma du Parc de 1912); las bâtiments correspondant à ces deux activités sont parfaitement visibles sur le photo;
4- la place René d'Anjou, simple passage entre le parc Sainte-Marie et la rue Sergent-Blandan  où l’on construira la piscine Bobet ;
5- le terrain vague, dit Kermesse-parc, où l'on a installé pendant des années (1920-1930 au-moins) toutes sortes de jeux et de sports plus ou moins durables. C’est sur ce terrain que l’on bâtira le lycée Chopin (1956)
.


"Nancy-Attractions": l'entrée avec le portail monumental, le ciné-concert " cinéma du Parc" et le scenic-railway.


Photo aérienne de 1965 (Géoportail) avec ses cinq parties décrites ci-dessus.


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Saulru et La Chiennerie

1611

Plan de Nancy de 1752 de Georges-Louis Le Rouge, cartographe, avec les changements que le Roy de Pologne duc de Lorraine a fait dédier à sa majesté polonoise

Chemin du Montet, début du chemin de l'étang à partir de la porte Saint-Nicolas; Accès à La Garenne, Sainte-Cécile; ruisseau de Nabécor, fossés, Saurupt,...

Le nouveau Saulru (par rapport à un autre, plus ancien, situé près de Villers) doit son établissement à la duchesse Renée de Bourbon ; son époux l'a approuvé par lettres-patentes du 9 septembre 1552 (*)

(*) Près des ruines du château du prince Hugues, Renée de Bourbon fait construire une sorte de château-fort avec fossés et tours: une maison forte sur le ruisseau ( rupt) de Nabécor, au milieu de saules. Ultérieurement, après sa mort, des jardins, étangs avec truites sont crées, ainsi que des volières. Une garenne sera créée non loin de là dans les bois existants (mention en est faite en 1545 (nouveaux clapiers et travaux) et encore sous Léopold, on trouve un « garennier ». Charles III construisit une ferme avec une « jumenterie » ; des muriers sont cultivés pour élever des vers à soie, soie utilisée par les ateliers de la Ville Neuve. Une « briquerie » est également construite.
La famille ducale donne des fêtes comme en 1626 avec le Duc Charles IV pour la Duchesse de Chevreuse. C'est dans cette résidence ducale que se retira Charles IV, d'où il sortit en 1626, monté sur un cheval blanc pompeusement et richement harnaché. Le duc était accompagné des princes de sa maison. Il vint dans sa capitale prononcer, à l'entrée extérieure de la porte Saint-Nicolas, le serment constitutionnel, garantie solennelle des droits et franchises de la nation lorraine. »

Les plans et cartes de Nancy font longtemps mention des ruines du fort de Saurupt. Au retour de Léopold à Nancy, son conseiller Nicolas Henry prit le titre de seigneur de Saurupt ainsi que son fils ensuite ; Saurupt appartint ensuite à la marquise de Custines puis au comte de Ludres en 1775. A la révolution, le bien est vendu.
Saulru, petit fort au 17ème siècle; devient au 18ème une très belle maison de campagne ; on trouve une teinturerie, exploitée par M. Baille, vers 1800. 
. « On arrive à cette usine par la route du Montet et par le chemin vicinal dit de Sorrupt, De part et d'autre l'entrée des jardins est magnifique. Par ce dernier chemin on découvre encore facilement les restes des fossés de cette forteresse lorraine, ruinée en 1671 par les ordres du farouche maréchal de Créqui »

 Les Hospices de Nancy ne récupèrent pas le domaine à la mort du dernier propriétaire  (Alfred Hinzelin) malgré le legs prévu ; sa veuve se sépare des terrains pour préserver la demeure ; son mari Jules Villard crée le « Parc de Saurupt », programme de lotissement de type cité-jardin, en bordure de ville comme cela existe en Angleterre ou au Vésinet. La ville reçoit en legs le château en 1918 ; il est démoli en 1936. Un orphelinat lui succède pour devenir ensuite l’Ecole des Mines en 1955.

Le lieu que nos ancêtres appelaient Chinier, Chiennerie, est tout simplement en français le chenil où se trouvaient les chiens de chasse des Ducs.
La Chiennerie était placée d'abord dans le domaine de Saint- Charles. La maison qui porte ce nom vers 1858 est l'habitation d'un vigneron.  

Le Charmois a été la  maison de campagne du célèbre peintre lorrain Provençal

La rue du Montet (Général Leclerc), le bois de La Garenne, le quartier Mon Désert,… (Vus en 1858 par L'Abbé Marchal)

« La grande rue de l'Etang (Gabriel Mouilleron) est parallèle à la rue du Montet (Général Leclerc actuelle), mais est moins longue

La ruelle du Caveau passe à travers des jardins, et conduit à une maison de campagne appelée Mon Désert ; on trouve un bassin qu'alimente une fontaine utilisée par les nombreux habitants de ce quartier ; ces terrains coupés par le chemin de fer et terminés par un pont, forment la limite nord de la paroisse Saint- Pierre.
Le chemin correspondant aujourd’hui à la rue de Villers sépare la paroisse Saint-Pierre de la paroisse Saint-Sébastien. »

Le bois de la Garenne est devenu ensuite Champ de Mars ; A côté, se trouve alors le domaine religieux de Sainte-Marie appartenant aux pères jésuites. Il est au milieu du 19ème changé en une campagne agréable, crée par l'ancien payeur du département, M. Génin père. La maison de campagne du Général Hulot se trouve à proximité (rue Hulot aujourd’hui) ; il y est mort en1850. Au voisinage, on trouve aussi un vaste terrain clos appelé le Cimetière des Russes parce que sous l'Empire un grand nombre de prisonniers russes y ont été inhumés. Très souvent ce cimetière a servi à la sépulture des suppliciés. La Grande-Briquerie  (indiquée par le plan de De Fer 1693) est sur le chemin de Villers, à quelques pas de la Croix de Bourgogne ;
On trouve trace de cette grande briquerie en 1662   
«  1662 Amodiation de la grande briquerie de Saint-Jean, nouvellement rétablie »
(Annuaire De la Meurthe 1862)
Citons aussi un M. Léopold-Joseph Fabert, «  propriétaire de la tuilerie de Saint-Jean près Nancy, y demeurant, tant en son nom personnel qu'en celui de M. Nicolas Beugon, propriétaire à Chamouilley, département de la Haute-Marne, dont il se porte fort «   (1821 bulletin des lois et de la République)


Le quartier du Placieux

Jusqu’en 1600, une forêt dite de Saurupt existait jusqu’à cette zone de Blandan, Placieux, Chiennerie ; après défrichement, une garenne permettait d’aller chasser le lapin dans la garenne et de garder les chiens des Ducs de Lorraine dans une ferme à la Chiennerie actuelle. On note également la présence de tuileries et briquerie au 17ème siècle (siècle de la guerre de Trente ans)
On cite le développement d'exploitations à la Chiennerie puis au début du 19ème, la naissance d'une exploitation de vignerons, créée par Gomien, dont deux fils deviendront de célèbres miniaturistes lorrains.
Le lotissement « France Lanord Bichaton » dit du Placieux est construit en 1927, puis le bâtiment « HBM » de la cité Senn.


Zola- Sainte-Anne à Laxou

Le secteur Zola- Sainte- Anne accueille l’hôtel de ville et la Poste de Laxou, il s’est développé à partir du début du vingtième siècle autour des terrains d’une ancienne chartreuse.
Il est le prolongement naturel du quartier Poincaré- Foch- Anatole France de la ville de Nancy, avec lequel il présente une véritable unité architecturale, marquée par l’influence « Art Nouveau » de l’école de Nancy.
Le Domaine Sainte- Anne, voisin du « clos de Médreville », s’étendait de Laxou à l’étang Saint- Jean; autrefois maison de campagne, ce domaine appartenait depuis 1615 à Melchior de La Vallée,  ancien aumônier du duc Henri II (depuis 1608). Outre le clos, il possédait aussi des terres sur Buthégnémont, avec vignes et prés. Ce prêtre, accusé de magie, de sortilège et de libertinage ayant été  mis à mort au château de Condé, ses biens, entre autres sa maison, furent confisqués an profit de Charles IV ; ce prince y établit des Chartreux qu’il avait fait venir de Bethel et qui y restèrent jusqu’en 1670, date à laquelle ils partirent pour la magnifique Chartreuse de Bosserville, construite à partir de 1666. Le site alors, est à vocation agricole, mais ne fut cependant pas abandonné et la Chapelle Ste- Anne ainsi que la maison seigneuriale de Laxou, menacées de ruine furent reconstruites en 1732 pour  glorifier Dieu et la Sainte- Mère. En 1791, la Chartreuse de Saint- Anne fut vendue à la veuve Marie Lemaire, avec ses dépendances  (moulin, pressoir, colombier, bergerie). Les terres du domaine sont exploitées jusqu'au 19ème siècle sous le nom de « Clos Jaloux »
La chartreuse Sainte Anne deviendra ferme puis siège de l’hôpital Sainte- Anne. En 1890, afin de soigner des malades aisés et payants, l'Asile Public d'aliénés de Maréville obtient l'autorisation de construire un pensionnat avec ferme et potager attenants pour une superficie de 33600 m². Les travaux durèrent plusieurs années et la maison de santé ouvre ses portes en 1898 pour 40 malades (hommes et femmes) : le parc, la loge (avenue Paul Déroulède), le pavillon du médecin chef datent de cette époque.
Le Centre de malaria-thérapie a été crée en 1930 ; ses locaux sont actuellement utilisés par l'administration du Lycée Emmanuel Héré. A la déclaration de la première guerre mondiale, les bâtiments furent occupés par l'État Major de la XXème Région Militaire puis serviront d'Hôpital. Ils retrouveront leur vocation psychiatrique dans les années 1941-1962 ; alors, le Centre d'Apprentissage du Bâtiment est transféré sur ce site et se transforme ensuite en Collège d'Enseignement Technique du Bâtiment (CETB). . Aujourd’hui c’est le lycée Emmanuel Héré.


Un peu d’histoire…rue Gabriel Mouilleron ou rue de l’Etang

L’actuelle rue Gabriel Mouilleron est une des plus longues rues de Nancy. Elle va du pont des Fusillés jusqu’à la rue de Villers. A l’origine, c’était un très vieux chemin situé dans la zone marécageuse de l’étang Saint Jean. Il partait de la porte Saint- Nicolas, suivait les rues Boulay de la Meurthe et de Phalsbourg, puis longeait le bord de l’étang St Jean. Cet étang débordait largement l’emplacement actuel de la place de la  Croix de Bourgogne. Le chemin se nommait Chemin Saint Jean comme l’attestent plans et écrits du 16ème.

Rappelons que c’est au bord de cet étang que le Duc de Bourgogne, Charles le Téméraire trouva la mort le 5 janvier 1477 au cours de la guerre qu’il avait déclarée au Duc de Lorraine, René II. Son corps en partie dévoré par des loups, ne fut retrouvé, identifié que quelques jours plus tard. Historiquement, cette bataille de Nancy est très importante. Elle marque l’abandon des espérances pour le Duc de Bourgogne, de reconstituer la Lotharingie initiale issue du partage de l’empire de Charlemagne entre ses trois fils au traité de Verdun en 843. Par voie de conséquence, elle assure l’indépendance et renforce l’autorité du Duché de Lorraine.

Plus tard au XIXe siècle, le tracé de la voie ferrée coupe le chemin en deux parties ; on retrouvera le long de la rue de l’étang des installations ferroviaires (rotonde, dépôt,...) ainsi que les logements des cheminots.
A la Libération, le nom de Gabriel Mouilleron sera choisi pour cette rue ; ce résistant  Qui avait travaillé dans le dépôt SNCF voisin, faisait partie des F.T.P. (groupe Crevisier). Il a été arrêté et fusillé en 1944   


La gare de Nancy

Quelques dates
La loi du 11 juin 1842 constitue et organise les grands réseaux en France, en particulier une ligne partant de Paris et allant vers la frontière d’Allemagne par Nancy et Strasbourg.
Un décret du 2 août 1844 accorde l’argent pour la construction d’une ligne Paris-Strasbourg avec deux embranchements pour Reims d’une part et Metz / Sarrebruck d’autre part. Le 19 Juillet 1845 la construction d’une ligne Nancy- Metz est autorisée et la Compagnie de l’Est est constituée. La municipalité de Nancy, est convaincue de l’intérêt du chemin de fer et offre 500 000 francs pour que la ville soit placée sur le trajet direct de Paris à Strasbourg. Aussi bien la ligne Paris- Strasbourg, que la ligne Metz- Nancy débutent en 1846. Les déblais sont convoyés en 1848 à la Pépinière (un mètre d’épaisseur) et dans les anciens fossés de la ville. L’inauguration de la première ligne de chemin de fer desservant Nancy eut lieu le 10 juillet 1850 ; elle reliait Metz à Nancy. Le 19 juin 1852 fut ouvert le dernier tronçon reliant Paris à Nancy et le 12 août 1852 on ouvre le dernier tronçon de la ligne Paris-Strasbourg. (Sarrebourg à Nancy en fait). La gare Saint- Jean ou encore Nancy-Saint Jean, s’appellera ensuite gare centrale et depuis 1924, gare de Nancy. Le chemin de fer de Paris à Strasbourg ainsi que le canal de la Marne au Rhin, changeront Nancy. En 1847, dans son ouvrage : “ Nancy, histoire et tableaux », Prosper Guerrier de Dumast, opposé au chemin de fer, remplit plusieurs pages à propos « des calamités susceptibles de fondre sur ces imprudentes cités qui ont adopté le chemin de fer ».
Lieu d’implantation de la gare
Des terrains (jardins et champs) sont achetés, en amont du moulin Saint- Thiébaut, allant du pont Saint Jean jusqu’au pont du Montet (de chaque côté de l’étang Saint-Jean) ; un aqueduc est construit pour évacuer les eaux en provenance de ce qui restait de l’étang Saint Jean. La Compagnie de l’Est achète la totalité de l’étang Saint Jean. Plus de 7 hectares sont achetés à Mme de Ravinel pour 105 000 francs le 23 juin 1852. La surface totale de la gare ainsi acquise atteignait alors un peu plus de 14 hectares. Des terrains sont vendus en 1874 lorsqu’il sera question de prolonger la rue Jeanne d’Arc, artère majeure qui devait traverser la ville du nord au sud. Plus récemment d’autres terrains situés à gauche du viaduc Kennedy ont été à nouveau cédés à des promoteurs immobiliers.
Construction de la gare et conséquences
Le projet de Chatelain fut approuvé le 11 juillet 1853 (une sorte de U) serré entre les deux ponts Saint Jean et Stanislas. Des améliorations datent des années 1875-1879 ; l’arrivée du rail à Nancy apporte alors de nombreuses modifications dans cette partie de ville :
- construction de l’immeuble la Chambre de Commerce rue Henri Poincaré ;
- “ les Magasins réunis ” ;
- l’étude notariale de Nancy, celle de Maître Houot, place Saint Jean (un immeuble intéressant de l’Ecole de Nancy)
La présence d’un nombre considérable d’ouvriers sur le site du chemin de fer a engendré beaucoup d’accidents du travail et même d’accidents de circulation ; ces blessés étaient transportés vers l’hôpital Saint Charles, mal aménagé, à l’un des angles de la place Maginot, dans lequel la Compagnie de l’Est s’était réservée un certain nombre de lits destinés à les accueillir. Il fallait remplacer rapidement cette institution hospitalière. La Municipalité tout comme la direction de l’Hôpital Saint Charles décida alors de la mise en chantier de ce qui sera pendant de très nombreuses années la structure essentielle de l’hospitalisation à Nancy : l’Hôpital Central.
Et plus récemment?
La restructuration du pont Saint-Jean à Nancy en 2000 s'inscrit dans le cadre des travaux de la première ligne de tramway de l'agglomération. Pour cette opération, un appel d'offres en conception-réalisation a été lancé; les délais courts ont été respectés depuis les études jusqu'à la réalisation (18 mois), et une économie importante a été réalisée par rapport au budget initial. Enfin, le TGV est arrivé à Nancy en 2007.

 

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Les cimetières :

Le cimetière de la Garenne
Le cimetière de la Garenne se situait entre les rues Jean- Jaurès, Victor Prouve, Émile Galle, et de la République. Il fut ouvert en 1806 lors d’une épidémie due en partie aux soldats russes prisonniers. En 1814 il fallut brutalement faire face au recul des troupes décimées par la maladie qui rentraient d'Allemagne sous la pression des coalisés. Des milliers de corps furent alors acheminés par l'avenue de Boufflers actuelle - l'avenue de la Libération n'existait pas encore - vers les carrières du Champ- le- Bœuf.
Le cimetière juif
Celui-ci était situé entre le 8 bis rue de la Commanderie et le presbytère St- Léon ; il fallut le déplacer lors de l’ouverture totale de la rue du Faubourg Saint- Jean, aujourd'hui Avenue Foch, pour doubler la rue de la Commanderie qui dégageait la porte St- Jean en longeant l'étang Saint-Jean.
Le cimetière des pestiférés
Il était situé à la limite des villes de Nancy et de Laxou, en bas de la rue Ste- Anne. Il devait se situer entre cette rue Ste- Anne et la rue Emile Gallé face au domaine des Chartreux.
Le cimetière de la Commanderie St- Jean
Il était situé au pied de la tour de la Commanderie. Les Hospitaliers de St- Jean de Jérusalem (chevaliers de l’Ordre de Malte) y enterraient les malades décédés dans leur hôpital.
Le cimetière du Vieil Aitre
Il est du 4ème siècle et situé sous la rue du même nom.
Cimetière de Préville
L’emplacement choisi pour ce cimetière a généré beaucoup de polémiques (le bas était envahi par l’eau et servait de patinoire l’hiver; les pentes au-dessus étaient couvertes par les vignes des chanoines (très anciennes vignes produisant un vin consommé depuis longtemps par les Ducs). Le choix de ce site conduisit à un développement du quartier (commerces, petits ateliers, horticulteurs (Crousse (rue des Bégonias), autre horticulteur près de Médreville sur les anciennes terres des Hospitaliers,…) Le cimetière fut inauguré en 1842, après sept ans de travaux et le rapatriement des corps des anciens cimetières. Le cimetière du Sud date, lui, de 1890 ; il est trois fois plus grand. Le haut du cimetière à accueilli de 1870 à 1873 les corps des soldats allemands décédés entre ces dates ainsi que les corps des soldats français et allemands morts dans les hôpitaux de Nancy (vaste fosse commune). Dans le haut du cimetière, on trouve aussi des tombes protestantes, des nombreux habitants venant d’Alsace ou Moselle entre 1870 et 1872 A voir aussi de nombreuses tombes criblées d'éclats d’ obus tirés en 1914 par la grosse Bertha ou largués par des avions durant de la guerre de 14.

cimetière
commanderie

Commanderie de Saint-Jean-du-Vieil-Aître

La Commanderie dite du Vieil- Aître est un établissement (parmi d’autres en Lorraine) de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le faubourg Saint Jean de Nancy y doit son nom.
Cette Commanderie fut d’ abord propriété des chevaliers du Temple puis de ceux de Malte ; elle possédait une chapelle  placée sous l’ invocation de Saint Jean , chapelle qui  renfermait plusieurs tombes fort anciennes entre autres celles de Charles d Aumale seigneur de Nancy et de René de Rohan grand oncle de Henri IV qui furent tués avec plus de deux cents gentilshommes français et lorrains dans un combat livré près de Saint Nicolas .

Deux ordres religieux se sont formés à la suite de la première croisade : l’ordre de l’Hôpital ou encore de Saint-Jean de Jérusalem et l’ordre du Temple. Les membres de ces ordres étaient à la fois des religieux et des chevaliers chargés de combattre les infidèles. Ces ordres se répandirent rapidement loin des terres du Christ aidés par les aides des seigneurs ou des particuliers, et formèrent une organisation à-côté des royaumes ou états. Les chevaliers de Saint-Jean se divisent alors en huit langues en Europe (Provence, Auvergne, Allemagne, Angleterre, Castille, France, Italie, Aragon), elles- même divisées en grands prieurés (de Champagne ou d’Aquitaine, en France), eux- mêmes partagés en commanderies ; celle de Lorraine dépendait du grand prieuré de Champagne

Un peu d’histoire :

En 1476, Charles- le- Téméraire vint, pour la première fois, assiéger Nancy ; il prit son quartier dans le faubourg Saint- Thiébaut, près de l'ancienne chapelle Saint-Nicolas, et plusieurs de ses capitaines se logèrent à Saint- Jean- du- Vieil- Aître. Ce lieu accueillit également les chefs des troupes confédérées qui tentèrent, en vain, de reprendre Nancy au Duc de Bourgogne.
C'est dans la chapelle et le cimetière de Saint-Jean que furent inhumés les gentilshommes français qui périrent (1552) dans le combat livré par le duc d'Aumale au marquis Albert de Brandebourg, près du lieu dit la Croix- du- Moutier, entre Ludres et Saint-Nicolas.

On associe souvent les noms de Saint- Jean et de Virlay.
Les mots de Virlel, Virilelh, Virlay et Virelay sont probablement une modification du nom de Vieil-Aître, qui correspond à une pièce de terre, un pré, près du ruisseau Saint-Jean, pré qui dépendait de la Commanderie.
En examinant les pieds-terriers de la Commanderie, on lit: « une pièce de terre sur le Virlet ou Vieil Astre.... aboutissant au midi sur le grand chemin de Nancy à Laxou....»
Virlet est pris comme synonyme de Vieil- Aître, c'est-à-dire, de vieux cimetière.
Autre référence du lieu : «  il y a, sous les murs de Nancy, à trois jets d'arc de la ville, un champ fertile non loin de la commanderie de Rhodes ; on le nomme depuis longtemps Virilet, c'est-à-dire, mort du guerrier » Une ou plusieurs maisons s'élevèrent au 17ème siècle au lieu dit le Virlay, et prirent ce nom.

L’origine du cimetière du Vieil-Aître n'est pas connue ; il était sans doute réservé aux pestiférés au début du 16ème siècle, car, en 1591, on y enterra plusieurs des victimes de la contagion qui frappa Nancy.
« Les historiens qui ont parlé de la Commanderie du Vieil- Aître, ne la font pas remonter, comme maison d'Hospitaliers, au-delà du XIVe siècle. Suivant Lionnois, la Commanderie était une dépendance de l'ordre des Templiers, dont les biens furent donnés aux chevaliers de Saint-Jean- de- Jérusalem. Selon d'autres écrivains, il y avait, à Saint-Jean, une chapelle que la duchesse régente Marie de Blois abandonna à ces chevaliers en 1349.
C'est à cette époque, il est vrai, que la veuve du duc Raoul concéda certains privilèges aux Hospitaliers : mais il y avait déjà longtemps que cet ordre possédait en Lorraine des établissements, parmi lesquels il faut placer en première ligne, comme l'un des plus anciens et des plus importants, la Commanderie de Saint-Jean du- Vieil- Aitre. »
« Le duc Mathieu 1er, par une charte datée de 1117, confirmée par son fils Simon, en 1190 donne à la très- sainte maison de l'hôpital de Jérusalem et aux frères de cette maison, un moulin, des prés, des terres, un four situé au-dessous des remparts de Nancy. Le duc Simon ajouta à celle donation celle de douze hommes ou de douze familles qu'il avait à Laxou »

La Commanderie du Vieil- Aître possédait une partie de la seigneurie de Laxou, et un four de la rue des Maréchaux, ainsi que le droit des pougnets ou cueillerettes des grains (*) qui se vendaient sur le marché de la Ville- Vieille de Nancy, enfin les terres et les prés qui lui avaient clé donnés par les ducs Mathieu et Simon.
Ce four (de Saint-Jean) de la rue des Maréchaux, était situé dans une maison qui donnait d'un côté sur le rempart. La porte d'entrée était surmontée d'une croix de Malte, avec » un écriteau au-dessous, portait ces mots : Four de la Commanderie.
(*) Poignets ou pongnels. Il s'agit ici du droit des coppels (ou couppels, ou coupelles) et cuillerettes des grains qui se débitaient par des étrangers à la ville sur le marché de Nancy, et dont le vendeur était obligé de donner le 32ème.
Un arrêt du Conseil d'Etat du Roi, du 7 décembre 1786, maintint la Commanderie de Saint-Jean dans le droit de percevoir les poignets, autrement coupelles ou cueillerettes sur les grains qui se vendaient à la Ville- Vieille.

D'après un pied- terrier de 1658, de quoi se composaient la Commanderie de Saint-Jean et ses dépendances se composaient des biens suivants :
-  une maison seigneuriale avec une  pièce de terre fermée de murailles en ruine ;
-  un colombier sur quatre piliers bâtis à neuf, près de la maison (**) ;
-  une église et la maison mitoyenne, avec une grande cour dans laquelle on entre par une grande porte enchère et une petite voisine.
-  l'église de Saint- Jean, consistait en un cœur, une tour ronde assez haute, couvert  d'écailles, à huit pans revêtus de plomb, servant de clocher, et dans laquelle il y avait deux cloches ; fermée d'une double porte fermait l’église. Le chœur est éclairé par de deux grandes fenêtres.
-  une petite écurie pour y loger six chevaux, une, une grange servant de bûcherie, puis une  autre écurie pour dix chevaux, une étable, une écurie pour les chevaux du fermier.
-  …
(**) Le colombier est représenté dans une gravure de Collin se trouvait à peu près à la jonction de la roule de Nancy à Laxou avec celle venant de Préville.

 Un autre pied- terrier, dressé en 1737, décrit ainsi les bâtiments et les dépendances de la Commanderie : « Une église avec chœur , sacristie, tour, etc., un cimetière au derrière du chœur, enfermé de murs, un logement de maître, celui de fermier avec une grande cour, au pourtour les engrangements et écuries, et au-devant de ladite maison son usuaire el une allée de tilleuls, avec son colombier carré, le tout en très- bon état, réparé par ordre de M. le bailli de Froullay , ensuite un jardin potager enfermé de murs. »

« Dépend pareillement de la dite Commanderie un terrain.., au-devant des bâtiments et de la première chènevière, où l'on a autrefois tiré des grèves et des sables pour les fortifications de la ville de Nancy (***) »

L'allée de tilleuls, qui venait probablement d'être plantée, subsista longtemps ; on la voit représentée dans la gravure de Collin, ci-dessous. C'était sous ces arbres que se tenait, tous les ans, le 24 juin, une petite foire, dite la Foire aux cerises; c'était sur la pelouse que se donnaient rendez-vous, pour y danser, les jeunes gens de Nancy et des villages voisins. Le commandeur avait qualité de seigneur de Saint-Jean.
C’est aussi près de la Commanderie qu'on avait coutume de venir, chaque année, allumer le feu de joie appelé, dans nos pays, la bure de la Saint-Jean.
(***) Les murailles qui formaient anciennement l'enclos de la Commanderie avaient été presque toutes ruinées par ordre du duc de Lorraine, lorsque le roi Louis XIII s'approcha de Nancy pour en former le siège.

cerises
Dédié à Messire Jacques Philippe Gabriel Desbarres, Bailli Grand Croix de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Commandeur de la Commanderie de Saint-Jean de Nancy.
Gravure de Dominique Collin fils dédiée au Commandeur Desbarres

On voit, par un arrêt du 15 juin 1635, que quantité de terres labourables, un pré et un moulin appartenant à la Commanderie, avaient été compris dans les fortifications de Nancy.
Les comptes du Cellerier de Nancy, pour l'année 1510-1511, nous apprennent aussi qu'à cette dernière époque ou construisait le long du mur de S. Jean du Vieil Aistre, un fossé pour courir les chevaux de Monseigneur. »

Sur la tour, un exemple d’architecture du 12ème siècle :

« … une tour ronde, accolée à l'abside, d'environ 18 mètres d'élévation, dénuée d'escalier, et dont les murs ont bien un mètre d'épaisseur. Elle est plus large en bas qu'en haut, et percée, dans sa partie supérieure, de deux petites baies à plein cintre et bilobées. Cette tour, qu'un lierre enveloppe presque complètement, remonte à l'origine même de la Commanderie »
Dans la tour, se trouvaient deux cloches qui ont sans doute été enlevées à l'époque de la révolution.

Outre les propriétés citées précédemment, la Commanderie possédait une vigne à la côte des Chanoines et plusieurs maisons dans l'enceinte de la ville de Nancy ; la plus importante, qui lui appartenait déjà en 1578, se trouvait à l'angle des rues de la Monnaie (anciennement des Juifs) et des Dames Prêcheresses. On l'appelait l’hôtel Saint-Jean.

La Commanderie de Saint-Jean prélevait des cens , jouissait des droits seigneuriaux, avait des terres ou des maisons dans un grand nombre de localités de Meurthe et Moselle et des Vosges, notamment à Laxou, à la Bouzule , à Mazerules, à Art- sur- Meurthe, à Vénezey, à Harmouville, etc… Dans plusieurs de ces endroits, se trouvaient des hôpitaux ou des chapelles placées sous l’invocation de Saint Jean- Baptiste et desservies par des chapelains choisis dans l’ordre de Malte.
L'hôpital de Laxou, qualifié quelquefois de Commanderie, était régi par le maire de ce village, nommé par le commandeur de Saint- Jean, sous le titre de gouverneur. Dans ce bâtiment se trouvait une chapelle qui fut probablement ruinée au XVIIe siècle et un four banal où tous les sujets du commandeur à Laxou étaient tenus de cuire leurs pâtes. Dans le même village, au lieu dit Haut- des- Bures, il y avait un pressoir banal où ils étaient également obligés de pressurer leurs vendanges.
On trouve, en 1509, le maire Jean Noiret de Laxou, gouverneur de la commanderie de Laxou et, en 1590 Jean Bagnelot, maire de Laxou, gouverneur de l'hôpital dudit lieu.

Tous les biens que possédait la maison du Vieil- Aître furent vendus, à l'époque de la révolution, comme propriétés nationales : cette maison elle-même fut adjugée, le 8 vendémiaire au III, pour la somme de 226,000 livres, payables en espèces, en assignats et autres papiers autorisés par le Corps législatif. A cette époque déjà, la chapelle était transformée en grange ou battoir, et des dégradations nombreuses avaient dû être commises tant à l'intérieur qu'à l’extérieur.

Annuaire administratif, statistique historique, commercial de la Meurthe 1852

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